Avignon : les guides- conférencier.e.s à la porte du Palais

 

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 Avignon : les guides- conférencier.e.s à la porte du Palais

Pas de festival d’Avignon cette année mais, ce mardi 2 juin, le Palais des Papes ouvre ses portes aux visiteurs, avec une Cour d’Honneur qui sera en deuil de ses artistes. Et guides et conférenciers qui font découvrir cet imposant patrimoine aux touristes, restent eux aussi sur le pavé. Ils manifestent sur le grand parvis du Palais… Un peu d’animation  digne des parades théâtrales qui brilleront cette année par leur absence.

 « Avignonnais, Avignonnaises, visiteurs de passage, enfants curieux, dit leur tract, vous ne nous connaissez pas mais pourtant, vous nous avez tous et toutes déjà croisés… Vous nous avez peut être suivis lors d’une visite guidée, ici ou ailleurs. Oui, nous rendons vivant ce qui ne l’est plus mais nous vantons aussi ce qui est animé : les mérites de notre ville, son art de vivre, ses monuments, ses boutiques, ses commerçants, ses musées, ses théâtres

  Aujourd’hui, beaucoup de salarié.e.s ne bénéficient pas du chômage partiel, et pour les autres, les aides de l’Etat compensent à peine les pertes de revenus crées par cette crise. Et de nombreu.x/ses guides conférencier.e.s que vous croisez dans Avignon, vont devoir partir et/ou se réorienter. Pourtant, nous sommes présent.e.s pour faire fructifier les recettes de l’Etat (56,3 milliards d’euros/an de recettes touristiques) et celles des sociétés qui nous embauchent. Mais aujourd’hui, qui est présent pour nous ? Nous sommes seul.e.s et sans ressources. »

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 Leur métier, peu connu et surtout mal reconnu, requiert un solide bagage et surtout un sens de l’improvisation en public, un talent de comédien en quelque sorte. Les guides-conférenciers sont, comme bien d’autres, des artisans de la Culture, en marge des artistes et techniciens qui bénéficient, eux du statut d’intermittent. Cet été pas d’embauche pour ces précaires avignonnais qui sont salariés saisonniers, auto-entrepreneurs, vacataires: pas de chômage ni d’indemnité. Cette année est pour eux une année blanche…

Cette situation n’est pas particulière au site d’Avignon. Beaucoup de villes qui ont perdu cette année leur festival, voient ceux qui travaillent en marge de la Culture laissés au bord du chemin et sans interlocuteur… Le doute plane sur l’avenir de ces « invisibles »,  à l’instar des « artisans du spectacle» réunis en collectif (voir Le Théâtre du Blog) et qui réclament, eux aussi, l’attention des pouvoirs publics.

 Mireille Davidovici

 #Guidesdavignon  #Guideconferencier  #2020jevisitelafrance                        .


Archive pour 3 juin, 2020

Les Francophonies, c’est reparti pour l’automne ! Entretien avec Hassane Kassi Kouyaté

 

Les Francophonies,  c’est reparti pour l’automne ! Entretien avec Hassane Kassi Kouyaté

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Le festival limougeaud, qui va fêter ses trente-sept ans avec une grande exposition en septembre, se décline maintenant en deux saisons (voir Le Théâtre du blog). Il lui a fallu cette année, corona virus oblige, renoncer à son volet littéraire: Les Zébrures de printemps, prévues  en mars. Elles ne pouvaient être reportées pour diverses raisons, explique son directeur : d’abord faute de lieux disponibles;  aussi parce que réaliser ce focus de dix jours sur les écritures en automne et en même temps que les créations, aurait brouillé la visibilité de textes qui doivent exister indépendamment.

« J’ai adoré certains en les entendant, dit Hassane Kassi Kouyaté, mais j’ai souvent été déçu par leur mise en scène. Je ne veux pas opposer les deux mais mettre en lumière les textes eux-mêmes et le travail de la Maison des Auteurs qui contribue à leur diffusion. Par ailleurs, au printemps prochain, ce ne pourra être les mêmes auteurs en jeu : «  Je veux montrer des écritures en cours de création. Or, la plupart de la programmation 2020 concernait des textes qui sont maintenant montés. » Dernière raison invoquée :   » J’avais déjà aussi pris des engagements pour le printemps 2021 en Asie et au Moyen-Orient et passé des commandes d’écriture. » Cependant,  les artistes, techniciens, prestataires de service qui devaient opérer aux Zébrures de Printemps 2020 ont tous été dédommagés. »

 Les spectacles que nous verrons aux Zébrures d’automne, africains pour l’essentiel, sont prévus depuis longtemps et, dit Hassane Kassi Kouyaté : « 90 % des propositions ont pu être sauvées mais nous avons dû refaire des distributions, remplacer les artistes venant d’Afrique qui devaient intervenir,  par des acteurs et musiciens de la diaspora en France. » Il y aura donc neuf créations et trois encore en suspens,  des accueils de spectacles et des événements dont une grande exposition sur l’histoire de ce festival créé en 1983 par Pierre Debauche.  Organisée en partenariat avec la Bibliothèque de Limoges, pôle associé à la Bibliothèque Nationale de France pour  le théâtre et la poésie francophones. Auront aussi lieu des rencontres sur les relations Sud/Nord…Le menu définitif nous sera dévoilé à le fin du mois de juin. 

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 Après trois mois de télé-travail avec son équipe, Hassane Kassi Kouyaté éprouve une certaine frustration : « Cela prend beaucoup plus de temps et s’avère très fatigant, sans compter les incertitudes! Et le résultat n’est pas conforme à nos rêves, même si on invente autrement. Il y a ainsi des projets qui ne verront jamais le jour, comme ceux du Burkina Faso et de Tunisie : l’année prochaine, il n’y aura malheureusement pas de place pour eux ! »

Au-delà de sa propre expérience, le directeur des Francophonies remet en question le fonctionnement du théâtre en France : « C’est notre modèle qui pose problème et le corona virus met en lumière l’impasse où nous sommes: on gère la Culture comme des produits manufacturés! Il faut tout programmer à l’avance pour obtenir des subventions, il faut tout détailler… Alors que la création devrait prendre le pas sur la bureaucratie (comme à l’hôpital !).  On est dans un système marchand.  »

 Et en attendant de faire bouger les lignes, comme le souhaiteraient de nombreux responsables de lieux, festivals et compagnies qui réfléchissent en réseau (voir Le Théâtre du Blog) et en concertation avec ses interlocuteurs étrangers, Hassane Kassi Kouyaté  coiffe sa casquette de metteur en scène pour une nouvelle création qui sera à l’affiche du festival.

 Congo Jazz Band de Mohamed Kacimi 

« Je me posais la question : “ Est-ce que c’est nécessaire de créer pour moi ? – Oui, me suis-je dit, si je fait autre chose.  » Descendant d’une lignée de griots, qu’il considère comme des médiateurs et des historiens de la société, il estime qu’il y a urgence aujourd’hui à parler de l’immigration sous forme d’un théâtre documentaire : «  Il y a une méconnaissance profonde de son origine : la colonisation avec à la clé, pillage des richesses des territoires. Si 10 % des matières premières y restaient, les peuples n’auraient plus besoin de bouger. L’Européen moyen ne comprend pas que les gens sont morts vivants chez eux. C’est mon rôle de griot moderne de parler de ces choses. »

 À cet égard, la colonisation du Congo est, pour lui, exemplaire. À la Conférence de Berlin en 1878, les puissances européennes se sont partagées le continent africain et le roi Léopold II de Belgique reçut cet immense territoire: « Mohamed Kacimi a écrit une fiction historique, une sorte de conte moderne que nous allons aborder du côté musical. Un orchestre sur scène jouera des tubes africains et racontera des histoires… »  Inversion ironique : « Les instrumentistes seront des femmes, et le chœur, des hommes  ! »

Cette comédie musicale, où des personnages fictifs croisent des figures historiques, ira ensuite en Guadeloupe, Martinique et sur plusieurs scènes de l’Hexagone et d’Afrique.

À suivre…

 Mireille Davidovici

 Les Zébrures d’automne, des écritures à la scène  du 23 septembre au 3 octobre.

Les Francophonies, de l’écriture à la scène : 11, avenue du Général de Gaulle, Limoges (Haute-Vienne). T. : 05 55 10 90 10.

 

Arrêtons un moment…

Dans l’abondant courrier que nous recevons, il y a deux lettres qui nous ont particulièrement touché, d’abord celle de Marion Coutris, actrice et codirectrice du Théâtre des Calanques à Marseille. En quelques mots, elle nous dit ce qu’elle ressent de la vie d’un théâtre où ses spectateurs n’ont plus le droit de venir. Et tout l’espoir qu’elle met aussi dans de prochaines retrouvailles quand la machine théâtrale, qu’elle soit petite ou importante, se remettra à fonctionner.

Et Philippe Fourel, le directeur de La Petite Scène à Montélimar (Drôme) ne manque pas d’humour quand il se demande comment un spectacle pourra continuer à être joué, vu les conditions draconiennes actuelles d’accueil du public. Ces deux courtes lettres en disent plus long sur le désarroi et en même temps sur l’espoir de temps meilleurs de directeurs de théâtres que bien de longs communiqués ou déclarations ministérielles. Nos amis allemands sont pragmatiques (voir plus bas) . Mais mieux en avoir les moyens et quant au climat de la salle… il y a sans doute mieux comme rapport avec les acteurs sur le plateau, eux-aussi soumis à des gestes barrière…

Philippe du Vignal

Arrêtons un moment…

C’est par ces mots que commence la Bérénice de Jean Racine. C’est le moment du théâtre qui les convoque et c’est bien du théâtre aussi que ces mots nous parlent. Ils s’adressent aux spectateurs rassemblés. Ils disent le temps qui se suspend et la réalité qui dure. Ils disent que la fable commence…

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Dès le jour où vous, spectatrices et spectateurs, avez déserté par force, les salles de spectacle, le théâtre a cessé d’exister. Parce que votre présence est indissociable de notre action. Nous sommes acteurs d’un jeu de société qui vous comprend, vous toutes et tous. Le théâtre, c’est un art public, en ce sens noble et trivial, et dans la triangulation que constituent l’œuvre, l’artiste et le spectateur, il ne peut manquer un élément pour qu’ait lieu la représentation.

Eh! Oui : nos destins ont partie liée, et même si on sait, on sent votre présence dans le noir de la salle devenue silencieuse, on ne connaît parfois rien de vous. Mais vous nous manquez. Et sans vous, imaginer une saison théâtrale, un événement, une création, est difficile. À vrai dire, cela n’a pas de sens. Car ce n’est pas un métier, spectateur, c’est un désir. Et vous êtes, chacune et chacun, étudiant ou enseignante, médecin ou commerçante, musicienne ou infirmier, chercheuse ou agriculteur, artiste peintre, chauffeur de taxi, architecte, coach sportif, retraité, responsable d’association, séminariste, poète, chômeur, critique de théâtre, coiffeur, employé, chef d’entreprise, commissaire de police, aventurier…

Vous êtes vous, et vous aimez le théâtre, vous représentez le monde, la cité antique, la ville moderne ou le monde rural. Vous êtes autre et vous êtes le sujet du théâtre. Surtout, vous aimez venir retrouver d’autres gens dans cette salle, attendre de nous quelque chose qui provoquera une émotion particulière, ou une réflexion différée. Vous aimerez ou vous n’aimerez pas, ou plus tard. Mais vous reviendrez toujours avec le même désir renouvelé, jamais éteint. Et toujours libre, dans votre capacité de jugement, votre imaginaire, votre participation, votre envie.

Cette liberté inouïe provient bien de la simultanéité d’un moment partagé, qui ne vivra que par l’instant présent.
Ce moment que, seuls, le théâtre, la danse, la musique osent suspendre à l’instant où la lumière diminue dans la salle, vous laissant avec vos correspondances sensibles, vos rêves, vos jardins secrets. Sachez que nous attendons ce moment avec impatience, nous comptons sur vous, pour que la machine humaine du théâtre se remette en marche et que se poursuivre notre Odyssée commune née à Athènes cinq siècles avant notre ère. Nous nous dirons peut-être alors, comme Winnie dans Oh les beaux jours ! de Samuel Beckett :« Oh! Le beau jour encore que ça aura été. Encore un. Après tout. Jusqu’ici.»

Marion Coutris

Bonjour,

 Chic, nous pouvons ré-ouvrir ! Cette annonce mérite une nuance : en espaçant les spectateurs d’un mètre, nous pouvons accueillir 20% du public! Pour notre petit lieu, la-petite-scene-montelimarcela signifie qu’avec seulement 20% de la recette nous ne pouvons payer que la S.A.C.E.M., pas les artistes et ni les techniciens. A moins de demander au public de payer cinq fois plus cher sa place ?

Donc, les théâtres sont ouverts, sans qu’il soit encore possible d’y jouer des spectacles… En attendant de pouvoir accueillir notre jeune public, nous continuons en mode semi-confiné, et voici le troisième épisode du Canapé show : https://www.facebook.com/la.petite.scene.montelimar/. Et les grands peuvent télétravailler en écoutant la Playlist des Chanteurs de La Petite Scène https://soundcloud.com/user-201152517/sets/les-chanteurs-de-la-petite

covidement.

Philippe Fourel

 

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Comparaison n’est pas raison! Le Berliner Ensemble a quelque peu modifié sa salle Afin de respecter les distances physiques, un rang sur deux a été démonté. et les places par deux seront réservés aux personnes appartenant à un même foyer. Elémentaire mon cher Bertolt!

 

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