Que voir maintenant et plus tard?

Que voir maintenant et plus tard?

Le Musée du Louvre

1Tout l’été, le musée offre de parcourir ses collections à travers des visites/découvertes en vingt minutes, gratuites et sans inscription avec  un regard particulier sur les détails.  Il suffit de réserver son entrée au musée.

 

La traversée de l’été au Théâtre National de Strasbourg

L’élaboration d’un programme d’actions pour la période estivale correspond à deux convictions pour Stanislas Nordey, son directeur. « La première m’habite depuis longtemps, puisqu’en 1998, j’ai théorisé et mis en application l’ouverture l’été du Théâtre Gérard Philipe à Saint-Denis. Avec succès, publics et compagnies investissant nos lieux avec appétit: un théâtre n’a pas vocation à être vide. Deuxième conviction: conjoncturelle. Après une hibernation de près de trois mois, nos artistes, toutes les populations de la Région Grand Est, très touchées par la pandémie, ont besoin de retrouver cette communauté d’esprit et de travail. Toutes les équipes du T.N.S. ont donc travaillé sur un faisceau de propositions qui couvrent aussi bien le champ de la lecture, de l’écriture, de la pratique, de l’itinérance, de la découverte de l’univers théâtral. Elles l’ont fait en se servant à la fois de projets qui n’avaient pu être mis en œuvre jusqu’ici, en adaptant des programmes déjà existants sous d’autres formes et en inventant ex-nihilo des projets spécifiques.

Stanislas Nordey

Stanislas Nordey

Le programme de cet été « apprenant » et culturel tel que je l’ai imaginé, a pour ambition de toucher et faire se rencontrer des populations différentes et parfois éloignées du théâtre; parmi elles, les jeunes qui n’ont pu bénéficier d’une scolarité normale depuis la mi-mars et qui verraient leurs vacances d’été entravées par les contraintes sanitaires, les pensionnaires des E.H.P.A.D, des flâneur.se.s de parcs, places et jardins privés ou publics, des personnes sans emploi, de gens en activité mais sans possibilité de partir en vacances, des auteurs et autrices, des artistes et techniciens strasbourgeois, des élèves de l’École du T.N.S., des artistes, jeunes, pour l’essentiel. Tout cela en mettant en avant l’une de nos marques de fabrique : la valorisation de la parité et de la diversité. »

Des ateliers gratuits au Prisme d’Elancourt ( Yvelines)

On peut découvrir la danse, les arts plastiques et la musique avec un programme d’ateliers pour tous les âges. Mais comme ailleurs: port du masque obligatoire, gel hydroalcoolique à disposition et distances sociales à respecter.

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Le matin, on danse en couleur dans des ateliers en plein air ouverts à tous. Rendez-vous devant le Prisme, mercredi, jeudi et vendredi à 10 h, avec initiation à la danse contemporaine, au modern-jazz et au hip hop (à partir de huit ans). Avec Thérèse-Marie David,  directrice de l’École municipale de danse d’Élancourt; Mathieu Raguel, professeur de danse hip-hop et Sarah Flamant, professeure de modern-jazz.

L’après-midi, On découpe les couleurs. Rendez-vous devant le Prisme les mercredi 26 et jeudi 27 août de 14 h à 17 h. A la manière d’Henri Matisse, venez découper de la couleur et la coller dans une œuvre collective en plein air. Avec Marie Lavault, directrice de l’École municipale d’arts plastiques d’Élancourt. À partir de six ans (les enfants de moins de treize ans doivent être accompagnés). Le matériel  est fourni.

On fait de la musique en couleur. Rendez-vous devant l’École de musique d’Élancourt les samedi 29 août et 5 septembre de 14 h à 17 h avec un temps de pratique de la percussion brésilienne. En plein air, avec Jean-Marie Denquin, professeur de l’École municipale de musique d’Élancourt. (À partir de douze ans, instruments fournis).

Atelier de création de B.D. Rendez-vous devant le Prisme. Du lundi 24 au vendredi 28 août: 10h 30-12h 30 pour les enfants de sept à onze ans. Et de 14 h à 16 h pour les jeunes de douze à dix-huit ans.

Le Prisme Quartier des Sept Mares 78990 Élancourt. Information et réservation: prisme@ville-elancourt.fr


Archive pour juillet, 2020

Les Urbaindigènes

Chantier ! La Tournée du Coq par Les Urbaindigènes

Cela se passe à Avannes près de Besançon. C’est une « collaboration démocratique et citoyenne autour d’une construction de charpente traditionnelle. » L’expérience urbaine a commencé en 2004  pour ces gymnastes: Le Pudding Théâtre avait besoin d’eux pour animer les rues de Salins-les-Bains dans le Jura. « Nous découvrons, disent-ils, ce qu’est le théâtre de rue et l’acrobatie urbaine. et l’année d’après, nous sommes douze gymnastes à la recherche de nouvelles sensations. Nous décidons donc d’explorer les multiples facettes de ce monde extérieur alors inconnu. »

Ils créent ainsi Homo Economicus: ces Urbaindigènes ont trouvé leur terrain de jeu. Et grâce aux  rencontres avec d’autres compagnies franc-comtoises, des formes déambulatoires s’affirmeront. Depuis 2009, Les Mercodier et La Revue Militaire développent cette «physicalité».

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La compagnie compte aujourd’hui cinq créations dont deux sillonnent encore les routes depuis cinq ans. Mathias, comédien mais aussi charpentier et architecte a dressé de grandes structures de bois penchées à l’allure  de frontons de temples grecs suspendus à des fils. C’est l’histoire d’un charpentier qui, nouveau gérant, a changé toute l’organisation d’un chantier: l’industrialisation a pris le dessus et c’est  une machine qui réalise ce qu’on faisait à la main. Matthias a mis la boîte en redressement judiciaire. Cinquante spectateurs vont relever l’un des frontons sous les ordres du chef de chantier en tirant sur des cordes.  Très impressionnant.

@Anne Flageul

@Anne Flageul


Ils discutent entre eux : «Au XIIIème siècle la société européenne est en pleine mutation, l’essor géographique impose des changements : c’est l’essor des cités et le siècle des cathédrales. » Accrochés à une tour, ils imitent sur une musique religieuse, les gargouilles de Notre-Dame de Paris avec leurs grimaces grotesques.

On lève un deuxième fronton. Ces charpentiers argumentent sans cesse:  « Un chantier, on ne sait même pas à quoi ça va servir ! Ils ont pour utopie de fabriquer un préau pouvant servir au  vivre ensemble. «   Mais peu à peu, le lieu apparait et ils déploient une immense toile rouge faisant office de toit: une image magnifique…

Les comédiens-acrobates, épaulés et conseillés par Hervée de Lafond, codirectrice du théâtre de l’Unité, qui escaladent les structures de bois avec une grande agilité, nous font froid dans le dos. Cette ébauche n’est pas terminée et ils ont encore quatre semaines de résidence avant une première au Fourneau à Brest.  Mais déjà le futur spectacle, sans doute encore un peu  bavard, est très prometteur. A suivre…

Edith Rappoport

Ebauche vue le 18 juillet à Avannes (Doubs). En résidence du 2 au 18 juillet,  puis du 17 au 29 août,  avec le soutien du Fourneau à Brest.

Kenavo Christine Le Pen

Kenavo Christine Le Pen

 

En 1990, lors d'un stage de l'Ecoile à Villenuev-lès-Avignon.

En 1990, lors d’un stage de l’Ecole à Villeneuve-lès-Avignon.

On nous a prévenu ce matin… Le cancer du poumon  avec lequel elle vivait depuis quelques années, aura eu finalement raison d’elle. Christine avait quitté Paris le mois dernier et est morte cette nuit, entourée, comme elle souhaitait, par sa famille, au Centre de soins palliatifs de Ploemeur. Les nouvelles, hélas- n’étaient pas très bonnes depuis décembre et à lire ses lettres récentes, on sentait qu’elle ne se faisait pas d’illusions et que sa fin était proche. Elle avait soixante ans. « Ici, m’écrivait-elle sur une  carte  émouvante il y a juste un mois, je vis au jour le jour. La tête, ça va, le corps lâche. Je dois me reposer souvent. J’essaye néanmoins  de faire un peu de travail musculaire avec le kiné. Point de vue nourriture, le Centre de soins palliatifs a ses propres cuisiniers. C’est plutôt sympa. Mais je suis déjà fâchée avec certains aliments. Je retrouve les membres de ma famille avec grand plaisir. Je m’aperçois qu’il est bon de retrouver des visages que l’on connaît depuis l’enfance. L’une de mes sœurs assure toute l’intendance dont j’ai besoin. »

 Après avoir été secrétaire du directeur du Théâtre du Palais-Royal, elle assura pendant plus de quinze ans la gestion administrative de l’École du Théâtre National de Chaillot quand j’en étais le directeur pédagogique.  Sans jamais ménager sa peine! Et du travail il y en avait pour l’une comme pour l’autre et souvent obligatoirement pour les deux à la fois : programmes pédagogiques, gestion des espaces, relevés d’heures de cours, factures à transmettre à la comptabilité, emplois du temps, présentation des soirées de fin d’année, et de tournées, établissements de budgets, relations avec les services techniques et administratifs, etc… Combien de soirs, je devais éteindre la lumière de ce petit bureau sans éclairage du jour pour la forcer à partir. Il était presque 21 h et nous étions là depuis 10 h… avec une brève pause pour le déjeuner! Et Jérôme Savary, alors directeur, avait eu toute confiance en elle pour mener administrativement ce gros bateau avec, à bord, une douzaine de professeurs et environ cinquante élèves: ceux des deux promotions en même temps de l’École et ceux des deux Ateliers du soir.

Avec une rare compétence, une maîtrise des budgets compliqués à mettre au point vu le peu d’argent disponible! Elle avait aussi une volonté absolue quand il s’agissait de défendre l’École. Qu’une administratrice de Chaillot sans scrupules avait voulu faire disparaître deux ans après sa création… Là elle a su montrer les dents avec efficacité face à la bêtise et se battre aussi avec des énarques ou conseillers aussi prétentieux qu’incompétents du Ministère de la Culture. Et heureusement pas très courageux devant une pétition pour défendre l’existence de l’Ecole signée des meilleurs metteurs en scène et acteurs. Christine savait démontrer poliment à ces soi-disant « représentants de l’Etat » qu’ils faisaient fausse route et qu’ils promettaient sans jamais rien donner. Dans ces moments difficiles, son sang de Bretonne ne faisait qu’un tour et mieux valait alors ne pas insister… Et plusieurs fois, je n’aurais pu sauver l’École si elle n’avait été à mes côtés: avec courage et ténacité, singulièrement efficace. Un partenariat exemplaire et quand l’un de nous deux commençait parfois à flancher, l’autre prenait aussitôt le relais… Ce sont des choses dans une vie d’homme que l’on retient à jamais.

 Mais, généreuse, elle savait aussi être à l’écoute des élèves qui l’aimaient beaucoup et elle ne refusait jamais un service à celui qui avait besoin d’un C.V. bien présenté -on s’y mettait à deux- ou d’une aide pour remplir un formulaire de bourse ou entreprendre une quelconque démarche. Quand elle n’avait pas trop de temps, elle me refilait gentiment le bébé et c’était réciproque… Et jamais les projets de spectacles que nous bâtissions ensemble et avec les enseignants, suivis de tournées en France, voire à l’étranger, comme entre autres Peines d’amour perdues, mise en scène d’Andrzej Seweryn  ou Victor ou les Enfants au pouvoir de Roger Vitrac n’auraient pu voir le jour si elle n’y avait mis toute son expérience. Christine était une femme formidable que tous, artistes, techniciens et administratifs de Chaillot respectaient et aimaient.

Merci encore Christine pour tout ton travail. Nombre d’anciens élèves, aujourd’hui acteurs et metteurs en scène qui gagnent leur vie -dont deux à la tête de Centres Dramatiques Nationaux- ont appris sa disparition avec des larmes. Et on se dit alors que nous n’aurons pas travaillé pour rien, même si le sieur Goldenberg qui succéda à Chaillot fit, après que je sois parti à la retraite, disparaître cette Ecole dont il n’avait jamais voulu… Et nous aurons été nombreux à partager avec joie cette tranche de notre vie et nous ne t’oublierons pas. Christine a eu jusqu’au bout la volonté de se battre et de trouver encore du plaisir à exister dans cette unité de soins palliatifs à l’hôpital de Lorient où elle évcut ses derniers jours. Et je lui dédie ces vers du grand Eschyle qu’elle aimait bien: « Même aux milieu des malheurs, jouissez chaque jour des petites joies que la vie vous apporte car la richesse est vaine chez les morts. » Kenavo Christine, nous ne pourrons rejoindre à temps demain samedi Lorient, trop éloignée du Cantal, pour être avec tes proches.  Mais nous aurons demain samedi une pensée très amicale pour eux.

Philippe du Vignal

Les obsèques de Christine auront lieu demain samedi 18 juillet à midi et demi au Centre funéraire de Kerlétu, rue René Lote, à Lorient. T. :  02 97 37 51 52.

Les élèves de l’Ecole de Chaillot:
Chère Christine,
Il y avait ta voix. Douce, forte, enthousiaste. Celle qui nous a annoncé que Chaillot serait notre école… une voix qui ne s’oublie pas, celle qui a fait basculer nos vies. Il y avait ton regard bienveillant, soutenant, dans lequel beaucoup d’entre nous se sont réfugiés quand rien n’allait, quand la galère avait pris le dessus, noyés par les doutes. Il y avait tes mots. Tes encouragements. Pendant nos années de formation, et après, quand tu n’oubliais jamais de venir nous voir. De penser à chacun d’entre nous, de prendre des nouvelles.
Et même quand les vents sont devenus mauvais, quand l’école a commencé a tremblé, sous la menace, tu t’es tenue droite et tu nous a communiqué ta force, ta confiance. En nous, en nos vies à venir. Tu étais l’âme patiente, discrète, puissante de cette école. Le souffle de vie. Peut-être même que ta force, ton optimisme, dans cette autre lutte que tu menais discrètement, nous a insufflé cœur et courage, pour faire notre chemin, dans cette vie de théâtre. Nous sommes nombreux à penser à toi aujourd’hui.
A peser la chance que nous avons eu de te rencontrer. A ne pas pouvoir s’empêcher de sourire, à ton souvenir. A affirmer : cette femme là, je l’aimais.
Séverine, une ancienne élève des Ateliers du soir

Merci Philippe pour ces mots; j’ai appris cette bien triste nouvelle, que malheureusement nous craignions. Christine était une belle personne chaleureuse et vraie. Des pensées douces pour les siens.

Etienne Grebot , acteur et metteur en scène , ancien élève de la première promotion

C’est avec tristesse que j’ai appris le décès de Christine. Ancien élève de Chaillot, je peux témoigner qu’elle a a toujours été très présente pour nous, aussi efficace que discrète, et que bien des années après, elle laisse dans mon cœur et mon esprit, une trace indélébile. J’envoie mes meilleures pensées à sa famille et à ses proches, pour qui j’imagine la douleur et la peine de perdre un être aussi précieux.

Michel Lopez, professeur d’improvisation à l’Ecole

Merci Philippe pour ce beau témoignage, nous avons vécu une très belle et parfois houleuse histoire avec cette Ecole et Christine en était un pilier fondamental. Je salue ici son courage, son professionnalisme, sa pugnacité, sa bienveillance, sa douceur, et son intelligence à ne laisser rien paraître de ses doutes ou de ses souffrances pour nous préserver. Et quand on voit les témoignages des anciens élèves cela fait chaud au cœur, ils l’aiment, l’estiment et lui rendent un vibrant hommage. Christine, tu peux être fière de tes élèves ! Repose en paix…

Thibault Lacroix, acteur

Un hommage à  Christine et Saskia Cohen-Tanugi (voir Le Théâtre du blog)  qui s’en vont l’une jeudi dernier  et l’autre, hier lundi… Les enfants de Chaillot que nous avons été, en prennent tous un coup. Quelle tristesse ! Elles avaient soixante ans toutes les deux… Christine, administratrice de l’Ecole, aussi pragmatique dans l’organisation des budgets que prévenante, bienveillante et drôle (ça ne gâte rien) veillait sur nous et fut un pilier pour nos jeunes années dans cette bonne école, tristement disparue en 2001 de par la volonté de Goldenberg, alors directeur de Chaillot qui ne jugea pas utile qu’un vivier de jeunes comédiens puisse continuer, après le départ volontaire de Philippe du Vignal, le directeur pédagogique, à y étudier et répéter dans les quelque 50. 000 m2 de ce grand palais!

Jacques Livchine metteur en scène et codirecteur avec Hervée de Lafond du Théâtre de l’Unité. Ils avaient conduit plusieurs stages et réalisé plusieurs mises en scène à l’Ecole.

Juste un proverbe: Adieu Christine, c’est con de vivre vieille, mais c’est encore plus con de mourir jeune.

 

 

 

Venavi ou pourquoi ma soeur ne va pas bien de Rodrigues Norman, mise en scène d’Olivier Letellier

Venavi ou pourquoi ma soeur ne va pas bien de Rodrigues Norman, adaptation de Catherine Verlaguet, mise en scène d’Olivier Letellier

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Un plateau nu dans la pénombre avec seule, une pièce de bois, semblable à un monolithe. Lentement, au doux son d’une chanson africaine, s’avance un jeune homme : «Je m’appelle Akouété. Akouété, Akouélé, des prénoms qui se ressemblent autant, chez nous, ça veut dire que nous sommes jumeaux. » Ce qui n’est pas rien:  en Afrique, les jumeaux sont sacrés! Mais Akouété est mort… sa sœur jumelle Akouélé l’ignore et elle l’attend: «Akouété? Akouété ? Il est où Akouété ? »   le père lui répond: «Ton frère est parti chercher du bois dans la forêt !» Pur mensonge… Et non-respect des rites ancestraux. Il n’y aura pas, pour Akouélé, de venavi: un «jumeau» en éwé, l’une des deux langues togolaises. C’est une statuette consolatrice que l’on offre traditionnellement à celui qui reste pour remplacer son jumeau absent et qui l’accompagne au quotidien… Akouété, à la fois conteur et héros de cette histoire, semble avoir élu domicile dans un ailleurs, qui n’est ni l’espace de la mort, ni celui de la vie. Mais un lieu indéfini d’où il ne peut entrer en communication avec sa sœur

Situation tragique : sans Akouélé, il est comme prisonnier de ce monde parallèle et n’a pas accès à celui de l’au-delà. Les jumeaux sont inséparables ! Akouété, personnage testamentaire par excellence dont la parole poétique nous convoque à partager l’attente douloureuse et la quête de vérité d’Akouélé, son  retour à la vraie vie et au temps qui passe. À fois conte et théâtre-récit, cette adaptation invite les spectateurs à un parcours initiatique bigarré !  Rodrigue Norman s’inspire des rites et croyances de son pays, le Togo, pour évoquer le monde de l’enfance et la peur de grandir. Il nous fait entrer au cœur de cet univers fragile et fort à la fois, confronté à celui des adultes avec leurs mensonges et  leurs angoisses.

Dans l’adaptation théâtrale du texte très réussie de Catherine Verlaguet, narration et dialogues se succèdent et font alterner une ambiance dramatique tantôt douce et onirique, tantôt violente et réaliste. De ce rythme contrasté et aussi soutenu par la bande son et les lumières de Sébastien Revel, les chants africains, et la finesse de l’écriture, naissent de multiples émotions : tristesse, joie, absence, peur, colère, rire… Mais ce serait également sans compter sur la grâce, la malice et la légèreté du jeune comédien togolais, Alexandre Prince choisi par Olivier Letellier pour reprendre le rôle créé en 2011 par Athanase Kabré au Théâtre de Sartrouville. Merveilleux de sincérité et d’humour !

La mise en scène épurée, abstraite d’Olivier Letellier et la belle scénographie de Sarah Lefèvre accompagnent chaque étape de la fable, suivant les thèmes de l’action : le village des jumeaux et ses habitants, la recherche du frère dans la forêt, l’école,  la vente d’oranges sur le marché… A chacun de ces  moments et sous les yeux émerveillés du public, le décor change subitement grâce à une structure gigogne en bois, idée fort astucieuse ! A la fois enchantée, gaie et magique, cette simplicité du décor ne fait qu’augmenter notre pouvoir d’imagination. Joué cinq cents fois par trois comédiens successifs, le spectacle a gardé toute sa puissance tragique.. C’est un ravissement autour de thèmes universels, traités sans concession et au sein d’une culture différente de la nôtre, avec beaucoup d’humanité et de drôlerie. Le spectacle nous rappelle que la vérité sort souvent de la bouche des enfants et que nous, les adultes du monde entier,  choisissons parfois de taire ou de ne pas entendre…

Elisabeth Naud

Dans le cadre : Un Eté solidaire-Théâtre de la Ville, Théâtre des Abbesses 31, rue des Abbesses Paris ( XVIII ème). Du 1er au  29 juillet à 15h et à 19h . T. : 01 42 74 22 77. 10€ et gratuité pour les moins de 14 ans et les soignants.

En tournée :

La Filature, Scène Nationale de Mulhouse du 15 au 17 juillet. 

Dans le cadre de L’Ile-de-France fête le théâtre : Ile de Loisirs du Port aux cerises (92) 19 juillet : 14h et 16h 20,21,22,23,24 juillet : 11h30 et 13h30 – 26 juillet : 14h et 16h Ile de Loisirs de Cergy Pontoise (95) 9 août  14h et 16h 10,11,12,13,14 août : 11h30 et 13h30 16 août : 14h et 16h Ile de Loisirs de Saint-Quentin en Yvelines (78) 23 août : 14h et 16h 24,25,26,27,28 août : 11h30 et 13h30  

Que voir maintenant et ensuite cet été? (suite)

Que voir maintenant et ensuite cet été? (suite)

A Paris:

Chaillot-Théâtre national de la Danse

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Invité: Angelin Preljocaj avec le ballet qu’il avait créé à l’Opéra de Paris en 2012. Avec un extrait du Parc qui sera dansé par Jordan Kindell et Verity Jacobsen sur la musique du Concerto n°23 de Mozart, interprété par la pianiste Khatia Buniatishvili et l’Orchestre national de France.

En direct sur France 2 et France Inter mardi 14 juillet, à 21h 15


Et un Bal masqué au Cent-Quatre…

Avec le  DJ Emile Omar, le dimanche 19 juillet à partir de 15 h.

Cet ancien programmateur de Radio Nova, offrira un  » élixir aux saveurs caribéennes francophones d’hier à aujourd’hui, avec quelques épices d’Afrique et d’Amérique latine ».

Accès libre mais masque obligatoire.Le Cent Quatre, 5 rue Curial,  Paris (XIX ème). Métro Riquet. Ouverture du mardi au  vendredi de 12h à  19 h et le week-end de 11 h à 19 h; fermeture le lundi. Vente en ligne et billetterie : T.  01 53 35 50 00.

 

Les Tréteaux de France du 18 juillet au 30 août, sur les îles de loisirs du Port aux cerises de Cergy-Pontoise et de Saint-Quentin-en-Yvelines…

Britannicus, la célèbre pièce de Jean Racine dont Roland Barthes disait: « Néron est l’homme de l’alternative ; deux voies s’ouvrent devant lui : se faire aimer ou se faire craindre, le Bien ou le Mal. […] Dans Néron, le Mal va se fixer. Et plus encore que sa direction, c’est ce virement même qui est ici important : Britannicus est la représentation d’un acte, non d’un effet. L’accent est mis sur un faire véritable : Néron se fait, Britannicus est une naissance. Sans doute c’est la naissance d’un monstre ; mais ce monstre va vivre et c’est peut-être pour vivre qu’il se fait monstre. » Une création de Robin Renucci dans une scénographie quadri-frontale.

Faire forêt, Variations Bartleby de Simon Grangeat, mise en scène de Solenn Goix.

 Bartleby, un copiste consciencieux, travaille dans le cabinet d’un juriste de Wall Street. Un jour son patron l’appelle pour examiner un document mais le scribe répond à la surprise générale : « Je préfèrerais ne pas ». Le personnage créé par Melville est devenu un symbole de la résistance passive, à travers sa formule devenue célèbre. Ne pas faire ce que l’on me demande, ne pas être celui qu’on attend, ne pas faire partie du système ? « Cet « effet Bartleby » m’intéresse dit Solenn Goix et  plutôt que de faire une énième adaptation de la nouvelle, j’ai proposé à Simon Grangeat dont l’écriture est éminemment politique, d’explorer le lien entre un employé d’un « bullshit job » – un terme de l’anthropologue américain David Graeber – et un Zadiste, ou comment un rond-point occupé devient une forêt où on peut enfin construire sa cabane… »

Deux spectacles jeune public: Venavi de Rodrigue Norman, mise en scène d’Olivier Letellier

©j Jm Lobbé

Frissons ©j Jm Lobbé

Frissons, conception de Magali Mougel et Johanny Bert, mise en scène de Johanny Bert

Retour de Bal d’après La Peur des coups de Georges Courteline, mise en scène Gérard Chabanier

Le Premier Homme d‘Albert Camus, un texte qu’on avait retrouvé dans le coffre de sa voiture après l’accident qui lui avait coûté la vie il y a soixante ans. Lu aussi récemment par Charles Berling, ici  dans une conception de Bertrand Cervera et Robin Renucci

Et des ateliers gratuits animés par les comédiens des Tréteaux de France; ils s’adressent à toute personne voulant partager une pratique exigeante, constituante de lien social et de vitalité. Aucune connaissance spécifique  requise. Pour seul ou en groupe, découvrir le plaisir des mots, des gestes…

J’ai trop d’amis de David Lescot

« Franchement, avec tout ce qui s’est passé, on ne l’a pas trop vécue, cette année de 6e. C’est vrai, quoi, on est quasiment passé des vacances de Noël aux grandes vacances. Nous, on s’en faisait toute une histoire, on savait que ça allait être l’horreur, mais c’était une horreur qui avait fini par nous faire envie. Alors forcément on est un peu déçu.
Mais tout n’est pas perdu, il existe une manière de la revivre, cette sixième qui n’a presque pas eu lieu : c’est d’aller voir J’ai trop d’amis. Là on reprend tout du début, la rentrée, les problèmes de popularité, l’élection des délégués, les messages qu’on vous fait passer en classe : bref tout ce qu’il faut savoir pour vivre à fond sa sixième, cette classe maudite qu’on adore. »

Théâtre de la Ville au Théâtre des Abbesses 31, rue des Abbesses Paris ( XVIII ème) Métro Abbesses
du 22 au  29 juillet.

Et du 6 au 9 octobre,  Centre culturel l’Imprévu, Saint-Ouen l’Aumône ( Yvelines). Du 11 au 14 octobre, Le Trident, Scène Nationale de Cherbourg-en-Cotentin du 15 et 16 octobre. Salle Vox, Saint-Christoly-de-Blaye ( Gironde)  du 28 octobre au 8 novembre,Théâtre de la Ville-Espace Cardin.

Du 17 au 20 novembre,  Les Quinconces L’Espal, Scène Nationale du Mans ( Sarthe)


Du 3 au 4 décembre, M.J.C. Rodez, Théâtre des deux points ( Aveyron). Du 11 au 12 décembre,  Espace des Arts, Scène ?ationale de Chalon-sur-Saône


Les  7 et 8 janvier, L’Astrolabe, Grand Figeac (Lot).

Etc.

 

Philippe du Vignal

 

Le Grand Ecart de Max Bouvard

Le Grand Ecart de Max Bouvard

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Nous sommes accueillis avec une soixantaine de spectateurs dans le beau jardin d’une maison particulière à Cussey-sur-Lison (Doubs), un petit village de soixante-cinq habitants. Sur le plateau, un écran de cinéma, un fauteuil sur un chariot et un vélo. « C’est mon premier film et pas encore terminé dit Max Bouvard. Et très autocentré. C’est par le maximum de subjectivité qu’on atteint l’objectivité ! »
Pendant quatre-vingt dix minutes, il va jouer son C. V.  et  raconter  comment fils de paysan jurassien, il deviendra acteur. Un vrai documentaire où il nous dépeint avec précision son milieu d’origine puis son atterrissage dans le monde des intermittents du spectacle. Très drôle: on passe des silences habités de sa famille, aux échanges souvent vifs du milieu du théâtre.

Le plus émouvant: quand il récite à sa mère en train de mourir de longs passages d’Oncle Vania d’Anton Tchekhov qu’il a joué avec le Théâtre de l’Unité . Suit un film sur le petit écran: Max se promène dans un parc avec une glacière : »Je suis à Roubaix. Dans la glacière, il y a le placenta de ma fille ! Ma deuxième fille est née à la maison. Kenza, la copine de ma fille a des bleus. » Puis on voit une ferme achetée par quatre familles, la maison d’enfance. Puis une fête après le festival de Clermont-Ferrand .

Max Bouvard

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« Il y a un écart entre le milieu d’origine et ce qu’on est devenu. Nous sommes des clowns et c’est comme ça qu’on fait passer des choses essentielles. Chez nous, on est paysans de père en fils depuis dix générations. Personne ne lisait, sauf ma grand-mère. Soixante-deux personnes sont venues écouter ses histoires. Pourquoi je le sais ? Il y en a qui le disent. ». Il montre les livres dans un panier. On voit ce feuilleton en film qui fait revivre son grand livre écrit en 1973. « Tous les quinze du mois, je m’aperçois que je n’ai pas le salaire de mes aspirations. On n’avait pas les mots pour dire qu’ on était heureux. Je suis parti car j’étais terrorisé d’être coincé comme mes parents. » Le père donne son carnet à Max en lui disant : »C’est le résumé d’une vie de con ! »

Enfin à Saint-Amour dans le Jura, tout près du village natal de Max, on voit l’acteur se filmer devant la tombe de Firmin Gémier, le père du théâtre populaire…. Un riche témoignage psycho-sociologique où tout est vrai et sincère. Et passionnant:  chacun peut s’y retrouver: nombreux  ceux qui ont quitté la famille de leur enfance pour une autre famille, un autre milieu social. Ce spectacle en cours d’évolution réjouit et rassemble les spectateurs invités ensuite à boire un verre.

Edith Rappoport

Cussey-sur-Lison, le  10 juillet.

Au Théâtre des Ilets à Montluçon, Carole Thibaut rebat les cartes

Au Théâtre des Ilets à Montluçon, Carole Thibaut rebat les cartes

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Copyright Florian Salesse

 La directrice de ce Centre Dramatique National annonce la couleur : la saison 2020-2021 ne sera pas comme les autres, comme dans beaucoup de théâtres. La  brochure de saison Rebattre les cartes est présentée sous forme d’un jeu de cartes où on peut lire l’avenir : quatorze créations et une quinzaine d’artistes associés, dont une bonne part féminine. Le jeu se décline en : automne, hiver, printemps mais sans préciser les dates exactes. En effet, dans l’incertitude actuelle des jauges autorisées, certains spectacles devront en effet être prolongés…

Le «plus petit Centre Dramatique National, en terme de budget» a, depuis trois ans, fait le plein de public avec un répertoire surtout contemporain et vingt-cinq créations coproduites. Fidèle aux Fédérés : Olivier Perrier, Jean-Paul Wenzel et Jean-Louis Hourdin), fondateurs du lieu en 1985, Carole Thibaut veut continuer à irriguer un territoire essentiellement rural, avec aussi, une programmation hors-les-murs: «Les gens n’entrent plus dans les théâtres, alors on sort et il y a eu plus de cent représentations en itinérance“.  Mohamed Rouabhi a écrit En voiture Simone!, une série de saynètes destinéee à être représentée par la jeune troupe des Îlets qui va  jouer sur les places de village dans une camionnette rouge et jaune. Ses trois mais bientôt cinq apprentis-comédiens ont le statut de compagnon, garanti par le G.E.I.Q. Théâtre de Lyon (Groupement d’Employeurs pour l’Insertion et la Qualification) et se frottent à la réalité de la Décentralisation mise en place après la seconde guerre. Ils participent à des lectures, ateliers, créations pendant deux ans… et la troisième année, acquièrent le statut de professionnel.

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Nadège Prugnard
Crédit photo Florian Salesse

 Rémi De Vos livre une petite comédie post-coronavirus hilarante avec une conversation par skype  entre un ami incarcéré et un bobo confiné. Les jérémiades du second semblent bien dérisoires comparées à la condition du premier. On pourra aussi voir aussi à Montluçon, de cet auteur, Sosies, mise en scène d’Alain Timar et Occident, mise en scène et jeu de Carole Thibaut et Jacques Descorde. Plus loin, Olivier Perrier et Monique Brun, sereins, nous font partager Le Vieil Homme de Louis Aragon et La Maison des morts de Guillaume Apollinaire. On  retrouvera ces comédiens qui appartiennent à l’histoire du lieu dans Les Hortensias de Mohamed Rouabhi, mise en scène de Patrick Pineau. On entend aussi un extrait du Journal de grosse Patate, un gamin savoureusement boulimique de Dominique Richard. Cette lecture annonce des spectacles Jeune Public à venir. Et il y a trente autres performances théâtrales, chorégraphiques ou circassiennes au détour des sentiers…

Les artistes se mobilisent : un réseau de réflexion

A l’issue de la crise sanitaire, les artistes et directeurs de lieux se posent de nombreuses questions comme Carole Thibaut (voir Le Théâtre du Blog)*. Ils verraient bien s’organiser des États Généraux de la Culture, comme en avait conçus le regretté Jacques Ralite, alors député et rapporteur du budget du Cinéma à l’Assemblée Nationale.  « La Culture se porte bien, pourvu qu’on la sauve»: titre de l’assemblée générale du 9 février 1987 au Théâtre de l’Est Parisien. Mais depuis, rien n’a changé sinon en pire. La directrice du C.D.N. de Montluçon souhaite « réfléchir à ce qui fait notre aventure théâtrale, ici, aux Îlets. Comment inventer d’autres façons de travailler, comment en faire une Maison du peuple et des artistes, dans la ligne toujours de la Décentralisation. Les théâtres publics de plus en plus soumis à des logiques de l’offre et de la demande, à des normes de plus en plus restrictives, sont parfois victimes d’une assimilation (souvent inconsciente) des limitations de nos libertés artistiques. »

Réunis en ateliers, l’équipe du théâtre, des artistes, des partenaires associatifs et des spectateurs ont analysé la situation et avancé des propositions, parfois radicales ! L’atelier éthique propose des actions éco-responsables comme le stockage et le recyclage des décors et costumes ; de mutualiser le matériel et les coûts administratifs, d’éviter des tournées aux dates isolées en inventant avec les partenaires régionaux des itinéraires géographiques cohérents, et de produire et diffuser en « circuit court ».

table rond

Photo Cécile Dureux

L’atelier liberté artistique évoque la “ folie administrative“ des demandes de subvention, les cahiers de charges aberrants et déplore le désengagement des politiques vis à vis de la culture. Un peu de « désobéissance civile » serait salutaire en forçant le dialogue avec les politiques. « On est dans le temps du calcul , dénonce un participant. Les artistes sont dominés par la libéralisme et devraient agir en tant qu’alliés des publics qui n’ont accès à la liberté. » Pour cela, il faut transgresser les esthétiques dominantes pour toucher les territoires. Sans tomber dans le piège de l’animation ou du divertissement que demandent les élus…. On évoque aussi le consentement tacite au tout sécuritaire… Renforcé ces derniers temps. 

 Moins utopique,  l’atelier Economie du théâtre étudie les différents statuts des artistes, techniciens, et des équipes permanentes. Comme le précédent atelier, il envisage la mutualisation du matériel ou un groupement d’employeurs d’un territoire pour assurer du travail aux artistes qui sont rémunérés en cachets et aux techniciens,  eux, rémunérés en heures… Alors que nombre d’entre eux font partie intégrante d’une création théâtrale. Le statut de l’intermittence est largement discuté : pour certains le C.D.I. rassure et ne peut nuire à la créativité mais pour d’autres,  c’est le contraire. Dans un théâtre comme celui des Îlets, l’emploi de quatre techniciens permanents équivaut à l’engagement de douze intermittents à long terme et huit ponctuels… Le problème de l’emploi vient aussi de la «festivalisation» généralisée du spectacle et des calendriers saisonniers. On observe des pics de production entre octobre et février car les subventions demandées en fin d’année sont notifiées de mars à juillet l’année suivante. Un élu dit, lui, que le vote des budgets obéit à cette temporalité…

Bien d’autres questions seront traitées pendant ces deux jours et une synthèse sera ensuite publiée. Rebattre les cartes semble difficile mais s’avère pourtant indispensable…

 Mireille Davidovici

Les 5 et 6 juillet, Théâtre de Îlets, Espace Boris Vian, 27 rue des Faucheroux, Montluçon (Allier).  T. : 04 70 03 86 18.

 * http://theatredublog.unblog.fr/2020/06/02/les-artistes-se-mobilisent-un-reseau-de-reflexion/

 

Une répétition d’Urgence par la compagnie H K C

Une répétition d’Urgence par  la compagnie H K C  au Théâtre national de la Danse de Chaillot

Après un long sommeil due à la crise sanitaire, ce grand théâtre est à nouveau en ordre de marche: réconfortant… Les metteurs en scène Anne Rehbinder, Antoine Colnot et le chorégraphe Amala Dianor entament leur huitième semaine de répétition d’Urgence dont l’une au studio Maurice Béjart à Chaillot.  Un projet de cinq jeunes de quartiers sensible en banlieue lyonnaise, issus du hip-hop et repérés par la Maison de la Danse.

Photo X

Crédit photo Anne Rehbinder

Cette création qui devait être présentée à la Biennale de la danse à Lyon cet automne, a été décalée. Ces jeunes gens de condition modeste, à l’étroit dans leur logement, ont dû entretenir leur condition physique par un entraînement en ligne et en faisant du yoga. Le principe même de leur spectacle fondé sur une interaction avec le public, est remis en cause : comment faire devant une salle clairsemée?

Aujourd’hui, ces artistes répètent dans des conditions habituelles et dansent individuellement pour chaque spectateur. Puis ils se retrouvent pour une valse collective rythmée sur une musique originale d’Olivier Slabiak.: «Le sourire est le premier signe de communication vers le spectateur, dit Antoine Colnot,  il ne suffit pas de le regarder, il faut être avec lui. » Un danseur chuchote son texte : «J’ai dansé pour vous, la danse a rempli mon corps. » Ce parcours d’émancipation culturelle passe par le texte et la danse à la fois. La suite des répétitions se fera à Saint-Brieuc, puis à Lyon, avec une première représentation à la Passerelle, scène nationale de Saint-Bieuc, le 6 octobre.
Prochainement, en partenariat avec le Théâtre National de la danse et Radio-France, le 14 juillet au soir au Champs de mars : le pas de deux du Parc d’Angelin Preljocaj où les danseurs s’enlacent? Transmission en direct sur France 2.

Jean Couturier

Du 7 au 10 janvier prochain, Théâtre national de la Danse de Chaillot, 1 place du Trocadéro, Paris (XVI ème).  T. : 01 53 65 31 00.

Théâtres documentaires. Des scènes pour la santé et la recherche historique

Théâtres documentaires.  Des scènes pour la santé et la recherche historique

 
Le marathon #aidelesmedecins (#pomogivratcham en russe) est un beau moment dans l’activité des théâtres russes pendant le confinement (voir Le Théâtre du Blog). Les témoignages des principaux acteurs de l’actuelle pandémie venus des hôpitaux, étaient repris par des acteurs parfois célèbres dans la Russie toute entière. Ils devenaient ainsi des porte-parole émouvants et suscitaient l’empathie ou le débat politique.

Des lectures filmées diffusées sur le site de chaque théâtre qui se passaient le relai l’un après l’autre et soir après soir, incitaient d’autres médecins ou membres du personnel soignant, à écrire à leur tour, anonymement ou sous leur nom, ce qui se passait ou ce qu’ils ressentaient. Toutes ces prises de parole, tous ces actes d’une grande saga tragique encore inachevée constituent des archives pour le futur,  ce « temps d’après » comme on dit. Ils sont déjà consultables sur les sites des théâtres. Un immense chœur d’acteurs unis se retrouve ainsi au service d’un peuple souffrant.

Ce grand documentaire en numérique, diffusé en direct,  est aussi destiné aussi à favoriser la récolte des fonds pour des hôpitaux qui manquent de tout. Au service de ceux qui se dévouent pour soulager les souffrances, soigner, et guérir,  mais aussi de ceux qui, peu confiants en la parole officielle, veulent être informés. Cela nous semble être un exemple digne d’être étudié et suivi. Donner la parole aux médecins, infirmières, témoins, parents des malades ou de morts à qui ils n’ont pu faire un dernier adieu, peut être un sujet brûlant pour les théâtres publics. Des médecins ont  été invités sur les plateaux  de télévision et  d’autres…s’y  sont invités. D’autres encore qui se disaient experts sans rien savoir du tout, y ont péroré.  

Le centre hospitalier se situe dans le village de Golokhvastovo, à 60 kilomètres au sud-ouest du centre de Moscou. AFP/Andrey Borodulin

Un centre hospitalier rapidement construit dans le village de Golokhvastovo, à 60 kilomètres au sud-ouest de Moscou. ©AFP/Andrey Borodulin

Ce n’est pas à ceux-là qu’il faut donner la parole sur la scène -elle n’est pas un plateau de télévision- mais aux  médecins qui ont écrit ou continuent de le faire. En notant ou reformulant ce qu’ils ont vu et vécu avec leurs patients. Les corps n’étaient pas les seuls touchés mais aussi les esprits, les âmes et les inconscients. Ecrire aide aussi à mieux traiter les patients du  lendemain. Un ami médecin auquel nous avions parlé du phénomène russe, a lu sur son ordinateur deux petits chapitres, magnifiques, qui parlent de situations que nous avons tous plus ou moins partagées et qui nous aident à réfléchir à ce qu’on a appelé une  guerre mais qui n’en est pas une. Les mémoires des hôpitaux et cabinets médicaux sont des sources vives pour nous aider à dépasser les traumatismes que nous avons tous vécus mais souvent de façon solitaire.

Un chercheur  en histoire vient de lancer un grand projet sur un autre thème brûlant aujourd’hui, l’esclavage. Il s’agit  de construire un nouveau récit de l’abolition de l’esclavage en Afrique du Nord. « Si la fin de l’esclavage et son abolition ont fait l’objet de nombreuses recherches, son histoire est si diverse et si complexe que nombre de ses dimensions n’ont pas encore été étudiées. » M’hamed Oualdi, historien du Maghreb au Centre d’histoire de Sciences Po, consacre un projet. Il vise notamment à en révéler les dimensions transnationales à travers l’examen des écrits d’esclaves au Maghreb. Ce projet novateur a été retenu et financé par le Conseil européen de la recherche ».(1)

N. Murad expliquant à Trump pourqu-ui elle a reçu le Prix Nobel Donald Trump écoute la nobel de la paix 2018, i  © Alex Brandon/  AP / SIPA

Nadia Murad expliquant à Trump visiblement peu au courant pourquoi elle a reçu le Prix Nobel de la Paix en 2018  © Alex Brandon/ AP / SIPA

Un épisode récent a convaincu ce chercheur  de la nécessité de partir de témoignages d’esclaves : il a assisté à celui de Nadia Murad, une femme yazidie, esclave sexuelle de l’État islamique en Irak, au Security Council Meeting en décembre 2015 (2).  Il va donc travailler sur des témoignages écrits de captifs dans le monde musulman depuis le XVIII ème siècle jusqu’à l’entre-deux guerres : «Pour un premier groupe d’esclaves, ceux venus du sud de l’Europe et se retrouvant au captivité au Maghreb, jusqu’au début du XIX ème siècle, les archives européennes débordent de pétitions et suppliques adressées par ces captifs en Europe à une autorité espagnole, italienne ou française pour obtenir leur libération. Parallèlement, des esclaves maghrébins parvenaient eux aussi à transmettre à leurs souverains et à leurs parents, des suppliques rédigées en langue arabe. »

Les publications relatives à ce projet seront bien sûr autant d’interventions scientifiques sur l’histoire de la Méditerranée, du Maghreb, de l’esclavage et de son abolition. Mais dit M’hamed Oualdi « Nous espérons aussi qu’à terme, des hommes et femmes de théâtre se saisiront des voix d’esclaves que nous aurons mises au jour, pour les ranimer et les faire revivre sur les planches en diverses langues. » Et il a envisagé dès le début de ses recherches,  que la plateau théâtral soit comme un écho incarné de ses recherches scientifiques. La scène documentaire se faisant souvent l’écho des voix oubliées (3). Il demande lui-même l’aide, la collaboration des  metteurs en scène de théâtre.

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Au festival d’Aix-en-Provence 2008, Peter Sellars avait monté, en mettant l’accent sur la question de l’esclavage,  Zaïde, un opéra inachevé de Mozart. Et il avait aussi organisé parallèlement un colloque de deux jours: Pour en finir avec l’esclavage … Dont l’histoire ne se limite pas en effet à la colonisation européenne ou à la traite des noirs vers l‘Amérique, mais elle est beaucoup plus longue, complexe, et toujours pas terminée… Ce qui apparaissait avec brutalité dans ce colloque avec des témoignages de victimes d’esclavage sous une forme actuelle et qui avaient été recueillis par l’association marseillaise Esclavage Tolérance Zéro. Opéra et projet documentaire étaient associés  sur scène et en dehors de la scène, dans un acte d’une radicalité très peu vue à Aix-en-Provence. Peter Sellars affirmait alors, lors d’un entretien où il s’expliquait sur ses choix : «La culture n’est pas une distraction. Elle aide à affronter nos gouffres comme nos petites lâchetés. Elle cicatrise le tissu blessé, celui de l’individu comme celui d’une société tout entière ».  
Cette phrase toute simple, où art et recherche définissent la culture, incite à approfondir ces chemins dans une époque inédite où la maladie rôde, où les blessures saignent partout et où tous les repères semblent disparaître.

Béatrice Picon-Vallin

[1]  Voir Cogito le magazine de la recherche , 15 juin 2020 https://www.sciencespo.fr/research/cogito/home/la-longue-fin-de-lesclavage-au-maghreb/?fbclid=IwAR2kQrT9U5-bvSdApGXdSjuWeryzWfW2dM7fFcIb_JDIhPAyU4geSHMhw0o

[2] Elle a  par la suite obtenu le prix Nobel de la paix.

[3] Voir Les Théâtres documentaires, deuxième époque (2019).

Que voir maintenant et ensuite cet été? (suite)

Que voir maintenant et ensuite cet été? (suite)

A Paris

 

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Chaillot-Théâtre national de la Danse s’associe au Concert de Paris pour fêter demain mardi 14 juillet les cent ans du Théâtre National populaire fondé par l’acteur et metteur en scène Firmin Gémier.

Invité le Ballet qu’Angelin Preljocaj avait créé à l’Opéra de Paris en 2012. Avec un extrait du Parc qui sera dansé par Jordan Kindell et Verity Jacobsen sur la musique du Concerto n°23 de Mozart, interprété par la pianiste Khatia Buniatishvili et l’Orchestre national de France.

En direct sur France 2 et France Inter mardi 14 juillet, à 21h 15

Et un Bal masqué au Cent-Quatre…

Avec le  DJ Emile Omar, le dimanche 19 juillet à partir de 15 h.

Cet ancien programmateur de Radio Nova, offrira un  » élixir aux saveurs caribéennes francophones d’hier à aujourd’hui, avec quelques épices d’Afrique et d’Amérique latine ».

Accès libre mais masque obligatoire.

 

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Le Cent Quatre, 5 rue Curial,  Paris (XIX ème).  Métro Riquet. Ouverture du mardi au  vendredi de 12h à  19 h et le week-end de 11 h à 19 h; fermeture le lundi. Vente en ligne et billetterie : T.  01 53 35 50 00

 

 

 

Les Tréteaux de France du 18 juillet au 30 août, sur les îles de loisirs du Port aux cerises de Cergy-Pontoise et de Saint-Quentin-en-Yvelines…

Britannicus, la célèbre pièce de Jean Racine dont Roland Barthes disait: « Néron est l’homme de l’alternative ; deux voies s’ouvrent devant lui : se faire aimer ou se faire craindre, le Bien ou le Mal. […] Dans Néron, le Mal va se fixer. Et plus encore que sa direction, c’est ce virement même qui est ici important : Britannicus est la représentation d’un acte, non d’un effet. L’accent est mis sur un faire véritable : Néron se fait, Britannicus est une naissance. Sans doute c’est la naissance d’un monstre ; mais ce monstre va vivre et c’est peut-être pour vivre qu’il se fait monstre. » Une création de Robin Renucci dans une scénographie quadri-frontale.

Faire forêt, Variations Bartleby de Simon Grangeat, mise en scène de Solenn Goix.

 Bartleby, un copiste consciencieux, travaille dans le cabinet d’un juriste de Wall Street. Un jour son patron l’appelle pour examiner un document mais le scribe répond à la surprise générale : « Je préfèrerais ne pas ». Le personnage créé par Melville est devenu un symbole de la résistance passive, à travers sa formule devenue célèbre. Ne pas faire ce que l’on me demande, ne pas être celui qu’on attend, ne pas faire partie du système ? « Cet « effet Bartleby » m’intéresse dit Solenn Goix et  plutôt que de faire une énième adaptation de la nouvelle, j’ai proposé à Simon Grangeat dont l’écriture est éminemment politique, d’explorer le lien entre un employé d’un « bullshit job » – un terme de l’anthropologue américain David Graeber – et un Zadiste, ou comment un rond-point occupé devient une forêt où on peut enfin construire sa cabane… »


©j Jm Lobbé

Frissons ©j Jm Lobbé


Deux spectacles jeune public: 
Venavide Rodrigue Norman, mise en scène d’Olivier Letellier.

Frissons, conception de Magali Mougel et Johanny Bert, mise en scène de Johanny Bert.

Retour de Bal d’après La Peur des coups de Georges Courteline, mise en scène Gérard Chabanier.

Le Premier Homme d‘Albert Camus, un texte qu’on avait retrouvé dans le coffre de sa voiture après l’accident qui lui avait coûté la vie il y a soixante ans. Lu aussi récemment par Charles Berling, ici  dans une conception de Bertrand Cervera et Robin Renucci.

Et des ateliers gratuits animés par les comédiens des Tréteaux de France; ils s’adressent à toute personne voulant partager une pratique exigeante, constituante de lien social et de vitalité. Aucune connaissance spécifique  requise. Pour seul ou en groupe, découvrir le plaisir des mots, des gestes…

 

Le Théâtre du Peuple à Bussang

Suite à l’annulation de la saison d’été, Simon Délétang, son directeur n’a pas voulu faire à sa place un « mini Bussang ».  Au lieu de huit cent spectateurs par séance dans la grande salle, il y en aura cinquante maximum et en extérieur. Pour la première fois dans l’histoire de ce théâtre, le public sera placé du côté forêt,  face aux portes ouvertes. Ce dispositif scénographique -peu de lieux en disposent- est une forte idée de son créateur Maurice Pottecher qui créa le Théâtre du Peuple en 1895 : il ouvrira, au début du XX ème siècle, le fond de scène avec deux grandes portes coulissantes afin «d’assainir l’art au contact de la nature… Simon Delétang l’utilisera « à l’envers » et cela rappellera au public la situation exceptionnelle que nous vivons actuellement, puisqu’il verra derrière le groupe Fergussen…des centaines de sièges vides.

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«Nous défendons principalement le théâtre de texte, dit Simon Délétang, mais cet été nous allons croiser les disciplines en proposant une rencontre entre un texte et un univers musical électro-rock.

 Et nous avons demandé au groupe Fergessen installé dans les hauteurs de Saint-Dié (Vosges) de venir à Busssang. Avec un seul technicien pour les accompagner. Nous aimons les décors, effets et  costumes mais cette fois, il y aura juste des micros et des synthétiseurs, peut-être un tapis…. «   (…)  « J’ai repensé à la notion de consolation. Face aux mesures sanitaires drastiques imposées au milieu culturel et à l’impossibilité de présenter le programme ambitieux dont nous rêvions depuis deux ans, nous avons eu envie de réagir et d’apporter à notre manière, une consolation sous la forme de petit spectacle en fin d’été.

Et j’ai tout de suite imaginé quelque chose à partir d’un texte court et définitif de Stig Dagerman que j’ai lu, il y a plus de vingt ans.  Et d’une beauté philosophique sidérante : un hymne à la vie et à la liberté. J’ai rencontré Michaela et David du groupe Fergessen en arrivant dans les Vosges, en 2016  dans une émission de télé locale et leur univers m’a tout de suite touché. Leur douce mélancolie teintée de rock, de voix sublimes s’unissant à la perfection et leur capacité à proposer des univers très différents aux rythmes électro-rock.

 Je leur ai donc proposé de créer cette forme avec moi » (…). « Je dirai le texte au micro mais soutenu par leur création musicale, face au public et à cette forêt mythique. C’est une ode à la liberté, au libre arbitre, à la prise de conscience qu’être soi peut être déjà une force considérable. Et selon Heiner Müller : « Ce dont on ne peut pas parler,  il faut le chanter ».

Théâtre du Peuple, 40 Rue du Théâtre du Peuple, Bussang (Vosges). T. : 03 29 61 50 48.


Instable par Les Hommes penchés

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C’est un solo où Nicolas Fraiseau est aux prises avec un mât instable, relié à deux câbles, qui est toujours en équilibre instable. penche. L’équipe n’a cessé de travailler pour reprendre au plus vite l’échange capital avec le public. Elle  se remet en route avec le mât, les pneus et les planches d’Instable. » Nous avons tous pu estimer intimement combien nous sommes farouchement attachés à nos libertés fondamentales et sommes impatients de retrouver un public. Instable se jouera en juillet et août en Ile-de-France puis à l’automne en France, à travers l’Europe et le Canada.

En partenariat avec le Festival Paris l’été, le samedi 25 juillet, en extérieur, au Square du Théâtre du Garde-Chasse, Les Lilas (Hauts-de-Seine).
Festival Paris l’été, dimanche 2 août à 17 h, en extérieur au Lycée Jacques Decour, Paris XVII ème) e
t le dimanche 9 août, dans le parc du Domaine départemental, 38 rue du commandant Arnoux, Chamarande (Essonne). T. : 01 60 82 52 01.


Les Tempos d’été du Métronum à Toulouse

 

Claudia et Sylvain de Supamoon © Radio France - Sébastien Giraud

Claudia et Sylvain de Supamoon © Radio France – Sébastien Giraud

 

Le 8 juillet, Ouverture avec Supamoon, un concert en transat (RnB alternatif/Pop)

Le 16 juillet: Ciné sous les étoiles: Sherlock Junior de Buster Keaton  États-Unis, 1924, Comédie, 43 min, un film muet en ciné-concert avec Arthur Guyard au piano et Rémy Gouffault à la batterie 
Le 18 juillet Supamoon – Concert en Transa (RnB alternatif/Pop)
Le 23 juillet, Ciné sous les étoiles: Sugar Man, un documentaire ( 2012)  1h 25  de Malik Bendjelloul.
Le 25 juillet, Concert en Transat avec Moonlight Benjamin. 
Le 30 juillet, Ciné sous les étoiles : Les Chats Persans de Bahman Ghobadi, film iranien (2009 )  en v.o sous titrée en français.

Les 24 et 31 juillet à 15h, La Fabrique de la musique avec des conférences participatives,  en partenariat avec la Bibliothèque de Toulouse : Les chansons des Beatles.

Le Métronum, scène des musiques actuelles, 2 Rond-Point Madame de Mondeville, Toulouse. 
Philippe du Vignal

 

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