Traverse ! / Festival itinérant des arts de la parole

Traverse !  / Festival itinérant des arts de la parole

traverse 1

© Michel Hartmann

 Le Haut-Val de Sèvre, une vingtaine de communes regroupée en communauté autour de Saint-Mexent-l’École, accueille et finance un festival consacré à l’art du conteur et du récit  Il nous emmène par les villages et bocages, au gré des invitations des communes. Reporté de juin à la fin août, et autorisé in extremis par la Préfecture, à condition de respecter les règles sanitaires, Traverse ! devient cette année itinérant et à ciel ouvert, sur des sites herbeux à l’ombre d’immenses arbres.

Une soixantaine de bénévoles assurent montages et démontages des dispositifs scéniques avec les techniciens. Certains hébergent artistes et invités, d’autres organisent une cantine ambulante, où l’on peut déguster les foués, petits pains cuits au four qui, dans la tradition de la boulange poitevine, étaient des boulettes de pâte jetées au four pour vérifier la bonne température de cuisson (des cousins de la fouace et de la fougasse).

 Deuxième édition de ce festival, hérité de Contes en chemin créé il y a une vingtaine d’années. Rebaptisé et revisité par Nicolas Bonneau, déjà implanté sur le territoire avec sa compagnie La Volige, il lui ressemble. Nous avions vu l’an dernier à Paris Qui va garder les enfants, et Une vie Politique/ conversation entre Noël Mamère et Nicolas Bonneau. Mais aussi  Sorties d’usine, son premier succès, inspiré par la vie de sa famille…

Il construit ses spectacles à partir de collectes de témoignages sur un thème donné. Pour Fondu de fonderie, il a passé un an à interroger d’anciens ouvriers, et pour Village toxique il a rencontré ceux  qui luttèrent victorieusement dans les années quatre- vingt contre l’enfouissement des déchets nucléaires en Gâtine (Deux-Sèvres). Souvent seul en scène, accompagné de musiciens dont Fanny Chériaux codirectrice de la compagnie La Volige. Une remarquable chanteuse et accordéoniste qui ponctue le festival de ses rythmes et sa voix d’une tessiture étonnante.

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Nicolas Bonneau et Fanny Chériaux © Michel Hartmann

 Des techniques traditionnelles du conteur, Nicolas Bonneau garde l’adresse directe au public, la prise de parole en son nom propre mais il théâtralise sa performance en peaufinant ses textes, la mise en scène et la scénographie, pour construire un théâtre-récit documentaire. « Je suis dedans, ça me permet de jouer sur le fil du réel et dire : ”je suis dedans!“ , dit-il. Et il  a une manière bien à lui de mélanger réel, fiction et poétique.

 Le jeune homme est un enfant du pays, natif de La Crèche (Haut-Val de Sèvre). Après des études à Poitiers, il découvre sa vocation au Québec où, se frottant aux Scènes ouvertes de contes dans les bars de Montréal, il fait ses premières armes. En France, nous dit-il, la tradition du conteur de veillée s’est éteinte à la guerre de 14-18, mais dans la Belle Province, elle perdure dans les camps de bûcherons, les cafés de village et jusque dans les villes : un art vivace et en évolution comme en témoigne le Festival interculturel du conte de Montréal.

Tout au long de l’année, La Volige mène des projets ”de territoire“ avec des ”conférences citoyennes“,  par exemple autour d’une laiterie menacée de fermeture. Elle trouve dans les villages, des bars fermés qu’elle ouvre pendant une semaine avec des soirées conte, philo, vinyles ou œnologie… Ces établissements reprennent parfois une activité permanente après cette expérience. Outre ses spectacles en tournée, dont bientôt Mes ancêtres les Gaulois* créé juste avant le confinement, Nicolas Bonneau prépare une adaptation du Comte de Monte-Cristo : « Parce que  j’ai besoin d’histoire, d’un récit populaire. » Il envisage aussi de se lancer dans la politique : « Toucher des gens qui n’ont pas accès à l’art et faire de la politique, c’est la même chose. »

lecture KF

KF association en lecture chez Françoise © Mireille Davidovici

 En attendant, Traverse ! fixe trois rendez-vous par jour : à midi chez l’habitant, les artistes nous proposent un aperçu de leur spectacle du soir. Camille Kerdellant  et Rozenne Fournier de la compagnie bretonne KF Association nous ont donné un avant- goût de Ma famille sous un noyer géant, dans le jardin de Françoise qui vit dans un ancien moulin. Elles ont lu un pamphlet, étonnamment moderne, de Jonathan Swift (1667-1745)  : Modeste Proposition, où l’auteur irlandais explique que la vente et la consommation des nourrissons seraient un remède « pour  empêcher les enfants des pauvres d’être à la charge de leurs parents ou de l’État ». Une nouvelle de Dino Buzatti, La chasse aux vieux, où les jeunes éradiquent leurs aînés, vient compléter ce tableau réjouissant d’une société qui traite les humains comme de la marchandise… Ce que décrit l’auteur uruguayen dans sa pièce (voir ci-dessous )

 Le lendemain, à la même heure, après un tour du vaste domaine de Marie-Claire et Christian, Nicolas Bonneau nous lit des textes de sa bibliothèque qui alimentent ses créations. Devant un bosquet de bambous, il nous dévoile un brûlot percutant de Fred Vargas qui sied à cet environnement préservé par ce couple, avec un potager en perma-culture. La romancière fustige bille en tête la folie destructrice des humains : « Nous y voilà, nous y sommes, dans le mur !   » « Nous y sommes, à la troisième révolution. On ne l’a pas choisie, c’est la Mère-Nature qui l’a décidée (…)  épuisée, exsangue … » Au bord d’un étang tapissés de nénuphars en fleurs, il nous conte des histoires de sorcellerie empruntées à Claude Seignolle (1917-2018) et nous explique son travail d’auteur et comédien : « Raconter l’histoire de tous ces gens ordinaires dont on ne raconte jamais l’histoire, parce qu’ils ne sont pas des héros. »

 A 19 heures, apéros-cabarets avec courtes performances. On a pu ainsi entendre la conteuse poitevine Michèle Bouhet qui a recueilli les mots des habitants au sud de la Vienne : leur quotidien, leurs souvenirs et expériences. Eux qui, soi-disant n’avaient “rien à dire”, nous ouvrent un mille-feuilles d’observations, anecdotes, paroles vivantes «  Ce rien, je sais qu’il est plein », dit la conteuse. On n’est pas sans penser aux « gens qui ne sont rien» et qu’on rencontre dans les gares, évoqués par Emmanuel Macron ! De ces rencontres, est né un livre Paroles de villages de Nouvelle-Aquitaine**, qui rassemble aussi la collecte de trois autres artistes sur ce territoire. Une mine de langues plurielles (certains textes sont en basque, d’autres en parler du Poitou) où l’on entend la vie bruisser… La lecture de quelques extraits par Michèle Bouhet et Jean-Jacques Epron, initiateur de cette publication, nous aura permis de mesurer que les gens ont toujours quelque chose à confier.

 A la nuit venue, place aux spectacles grand format. Au lavoir des Genets de Saint-Martin de Saint-Mexent, soigneusement restauré, Amélie Amao nous vient des Vosges avec des histoires… de lavoir. Dans le clapotis de l’eau, sous la lumière de faibles projecteurs, on imagine les lavandières qui, jusque dans les années cinquante, accroupies, battaient et essoraient le linge… Les grandes lessives bi-annuelles et celles de chaque semaine. La conteuse a collecté des témoignages dans les villages de sa région, qu’elle mêle à des légendes engendrées par ces lieux aquatiques et féminins  : s’y  croisent fées, sorciers, monstres  … On se met à rêver au clair de lune.

 Ma famille de Carlos Liscano, traduit de l’espagnol (Uruguay) par Françoise Thanase, mise en scène de la compagnie KF, offre une autre facette. On est ici à la lisière du théâtre : la pièce alterne récit et dialogue. Camille Kerdellant et Rozenn Fournier ont fait de cette comédie grinçante, un conte cruel en poussant à bout la caricature. Dans Ma Famille, on vend les enfants et les vieux pour échapper à la misère. Un commerce de dupes où quelquefois, par amour, on rachète ses rejetons… Le récit à la première personne que se partagent les deux actrices est sorti d’un vieux grimoire dont elles tournent les pages. Comme si cette histoire venait des temps anciens. Afin de créer plus de distance, grimées en créatures asexuées, elles adoptent un jeu marionnettique pour camper père, mère, frères et sœurs, acheteurs et vendeurs d’enfants… une dizaine de personnages.  Le propos terrifiant de Carlos Liscano prend alors une teneur universelle et la farce a bientôt fait de nous glacer. Mieux vaut en rire et c’est la grande intelligence de cette proposition. KF prépare un spectacle sur les petits arrangements des femmes pour s’en sortir, tiré de documents et témoignages. On a hâte de le découvrir…

 Mireille Davidovici

 Du 24 au 29 août 2020 à Saint-Martin de Saint-Mexent, Augé, La Crèche, Exirueil…

 *Mes ancêtres les Gaulois du 8 au 10 octobre MAIF social-club Paris (IV ème).

 ** Paroles de villages de Nouvelle-Aquitaine par l’Union des Foyers Ruraux de Poitou-Charente, édition La geste

 Ma Famille éditions Théâtrales-Jeunesse.

 

 


Archive pour 29 août, 2020

Traverse ! / Festival itinérant des arts de la parole

Traverse !  / Festival itinérant des arts de la parole

traverse 1

© Michel Hartmann

 Le Haut-Val de Sèvre, une vingtaine de communes regroupée en communauté autour de Saint-Mexent-l’École, accueille et finance un festival consacré à l’art du conteur et du récit  Il nous emmène par les villages et bocages, au gré des invitations des communes. Reporté de juin à la fin août, et autorisé in extremis par la Préfecture, à condition de respecter les règles sanitaires, Traverse ! devient cette année itinérant et à ciel ouvert, sur des sites herbeux à l’ombre d’immenses arbres.

Une soixantaine de bénévoles assurent montages et démontages des dispositifs scéniques avec les techniciens. Certains hébergent artistes et invités, d’autres organisent une cantine ambulante, où l’on peut déguster les foués, petits pains cuits au four qui, dans la tradition de la boulange poitevine, étaient des boulettes de pâte jetées au four pour vérifier la bonne température de cuisson (des cousins de la fouace et de la fougasse).

 Deuxième édition de ce festival, hérité de Contes en chemin créé il y a une vingtaine d’années. Rebaptisé et revisité par Nicolas Bonneau, déjà implanté sur le territoire avec sa compagnie La Volige, il lui ressemble. Nous avions vu l’an dernier à Paris Qui va garder les enfants, et Une vie Politique/ conversation entre Noël Mamère et Nicolas Bonneau. Mais aussi  Sorties d’usine, son premier succès, inspiré par la vie de sa famille…

Il construit ses spectacles à partir de collectes de témoignages sur un thème donné. Pour Fondu de fonderie, il a passé un an à interroger d’anciens ouvriers, et pour Village toxique il a rencontré ceux  qui luttèrent victorieusement dans les années quatre- vingt contre l’enfouissement des déchets nucléaires en Gâtine (Deux-Sèvres). Souvent seul en scène, accompagné de musiciens dont Fanny Chériaux codirectrice de la compagnie La Volige. Une remarquable chanteuse et accordéoniste qui ponctue le festival de ses rythmes et sa voix d’une tessiture étonnante.

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Nicolas Bonneau et Fanny Chériaux © Michel Hartmann

 Des techniques traditionnelles du conteur, Nicolas Bonneau garde l’adresse directe au public, la prise de parole en son nom propre mais il théâtralise sa performance en peaufinant ses textes, la mise en scène et la scénographie, pour construire un théâtre-récit documentaire. « Je suis dedans, ça me permet de jouer sur le fil du réel et dire : ”je suis dedans!“ , dit-il. Et il  a une manière bien à lui de mélanger réel, fiction et poétique.

 Le jeune homme est un enfant du pays, natif de La Crèche (Haut-Val de Sèvre). Après des études à Poitiers, il découvre sa vocation au Québec où, se frottant aux Scènes ouvertes de contes dans les bars de Montréal, il fait ses premières armes. En France, nous dit-il, la tradition du conteur de veillée s’est éteinte à la guerre de 14-18, mais dans la Belle Province, elle perdure dans les camps de bûcherons, les cafés de village et jusque dans les villes : un art vivace et en évolution comme en témoigne le Festival interculturel du conte de Montréal.

Tout au long de l’année, La Volige mène des projets ”de territoire“ avec des ”conférences citoyennes“,  par exemple autour d’une laiterie menacée de fermeture. Elle trouve dans les villages, des bars fermés qu’elle ouvre pendant une semaine avec des soirées conte, philo, vinyles ou œnologie… Ces établissements reprennent parfois une activité permanente après cette expérience. Outre ses spectacles en tournée, dont bientôt Mes ancêtres les Gaulois* créé juste avant le confinement, Nicolas Bonneau prépare une adaptation du Comte de Monte-Cristo : « Parce que  j’ai besoin d’histoire, d’un récit populaire. » Il envisage aussi de se lancer dans la politique : « Toucher des gens qui n’ont pas accès à l’art et faire de la politique, c’est la même chose. »

lecture KF

KF association en lecture chez Françoise © Mireille Davidovici

 En attendant, Traverse ! fixe trois rendez-vous par jour : à midi chez l’habitant, les artistes nous proposent un aperçu de leur spectacle du soir. Camille Kerdellant  et Rozenne Fournier de la compagnie bretonne KF Association nous ont donné un avant- goût de Ma famille sous un noyer géant, dans le jardin de Françoise qui vit dans un ancien moulin. Elles ont lu un pamphlet, étonnamment moderne, de Jonathan Swift (1667-1745)  : Modeste Proposition, où l’auteur irlandais explique que la vente et la consommation des nourrissons seraient un remède « pour  empêcher les enfants des pauvres d’être à la charge de leurs parents ou de l’État ». Une nouvelle de Dino Buzatti, La chasse aux vieux, où les jeunes éradiquent leurs aînés, vient compléter ce tableau réjouissant d’une société qui traite les humains comme de la marchandise… Ce que décrit l’auteur uruguayen dans sa pièce (voir ci-dessous )

 Le lendemain, à la même heure, après un tour du vaste domaine de Marie-Claire et Christian, Nicolas Bonneau nous lit des textes de sa bibliothèque qui alimentent ses créations. Devant un bosquet de bambous, il nous dévoile un brûlot percutant de Fred Vargas qui sied à cet environnement préservé par ce couple, avec un potager en perma-culture. La romancière fustige bille en tête la folie destructrice des humains : « Nous y voilà, nous y sommes, dans le mur !   » « Nous y sommes, à la troisième révolution. On ne l’a pas choisie, c’est la Mère-Nature qui l’a décidée (…)  épuisée, exsangue … » Au bord d’un étang tapissés de nénuphars en fleurs, il nous conte des histoires de sorcellerie empruntées à Claude Seignolle (1917-2018) et nous explique son travail d’auteur et comédien : « Raconter l’histoire de tous ces gens ordinaires dont on ne raconte jamais l’histoire, parce qu’ils ne sont pas des héros. »

 A 19 heures, apéros-cabarets avec courtes performances. On a pu ainsi entendre la conteuse poitevine Michèle Bouhet qui a recueilli les mots des habitants au sud de la Vienne : leur quotidien, leurs souvenirs et expériences. Eux qui, soi-disant n’avaient “rien à dire”, nous ouvrent un mille-feuilles d’observations, anecdotes, paroles vivantes «  Ce rien, je sais qu’il est plein », dit la conteuse. On n’est pas sans penser aux « gens qui ne sont rien» et qu’on rencontre dans les gares, évoqués par Emmanuel Macron ! De ces rencontres, est né un livre Paroles de villages de Nouvelle-Aquitaine**, qui rassemble aussi la collecte de trois autres artistes sur ce territoire. Une mine de langues plurielles (certains textes sont en basque, d’autres en parler du Poitou) où l’on entend la vie bruisser… La lecture de quelques extraits par Michèle Bouhet et Jean-Jacques Epron, initiateur de cette publication, nous aura permis de mesurer que les gens ont toujours quelque chose à confier.

 A la nuit venue, place aux spectacles grand format. Au lavoir des Genets de Saint-Martin de Saint-Mexent, soigneusement restauré, Amélie Amao nous vient des Vosges avec des histoires… de lavoir. Dans le clapotis de l’eau, sous la lumière de faibles projecteurs, on imagine les lavandières qui, jusque dans les années cinquante, accroupies, battaient et essoraient le linge… Les grandes lessives bi-annuelles et celles de chaque semaine. La conteuse a collecté des témoignages dans les villages de sa région, qu’elle mêle à des légendes engendrées par ces lieux aquatiques et féminins  : s’y  croisent fées, sorciers, monstres  … On se met à rêver au clair de lune.

 Ma famille de Carlos Liscano, traduit de l’espagnol (Uruguay) par Françoise Thanase, mise en scène de la compagnie KF, offre une autre facette. On est ici à la lisière du théâtre : la pièce alterne récit et dialogue. Camille Kerdellant et Rozenn Fournier ont fait de cette comédie grinçante, un conte cruel en poussant à bout la caricature. Dans Ma Famille, on vend les enfants et les vieux pour échapper à la misère. Un commerce de dupes où quelquefois, par amour, on rachète ses rejetons… Le récit à la première personne que se partagent les deux actrices est sorti d’un vieux grimoire dont elles tournent les pages. Comme si cette histoire venait des temps anciens. Afin de créer plus de distance, grimées en créatures asexuées, elles adoptent un jeu marionnettique pour camper père, mère, frères et sœurs, acheteurs et vendeurs d’enfants… une dizaine de personnages.  Le propos terrifiant de Carlos Liscano prend alors une teneur universelle et la farce a bientôt fait de nous glacer. Mieux vaut en rire et c’est la grande intelligence de cette proposition. KF prépare un spectacle sur les petits arrangements des femmes pour s’en sortir, tiré de documents et témoignages. On a hâte de le découvrir…

 Mireille Davidovici

 Du 24 au 29 août 2020 à Saint-Martin de Saint-Mexent, Augé, La Crèche, Exirueil…

 *Mes ancêtres les Gaulois du 8 au 10 octobre MAIF social-club Paris (IV ème).

 ** Paroles de villages de Nouvelle-Aquitaine par l’Union des Foyers Ruraux de Poitou-Charente, édition La geste

 Ma Famille éditions Théâtrales-Jeunesse.

 

 

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