L’Homme qui dormait sous mon lit, texte et mise en scène de Pierre Notte

L’Homme qui dormait sous mon lit, texte et mise en scène de Pierre Notte

IMG_4740

Clyde Yeguete, Muriel Gaudin et Pierre Notte © M. Davidovici

 Initialement programmé au Théâtre des Halles à Avignon en juillet, le spectacle est joué quelques jours à Paris, en extérieur dans le cadre d’Un Eté particulier. «C’est l’une de mes premières farces politiques, dit Pierre Notte, et je suis allé dans la noirceur. » Il s’empare d’une question bien réelle : comment accueillir des réfugiés? Il imagine une société où un bon migrant serait un migrant mort et esquisse un présent (prochain ?) où une indemnité serait allouée aux personnes qui hébergeraient un demandeur d’asile avec une prime accordée au cas oùil se suiciderait…

Une jeune femme (Muriel Gaudin) héberge un homme (Clyde Yeguete) dans son minuscule appartement. Une seule chaise et un lit pour deux… Dans cette promiscuité, les relations se tendent.Elle ne supporte plus la situation, même si son hôte vit sous son lit. Une médiatrice, comédienne de son état (Silvie Laguna), intervient pour calmer le jeu, espérant partager la prime générée par la  défenestration de l’intrus. Ces femmes sans scrupules et âpres au gain ne font pas dans le sentiment puisque le dispositif d’accueil est «constitutionnel». Lui, sans parvenir à trouver sa légitimité dans cette société, ne peut se résoudre à mettre fin à ses jours et se défend comme il peut : en corrigeant les impropriétés de langage de l’hôtesse, ou… en pissant sur les pensées qu’elle cultive sur son balconnet. Son instinct de survie aura raison de l’acharnement des deux harpies.

 Côté texte et mise en scène, Pierre Notte pousse les situations jusqu’à l’absurde et, prenant le parti du burlesque, évite réalisme et posture moralisatrice. Les répliques fusent et, en plein air, avec une chaise pour tout accessoire et sans autre appui de jeu que des pauses musicales, ils maintiennent la tension du début à la fin. Et quand la pluie vient interrompre la représentation à quelques minutes du dénouement, le public court aux abris, en attendant une reprise des hostilités entre les personnages.

 Après l’averse, chacun regagne sa place. Et, surprise, la pièce finit bien avec une valse de réconciliation. «Deux individus condamnés à vivre ensemble doivent comprendre qu’il est plus simple de bâtir ensemble, dit Pierre Notte. »  L’auteur fait un pied de nez à la réalité et choisit l’optimisme : « On est aussi là pour ça, rêver un peu, après avoir ri tant bien que mal du désastre. » Sera-t-il entendu ? Cette comédie cruelle n’est légère qu’en apparence: elle  met le doigt sur un problème d’une criante actualité…

 Mireille Davidovici

 Spectacle vu le 30 août, dans la cour de l’Institut Suédois 11 rue Payenne, Paris (III ème)

Du 2 au 6 septembre, square Saint-Lambert Paris (XV ème)  à 16 h et 19 h. Entrée libre. Un Eté particulier continue jusqu’au 15 septembre : www.quefaire.paris.fr

 

 


Autres articles

Répondre

DAROU L ISLAM |
ENSEMBLE ET DROIT |
Faut-il considérer internet... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Le blogue a Voliere
| Cévennes : Chantiers 2013
| Centenaire de l'Ecole Privé...