Entretien avec Carisa Hendrix, profession: magiciennne

Carisa Hendrix portraitEntretien avec Carisa Hendrix, profession: magicienne

Elle a été souvent remarqué pour sa percée fulgurante dans un domaine qui a toujours été dominé par les hommes. Cette magicienne canadienne a été participé plusieurs fois au Melbourne Magic Festival et a été nommée artiste en résidence au Chicago Magic Lounge pour 2019. Artiste régulière au Magic Castle à Hollywood,  elle y joue Lucy Darling, le personnage d’un magicien à la langue acérée qu’elle a imaginé. Il y a huit ans, elle a établi le record Guiness du monde pour avoir tenu le plus longtemps possible une torche enflammée dans sa bouche. Et en  2017, Carisa Hendrix a remporté le Melbourne International Comedy Festival Award et l’an passé, le Canadian Rising Star Award. Elle vient d’être nommée à Los Angeles, »Magicienne de l’année »: l’équivalent des Oscars pour cette discipline artistique.

 -Comment êtes-vous entrée dans la magie ?

-En 1993, ma famille déménage à Calgary (1.400.000 habitants), une ville pétrolière du Canada près des Montagnes Rocheuses.. Je vois alors pour la première fois une émission télévisée consacrée à la magie et je deviens immédiatement accro. Cette émission devient vite un rendez-vous familial et, à chaque pause publicitaire, mon père me demandait : «Comment ont-ils fait ça ? » J’avançais une théorie extravagante et il répondait toujours : « Oui, je pense que tu as raison ».

-Quand avez-vous franchi le premier pas et comment avez-vous appris la magie ?

A sept ans, je commençais déjà à faire des tours pour mes camarades à l’école. Petit souci:  je n’avais jamais lu un livre de prestidigitation, jamais appris un seul tour ou même une seule once de manipulation. Et j’inventais donc par moi-même les pires choses du monde… Mais cela faisait son effet ! En 2003 donc dix ans plus tard, après du bénévolat dans des organisations à but non lucratif, j’ai participé à un petit programme Art of Youth. Là, avec des adolescents défavorisés, j’ai eu l’opportunité d’étudier le théâtre, la danse et les arts visuels, tout en participant à des spectacles de compagnies théâtrales, entre autres The green Fools et The one yellow Rabbit.

Pendant une collecte de fonds pour une émission de variétés, j’ai découvert mon premier artiste d’attractions et j’ai été époustouflée. Un homme avec des nageoires à la place des bras: l’un des derniers bébés « thalidomides » nés au Royaume-Uni ! J’ai trouvé son spectacle incroyable et intrigant. Il était très drôle et plutôt mignon. Il avait un accent et il aimait mes chaussures à semelles compensées en cuir! Tout en regardant le numéro, un enfant, debout derrière moi, m’a demandé: «Comment pensez-vous qu’il fait ça? » Je lui ai répondu : « Avec un morceau de ruban adhésif et du fil. »  Mais, dans ce cas précis, j’avais tort…

Après cette expérience, j’ai commencé à étudier de manière obsessionnelle les « attractions », le cirque et la magie, surtout avec des livres empruntés à la bibliothèque et avec les informations -limitées- alors disponibles sur Internet. Avez-vous déjà appris à jongler en lisant un livre ? Je ne le recommande à personne! Puis j’ai pris des cours, reçu un enseignement personnel et les choses ont alors commencé à décoller.

-Qui vous a aidé ?

-Bonne question: l’année suivante, mes jeunes parents m’ont expulsé de la maison ! Mon comportement d’adolescente impertinente, c’était trop pour eux… J’ai alors  trouvé un moyen de subvenir à mes besoins pendant mes deux dernières années de lycée. Pourquoi ne pas utiliser mes nouvelles compétences pour aider à payer mon loyer ? Mais je ne savais pas trop comment m’y prendre et j’ai trouvé un travail dans une pharmacie où je commençais tôt le matin, avant d’aller au lycée, à ranger des médicaments. Le soir, je bossais dans un bar à jus de fruits. Je dormais quatre heures par nuit ! Cette période compliquée m’a rendue triste…
Marsha Meidow, ma mentor et amie, m’a alors proposé un long contrat au moment d’Halloween pour travailler dans une attraction de maison hantée. Pour quatre à cinq interventions de quinze minutes par nuit pendant vingt-trois jours consécutifs, à cinquante dollars la nuit. Je faisais tout ce que je pouvais pour occuper la scène et retenir l’attention d’un public indifférent : tours de magie, cascades, danses du feu et beaucoup de blagues… J’ai adoré cette expérience et de nombreux artistes de ce milieu m’ont soutenu.

-Comment travaillez-vous ?

-Surtout pour des pièces de théâtre mais aussi dans des bars, dans la rue, pour des festivals et des soirées privées. Aujourd’hui, je développe des spectacles virtuels.

-Quelles sont les magiciens  et les styles qui vous ont influencé?

-Paul Daniels, Amazing Jonathan, Rudy Coby, Pop Haydn. Les prestations de Rob Zabrecky furent aussi formatrices pour moi. Les styles, ce sont ceux  qui m’invitent dans un monde de magie et qui font partie d’une routine globale avec d’autres éléments théâtraux. De la manipulation qui casse les doigts ! J’ai été étudiante dans une école d’art, donc j’ai un certain nombre de références en arts visuels. Il y a aussi des artistes qui m’ont marqué comme Mae West et Eartha Kitt qui ont grandement influencé mon personnage de Lucy Darling.

-Un conseil à un magicien débutant ?

-Apprenez autres chose que la magie: c’est est une forme d’art qui nécessite d’autres compétences pour l’encadrer/ Etudiez le jeu d’acteur, l’improvisation, la comédie…

-Quel regard avez-vous sur la magie actuelle et quelle est l’importance de la Culture dans votre travail ?

-Je fais partie du grand changement numérique actuel avec des spectacles de magie virtuelle. Au début, j’étais très sceptique mais cela m’a montré à quel point les magiciens peuvent s’adapter et je suis vraiment fière de voir tout le travail qu’ils accomplissent en ce sens. Et je pense que la Culture est quelque chose de capital dans cette discipline artistique; elle est le reflet de notre temps, ou en tout cas, devrait l’être. Quelque chose d’important pour moi : j’aime faire de la cuisine, du patin à roulettes, du ukulélé, du  dessin, mais j’aime aussi jongler et écrire.Tout cela finira bien un jour ou l’autre par se retrouver dans mes spectacles…

 Sébastien Bazou

 

 


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