Tournée générale (festival dans les cafés du XIIème arrondissement de Paris

Tournée générale (deuxième édition) dans les cafés du XII ème arrondissement de Paris

 

Après une première édition lancée en quelques semaines l’an dernier et programmée lors du week-end de l’Ascension, un rendez-vous a été  à nouveau donné en 2020, reporté toutefois de juin à septembre en raison des mesures sanitaires. Même si masques et distanciation seront de rigueur, rien n’entache l’énergie d’Anaïs Héluin et de son équipe. Les patrons de bistrot qui se sont ont engagés dans cette aventure savent qu’une clientèle de curieux ne nuira pas à leurs affaires. Mais la plupart donnent plutôt dans l’envie d’offrir à leur quartier un moment impromptu de convivialité, le XIIème arrondissement n’étant pas vraiment le sommet parisien du fun. Nouant au fil des mois une fidélité avec certains d’entre eux (Le Satellite, le Bistrot de Juliette ou Le Bon coin), l’équipe du festival a su convaincre de nouveaux venus, comme Le Royal Daumesnil, le Payuss, le Petit relais ou encore Le Pays de Vannes.

 Une fois dessiné l’itinéraire, que peut-on attendre d’un « festival d’art en bars » ? Anaïs Héluin l’affirme : un laboratoire de formes légères (conférence, magie, récit,  concert, théâtre), la découverte de formes artistiques hybrides, dans un esprit de convivialité et de détente. Et surtout une proximité incomparable avec les artistes. Sans oublier une passerelle bienvenue entre la rue et le comptoir… Malgré la modestie des espaces, l’équipe mise sur la création. Anaïs Héluin a ainsi passé commande à Dieudonné Niangouna pour une performance, seul au bar. Il a relevé le défi avec De ce côté qu’il jouera  ensuite en salle. Morgane Audoin, elle,  prépare un spectacle déambulatoire dans la rue  entre Le Bon Coin et Le Satellite, pour entraîner le public d’une terrasse de café à l’autre.

© Anaïs Héluin

© Anaïs Héluin

Des artistes ont fait des propositions, comme Vanasay Khamphommaia, performeur et ex-dramaturge de Jacques Vincey, qui a fondé sa propre compagnie Läpsus Chevelü. Avec un titre d’autant plus coquin : Je te chante une chanson toute nue en échange d’un verre  qu’il est proposé à un seul spectateur (sur réservation). Les patrons de bars n’ont pas froid aux yeux… Mais il y aura aussi des Conversations de comptoir, notamment avec le critique de théâtre Jean-Pierre Thibaudat et le professeur d’histoire du théâtre Olivier Neveux. Elles  semblent plus sérieuses mais qui peut savoir ce qui surgira d’un rapprochement entre ces deux têtes chercheuses : le comptoir, lieu de pensée pour les temps actuels qui réclament solidarité et invention ?

Guillaume Clayssen qui avait proposé l’an dernier une brillante réflexion sur l’ivresse, est invité à revenir sur le thème du rêve… Arnaud Méthivier et Pierre-Marie Braye-Weppe, fondateurs du Festival des Arts Confinés, « deviseront en musique de la culture au XXIème siècle. À portée de zinc, la question de l’avenir des arts pose celle du monde d’après ». Et Du côté de la nouvelle magie, Yann Frisch mettra son talent avec les cartes à l’épreuve des comptoirs.

Le festival a déjà su créer une « famille » et on pourra retrouver, déjà présents l’an passé, Alexandre Pallu, Flavien Ramel et Guillaume Rouillard du groupe Texcoko. Mekkid reviendra aussi avec son blues profond, tendre et révolté.

Ces bars du XII ème seront bien, comme le souhaite Anaïs Héluin, « le lieu de la tentative et du galop d’essai de spectacles ». Seront ainsi accueillis en premières parties, des projets en cours d’écriture comme La Trouée de Cécile Morelle, fruit d’une enquête en milieu rural et un solo humoristique Légère digression d’Alexiane Torres. Tournée Générale développe aussi un travail de mise en valeur d’artistes installés dans le XIIème, avec une exposition du dessinateur Eric Kuntz, du peintre Christophe Tanguy et du photographe Patrick Bourgault. Et pour ouvrir le festival, le comédien et metteur en scène Olivier Balazuc célèbrera, avec Le Vin de Charles Baudelaire, l’ivresse des mots et des sens.

La première édition a permis d’affuter la réflexion sur la relation des artistes à leur environnement. « Avec ses codes, son langage particulier, le bar impose des formes ouvertes. Impossible d’y transposer des formes créées en salle sans les repenser, sans les mettre à l’épreuve du zinc et de la clientèle des lieux. Et sans demeurer ouvert à l’imprévu, à la perturbation ». Espaces intermédiaires entre l’art et la ville qui ouvrent un entre-deux à explorer par les curieux, dans ces cafés populaires, on parle souvent à la cantonade ou tout seul, ou on ne se parle pas du tout… Mais ce qui est fondamental est l’adresse. A chaque artiste de trouver son espace d’expression, la mesure de sa parole, le poids de ses mots. Des habitués se retrouvent  avec des nouveaux venus et cela peut créer un trouble. « Par moment, ça peut être magique, parfois cela crée des tensions, à la limite de la bagarre »…Les grandes institutions viendront peut-être piocher dans ce vivier de formes hybrides et d’essais de petits formats… Anaïs Héluin aborde sa deuxième édition avec confiance et a reçu le soutien de nouveaux partenaires, en particulier de la Ville de Paris…

Marie-Agnès Sevestre

Du 25 au 27 septembre et les 3 et 4 octobre. Gratuit, sans réservation . Programme détaillé et horaires : tourneegenerale.org Le Petit Relais, 95 rue Claude Decaen, Le Payuss, 77 rue Claude Decaen, Au Bon Coin, 40 avenue Claude Decaen, Le Royal Daumesnil, 216 avenue Daumesnil, Au Pays de Vannes, 34bis rue de Wattignies, Le Satellite, 19 rue Edouard Robert

 

 

 

 

 

 

 

 


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