L’Amérique n’existe pas de Peter Bichsel, mise en scène de Dominique Lurcel (tout public à partir de huit ans)

© Guislaine Rigollet

© Guislaine Rigollet

L’Amérique n’existe pas de Peter Bichsel, mise en scène de Dominique Lurcel ( tout public à partir de huit ans)

 Nous aimons qu’on nous raconte des histoires et celles de Peter Bischel ont une saveur particulière. Journaliste et écrivain, ce Lucernois connut son heure de gloire dans les années soixante avec, entre autres, un premier roman Le Laitier. Chroniqueur apprécié de la Weltwoche et du Tages Anzeiger, il trouvait son inspiration dans les cafés où il improvisait des contes avant de les publier sous le titre Histoires enfantines…

 Ces courts récits se prêtent à une adaptation théâtrale et, sous la direction précise de Dominique Lurcel, Guillaume van’t Hoff nous en livre quelques-uns. Sous les oripeaux d’un vieillard, il prend des allures d’enfant tantôt naïf, tantôt malicieux. Ce petit bonhomme, perdu au milieu d’un tas de cartons, va faire vivre une ribambelle de personnages. Un solipsisme les relie qui les pousse à des comportements bizarres.  Ils vont jusqu’au bout de leur logique, implacable : l’un d’eux apprend par cœur les horaires de tous les trains sans jamais voyager mais sera mis en échec par le service de renseignements de la gare. Alors, il poursuivra son rêve  : apprendre quelque chose que personne ne connaît. Ce vieux solitaire pour sortir de sa routine, rebaptise tous les objets qui l’entourent, jusqu’à ne plus comprendre son ancienne langue. Il y a aussi celui qui ne veut rien savoir et qui doit tout apprendre pour tout oublier, jusqu’à devenir vide comme le rhinocéros cuirassé du zoo…Enfin, le fameux oncle Yodok évoqué par un grand-père gâteux…

 A la fois juvénile et vieillot, Guillaume van’t Hoff nous entraîne dans un univers absurde et poétique : on pense aux Boutiques de cannelle du Polonais Bruno Schultz ou aux illogismes d’Eugène Ionesco. On devine, chez les êtres imaginés par, une solitude extrême, qu’ils peuplent de leurs fantaisies et de leurs rêves. Avec eux, le comédien questionne notre société normative et cherche à prendre la tangente…Malgré un espace de jeu un peu embouteillé par les cartons, il nous fait voyager pendant une heure dix, loin des rivages connus vers d’autres horizons, à la rencontre de vies minuscules et d’une humanité différente… Avec une ironie amusée et amusante .

 Mireille Davidovici

 Du 27 septembre au 26, Essaïon Théâtre 6, rue Pierre-au-Lard  Paris (IV ème).
 T. : 01 42 78 46 42

 Histoires enfantines, traduit.de l’allemand par Claude Maillard et et Marc Schweyer, Gallimard (1971)

 

 

 


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