Manifeste, le festival de l’I.R.C.A.M. : Bacchantes de Céline Minard, musique d’Olivier Pasquet, adaptation et réalisation de Thierry Bédard

2020 009 11@Hervé Veronese Centre Pompidou-9945

© Hervé Veronese Centre Pompidou

Bacchantes  de Céline Minard, musique dOlivier Pasquet, adaptation et réalisation de Thierry Bédard 

 Manifeste, le festival de l’I.R.C.A.M. qui a dû être reporté de juin à l’automne, propose une nouvelle série : Les Musiques-Fictions. Avec, pour objectif, le « mariage» d’une autrice et d’un compositeur pour la réalisation sonore d’une écriture. Ainsi Maylis de Kérangal, Céline Minard et Annie Ernaux ont été associées à des musiciens puis des metteurs en scène et acteurs se sont emparés de cet objet artistique à double entrée pour faire entendre autrement au public, la littérature et/ou la musique.

 Un espace circulaire a été aménagé au milieu de la grande salle du Centre Georges-Pompidou : nous sommes dans la pénombre mais le dôme lumineux va s’animer de tubes fluo de façon intermittente et on entend la voix de Bénédicte Wenders: « Personne ne bouge devant le bunker alpha. » (…)  « Les hommes armés se sont regroupés dans l’ancienne maison du gardien…  Ils attendent les ordres d’un nouvel assaut.»  Cet état de siège n’est pas causé par une guerre mais par l’incursion à Hong Kong de mystérieux terroristes dans la cave à vin la plus sécurisée du monde, installée dans d’anciens bunkers de l’armée britannique !

Nous sommes à Hong Kong,  un typhon s’annonce sur la baie… Dans cette atmosphère apocalyptique, que voix et musique dépeignent, la situation s’éclaircit peu à peu : Jackie Thran et sa brigade d’intervention vont tenter d’élucider cette mystérieuse incursion.  Il s’agit d’un extravagant trio de braqueuses  ! Et l’affaire prend alors un tour grandguignolesque et dérisoire !  M. Coetzer, le propriétaire de la cave, va s’en mêler et l’équipe de Jacky Thran s’affole…

 L »adaptation scénique et musicale de ce roman parodique crée le suspense avec des noirs et des silences et revisite  les codes du polar.  A part celle de la narratrice, les voix des protagonistes, distordues au synthétiseur, flirtent avec une bande dessinée burlesque. Les tubes fluo placés autour du dôme « ambisonique »  et sur ses piliers, diffusent des lumières tournantes, animant l’espace d’écoute de ce texte déjanté. Aux couleurs froides, succèdent des rouges et des roses. La musique, et les voix ont été soigneusement dosées par Jérémie Bourgogne qui ouvre ainsi des espaces fictionnels. On entre alors dans le bunker et l’on peut visualiser les événements…

 Le trottinement du rat apprivoisé de la cheffe de bande résonnent ; un tube de rouge à lèvre équipé d’une micro introduit par Coetzer, le propriétaire de la cave, roule et grésille… Ces repères concrets spatialisent le récit et Thierry Bédard nous laisse percevoir avec justesse l’humour de Céline Minard. Loin de la simple illustration sonore, cet habile tricotage entre voix, musique et éclairages est en prise directe avec la littérature…

 Mireille Davidovici

 Spectacle vu le 12 septembre au Centre Georges Pompidou, place Georges Pompidou, Paris (IV ème).

Du 16 au 28 novembre, Théâtre de Gennevilliers, 41 avenue des Grésillons, Gennevilliers (Hauts-de -Seine). T. : 01 41 32 26 10

 Manifeste s’est tenu à Paris du  31 août au 13 septembre dans plusieurs lieux parisiens/

 Bacchantes est publié chez Rivages

 

 


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