Akzak, l’impatience d’une jeunesse reliée, chorégraphie d’Héla Fattoumi et Éric Lamoureux, musique de Xavier Desandre Navarre

AKZAK de Héla FATTOUMI et Eric LAMOUREUX

© Laurent Philippe

Les Zébrures d’automne 2020, Festival des Francophonies de Limoges

Akzak, l’impatience d’une jeunesse reliée, chorégraphie d’Héla Fattoumi et Éric Lamoureux, musique de Xavier Desandre Navarre

Sarath, Meriem, Mohamed, Fatou, Moad, Juliette, Adama… Douze garçons et filles venus de France, Tunisie, Maroc, Burkina Faso, Egypte, etc. Pour les réunir, il fallait toute la conviction des chorégraphes: «Faire entrer l’Autre dans notre face-à-face et chercher des danseurs qui ne nous ressemblent pas». Mais aussi l’infrastructure qu’ils dirigent, le Centre chorégraphique national de Belfort, pour résoudre les complications administratives de ce projet lancé en janvier et suspendu pendant le confinement. Certains jeunes gens ont dû à Belfort depuis le début de l’année. 

La compagnie fête ses trente ans : Eric Lamoureux, footballeur a rencontré la danse dans son cursus à l’EPS et, dans sa promotion, Héla Fattoumi qui la pratiquait déjà. Suivirent des pièces lauréates au concours de Bagnolet, prix de la SACD, et une invitation au Théâtre de la Ville. « Une success story, disent-ils. Mais après cette courte carrière d’interprète, nous avons bifurqué vers la chorégraphie » On les retrouve en 2004 à la direction du Centre National Chorégraphique de Caen, avec déjà des  pièces « à forte tonalité sociétale ». Ils développent depuis toujours des formations  sur le continent africain et les jeunes interprètes d’Akzak proviennent d’ateliers conduits dans leur pays.

 Aksak, un  mot turc : « à contretemps » dans la musique ottomane. Et le tempo constitue la base de la pièce fondée sur un dialogue permanent entre danseurs et musique. Xavier Desandre Navarre, percussionniste virtuose, présent dès les premières répétitions  a su capter l’énergie  émanant de chaque corps.  IL entre dans la danse après un prologue silencieux : dans le noir, des pas martèlent la scène : frappés, glissés ou sautés, ils constituent une partition…

Lorsque la lumière monte, le groupe joue à se découvrir, propose des gestuelles à partager. On se rassemble autour d’un projecteur en douche, puis, de nouveau dispersés, garçons ou filles proposent un solo au batteur. Le compositeur semble improviser sa musique, jusqu’à imiter le sable qui roule sous les pieds des danseurs. Un sac de plastique suffit: le sol, c’est l’Afrique… Mais tout est compté : syncopes, ruptures, impacts, suspensions, rebonds… La danse naît du son, comme le son naît des corps. Du désordre émerge un nouvel ordre,  avec toutes les combinatoires du nombre douze : quatre trios, six duos, etc., en de savants assemblages.

Les éclairages s’en mêlent : de gros projecteurs rectangulaires à diode clignotent clignotent, de haut, de face, à contre-jour… « musclant » les ébats de cette tribu disparate qui trouve sa cohésion dans les mouvements partagés. L’énergie collective résultant de ces énergies individuelles arrive à son comble dans une dernière partie : armés de, « boom walkers » courts tuyaux en plastique dont chaque couleur correspond à une note, les danseurs soufflent, frappent l’air ou leurs corps. Instruments de fortune pour une symphonie baroque … Le public se lève, galvanisé par cet élan brut mais totalement maîtrisé. Les applaudissements épousent le rythme. Les jeunes gens retourneront dans leur pays d’origine après une longue tournée prévue jusqu’en juin prochain et au-delà peut-être…

 Mireille Davidovici

Spectacle vu le 25 septembre à Limoges (Haute-Vienne). Les Zébrures d’automne, Les Francophonies, des écritures à la scène, jusqu’au 3 octobre, 11 avenue du Général de Gaulle, Limoges. T. : 05 55 33 33 67

 2 octobre: Théâtre Jean Vilar, Vitry-sur-Seine (   ) ; 8 octobre  : DSN, scène nationale de Dieppe (Seine Maritime) ; 13 octobre  Tangram, Scène Nationale d’Evreux-Louviers (Eure) ; 16 et 17 octobre : Tropiques Atrium, scène nationale de Fort-de-France (Martinique) ; 28 octobre  Théâtre Falaki, D-CAF, Le Caire, (Egypte ).

8 et 9 novembre  : Nebia, Bienne (Suisse) ; 12 et 13 novembre: Le Granit, Scène Nationale de Belfort (Territoire de Belfort) ; 17 novembre: Scènes du Jura, scène nationale de Dole-Lons-le-Saunier (Jura) ; 4 décembre,  Théâtre Mohamed V, Rabat, (Maroc) ; 8 décembre: Studio des Arts Vivants, Casablanca ( Maroc) ; 11 ou 12 décembre  : Dialogues de corps, Ouagadougou (Burkina Faso) ; 15 décembre, Institut français de Bobo Dioulasso (Burkina Faso) ; 

29 et 30 janvier: Halle aux Grains, Scène Nationale de Blois (Loir et Cher) ; 4 février  : Le Théâtre, Scène Nationale de Mâcon ( Saône et Loire))  ; 10-12 février,  MAC de Créteil (Val-de-Marne) ; 16 et 17 février, Maison de la Culture de Bourges (Cher); 12 mars 2021 : Espace des Arts, Scène Nationale de Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire).

 Entre le 25 et le 27 mars,  Biennale de la danse en Afrique, Marrakech (Maroc) ; 1er avril ;  Théâtre Debussy, Maisons-Alfort / Biennale de danse du Val-de-Marne ; 3 avril: Théâtre Louis Aragon, Tremblay-en-France / Biennale de danse du Val- de-Marne ;
 6 avril : Scène Nationale Châteauvallon-Liberté (Var) ; 9 avril: Artdanse, Dancing – Centre de développement chorégraphique national de Dijon (Côte-d’Or) ;
En Juin : Journées chorégraphiques de Carthage ( Tunisie)…

 

 


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