Opéra Comique saison 2021

Opéra-Comique 2021

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© M Davidovici

Encore sous le coup de l’annulation, pour cause de Covid, des représentations du Bourgeois Gentilhomme, Olivier Mantei et son équipe présentent le programme de l’année prochaine devant un public de fidèles, venus nombreux soutenir cet établissement voué à la création d’œuvres francophones. L’optimisme reste de mise: «Nous maintenons la programmation telle que nous la souhaitons, dit-il. Sans lâcher prise sur les enjeux artistiques. » Et dans l’incertitude où la crise sanitaire plonge le monde du spectacle, aucune brochure n’a été imprimée, le public devra donc se reporter au site internet du théâtre. 

Pour commencer en musique, Elsa Benoit interprète une chanson de Francis Poulenc. On pourra voir cette soprano, en novembre prochain dans Hyppolite et Aricie de Jean-Philippe Rameau sous la direction de Raphaël Pichon.

En 2021, des chefs prestigieux comme William Christie avec ses Arts Florissants dirigera Titon et l’Aurore de Jean-Joseph Cassanéa de Mondonville, une pastorale en forme d’opéra-ballet : l’Américain Basil Twist utilisera des marionnettes  pour mettre en scène, en janvier prochain, cette œuvre peu jouée mais qui connut un grand succès en 1753. Elle relança la musique française sur les scènes, alors que son prestige pâlissait face aux opéras italiens.

Raphaël Pichon reviendra pour diriger Fidelio de Ludwig van Beethoven dans une mise en scène de Cyril Teste qui mettra les arts visuels au service de cet hymne à la liberté. Le ténor Michael Spyres donne aujourd’hui l’aria éblouissant de Florestan à la fin de l’unique opéra du compositeur.

Jordi Savall, maître de la musique baroque, dirigera en juin L’Orfeo de Claudio Monteverdi qui a été un des premiers, en 1607, à oser créer un opéra. Il y a aura aussi en mars La Belle Hélène de Jacques Offenbach avec Marie-Nicole Lemieux dans le rôle-titre, mise en scène de Michel Fau qui jouera aussi Ménélas. Et, pour les fêtes de Noël, Roméo et Juliette de Charles Gounod avec un livret revenant à la source shakespearienne, un opéra mis en scène par Eric Ruf  dans le décor de la pièce éponyme qu’il a montée à la Comédie-Française. Un  acte écologique dans le souci d’éco-responsabilité de l’Opéra-Comique.

Pauline Bayle dont on a apprécié l’adaptation de L’Éducation sentimentale de Gustave Flaubert, fera ses premières armes sur une scène lyrique. L’Opéra-Comique chaque année fait appel à de jeunes metteuses en scène, pour que les femmes trouvent leur place dans ce monde très masculin. Dans cet esprit, Ariane Matiakh dirigera en novembre l’Orchestre Philharmonique de Radio-France pour Les Éclairs, une œuvre que le romancier Jean Echenoz a adapté de son roman sur Nicolas Tesla, un rival d’Edison et inventeur du courant alternatif, en proie à de multiples déboires dans la New-York de la révolution industrielle. Philippe Hersant signera la musique de cette œuvre: son troisième opéra.

Autres projets autour des grands spectacles : La Maîtrise populaire qui rassemble des jeunes venus de tous horizons, chantera dans Le Voyage dans la lune de Jacques Offenbach, une féérie inspirée de Jules Verne qui amène quatre Terriens sur la lune, à la rencontre des Sélénites… Mais il y aura aussi des concerts à midi, goûters musicaux, initiations au chant lyrique, petites formes tout public interprétées par la Maîtrise populaire et les artistes associés de la nouvelle troupe Favart…  Et des colloques, organisés par Agnès Terrier, dramaturge et conseillère artistique de la maison. «Et si, dit-elle, on reprenait l’histoire de l’Opéra-Comique mais du point de vue des femmes ? »  Pour (re)découvrir des autrices, compositrices, interprètes, spectatrices, administratrices et personnages de fiction qui ont fait et font la vie lyrique française : troisième session prévue les 22 et 23 septembre 2021.

En attendant, comme aucun autre cas de covid ne s’est déclaré, la saison 2020 se poursuit mais avec une jauge réduite. A noter : plusieurs rendez-vous exceptionnels comme, le 17 octobre, un concert solidaire d’Unisson, une association créée par des artistes lyriques, suite à la fermeture des théâtres en mars. Quatre-vingt chanteuses et chanteurs se produiront bénévolement pour soutenir leurs  camarades affectés par la crise. Des artistes confirmés partageront le plateau avec les plus jeunes avec uniquement des morceaux d’ensemble, du duo au grand concertato, un terme faisant référence à un genre ou à un style de musique où des groupes d’instruments ou des voix partagent une mélodie, généralement en alternance, et presque toujours sur une basse continue.

la salle Favart - DR Stefan Brion

Salle Favart © Stefan Brion

 Mireille Davidovici

 Théâtre National de l’Opéra-Comique, place Boieldieu, Paris  (II ème). T. :01 70 23 01 31.

 


Archive pour 6 octobre, 2020

Bérénice, de Jean Racine, mise en scène de Robin Renucci

Bérénice, de Jean Racine, mise en scène de Robin Renucci

©Olivier Pasquiers

©Olivier Pasquiers

Reprise du spectacle créé l’an passé  mais est-ce la plus belle pièce de Racine ? En tout cas, avec Andromaque, Britannicus et Phèdre … c’est l’une des plus jouées aujourd’hui, comme au siècle dernier. La gloire d’une vaincue (Andromaque), la prise du pouvoir et la mutation d’un homme en monstre avec Néron dans Britannicus, la passion furieuse et l’amour séparé ? De ces constantes inépuisables du cœur humain, Racine dit tout et ne dit rien. On joue sans cesse ces tragédies dites classiques parce qu’elles gardent leur énigme, que  pourtant aucune mise en scène, si raisonnée, si documentée soit-elle, ne vient résoudre. Une trouvaille d’Antoine Vitez: Titus renvoie une Bérénice plus âgée que lui, son amoureuse initiatrice, le jour il n’a plus besoin qu’elle tienne ce rôle, puisque la mort de son père le fait adulte et… empereur. Jacques Osinski (voir Le Théâtre du blog) avait, lui, eu une idée aussi juste: ne chercher aucune explication et s’en tenir avec une haute exigence, à la poésie de Racine et au pur lamento de la séparation.

Inquiétude, attente, bonheur partagé, frustration, désespoir : Bérénice (Solenn Goix) décline toutes les facettes du sentiment amoureux, y compris à l’acte II avec de petits calculs rassurants: « Si Titus est jaloux, Titus est amoureux « . Le point obscur, dans cette histoire d’amour partagé, est cette inacceptable séparation au dernier acte . De façon obsédante les même verbes : aimer, séparer, quitter reviennent. « Je l’aime, je le fuis, Titus m’aime, il me quitte. »  Dans les vingt-quatre heures de la tragédie, Bérénice ( Solenn Goix), Titus (Sylvain Méallet) et Antiochus (Julien Léonelli) ont pourtant avancé d‘un pas décisif: ils ne renoncent pas à leur amour mais acceptent au moins une séparation nécessaire. Qu’importe qu’après cela, les royaumes distribués par Titus à Bérénice et à Antiochus, comme de petits cadeaux d’adieu ?

Le tapis que foulent les comédiens sous le chapiteau des Tréteaux de France,  représente une carte de la Méditerranée avec la mention: Mare nostrum,  c’est-à-dire tout et rien. Après la tragédie, après le dernier : Hélas ! d’Antiochus,  les personnages ne feront que survivre. Du reste, l’empereur Titus, beaucoup moins recommandable que le personnage de Racine, régna deux ans seulement. Ici, le public entoure les acteurs, comme il entourait ceux de Britannicus, partageant la fragilité des personnages, au plus près de leurs hésitations et de leurs contraintes. Sylvain Méallet a l’autorité qui fait l’homme de pouvoir mais ici ce sont avant tout les sentiments qui font trembler les corps et les voix. Et les alexandrins en sont la rythmique vivante. Trop précieuse pour que le public n’y soit pas attentif et solidaire des comédiens: la toile d’un chapiteau ne protège pas des bruits extérieurs : un I will survive de Gloria Gaynor,  le tube de la coupe du monde de football avec la victoire des Bleus face au Brésil en 1998, sorti dans les environs d’une enceinte mobile, fait intrusion dans la dernière scène où l’enjeu pour les trois personnages est d’accepter une vie… qui n’est qu’une survie! Il faut le redire aux comédiens : le public est avec eux et capable de récupérer au bénéfice du spectacle, accidents et perturbations. Quand ils y parviennent, on est au sommet du théâtre… On pense à Ella Fitzgerald à Antibes-Juan-les-Pins en 1981. En plein concert, interrompue par les cigales qui chantaient à tue-tête, elle improvisa une mélodie qu’elle nommera The Cricket et qui fit le tour du monde…

Un chapiteau offre cette sorte de complicité et  toute représentation n’y est pas coupée du monde et qu’on le veuille ou non, traversée par le monde extérieur.  Même  si cela a lieu dans un espace protégé et pour un cercle de « connaisseurs ». Les  acteurs des tréteaux de France le savent et portent les vers de Racine avec une vaillance et une fragilité paradoxalement plus grandes, plus profondes que souvent, dans une salle de théâtre protégée. C’est le bénéfice du risque… Emu par ces personnages empêchés de construire leur bonheur, on quitte le chapiteau  sur le Hélas ! du pauvre Antiochus, l’ami qui ne sera jamais l’aimé, celui qui fait presque sourire d’être l’éternel perdant. Voilà une Bérénice concentrée sur l’essentiel et sans prétention, avec juste un tapis et sans costumes éclatants, même si la veste de Titus pourrait quand même être plus élégante ! La pièce, toute la pièce et rien que la pièce, les acteurs, rien que les acteurs. Un beau moment de partage.

Christine Friedel

Jusqu’au 18 octobre, Chapiteau des Tréteaux de France, Parc de la Villette : entrée à quelques minutes des métros: Porte de la Villette ou Porte de Pantin, Paris (XIX ème). T.:  01 40 03 75 75

 

 

 

 

Le Grand Inquisiteur d’après Fédor Dostoïevski, traduction d’André Markowicz, mise en scène de Sylvain Creuzevault

Le Grand Inquisiteur d’après Fédor Dostoïevski,  traduction d’André Markowicz, mise en scène de Sylvain Creuzevault

© simon gosselin

© Simon Gosselin

Ce chapitre du livre V de la première partie du célèbre roman est une sorte de parabole philosophique sur la liberté et la notion de manipulation… Un titre inspiré,  comme le personnage, par celui du Don Carlos de  Schiller. Et quelle idée fabuleuse! Ivan Karamazov, un athée convaincu raconte à son frère Alexeï, un tout jeune moine, la confrontation entre Jésus-Christ et un cardinal, le Grand Inquisiteur à Séville au XVI ème siècle. Jésus est revenu sur pour voir de plus près l’Inquisition, aux principes si éloignés de sa pensée. Dans les rues, vite reconnu comme le messie, il va  rendre la vue à un aveugle,  ressusciter une jeune fille.  Bref il y un souffle de liberté sur la ville,  voire d’anarchisme qui ne plait pas du tout au  Grand Inquisiteur. Il va le faire arrêter avec l’intention de le mettre sur un bûcher, ce qu’il lui explique dans sa cellule où on l’a enfermé. Bref, lui dit-il, son enseignement auprès des foules, loin d’être le bienvenu, perturbe gravement l’Église et dérange ici où on est en train de brûler des dizaines d’hérétiques. Ce naïf de Jésus n’a rien compris quand il croit à l’idée  que «les humains sont attachés aux idées de liberté et d’amour du prochain». Dostoïevski a eu des idées conservatrices mais ce chapitre des Frères Karamazov  est bien “l’œuvre la plus anarchiste et la plus révolutionnaire qui fût jamais créé, dit le philosophe russe Nicolas Berdiaev. Alors que le Grand Inquisiteur et ses amis auraient bien vu quels étaient les besoins réels de la société des Hommes et sauront leur trouver les voies du bonheur.
Dialectique subtile où on montre que les principes d’un enseignement religieux peut se retourner contre eux. L’Inquisiteur considère que les questions majeures de l’humanité, que Satan a posées à Jésus dans le désert sont : «Trois forces, les seules qui puissent subjuguer à jamais la conscience de ces faibles révoltés, le miracle, le mystère, l’autorité ! Tu les as repoussées toutes : la tentation de changer les rochers en pains (le mystère), celle de sauter dans le vide et de voir sa chute amortie par des Anges (le miracle) et enfin celle de se proclamer « roi du Monde » (l’autorité).
Jésus, en repoussant ces tentations au nom de la liberté, montre qu’il surestime les capacités de la nature humaine, du moins selon le Grand Inquisiteur, puisque la majorité des gens n’est pas capable de vivre ces principes de liberté et d’amour. Et Jésus les aurait donc condamnés par avance à la souffrance ou à la folie. Loin en tout cas de la rédemption qu’il leur avait promise. Le Grand Inquisiteur défend l’Eglise et veut faire quelque chose de positif pour  les gens, au risque de les manipuler: «Ils mourront paisiblement, ils s’éteindront doucement en ton nom et dans l’au-delà, ils ne trouveront que la mort».  Mais toujours selon lui,  ils préfèrent en général le bonheur même au prix de l’aliénation et prendre des décisions, être responsable est bien au-delà de leurs forces. Ce Grand Inquisiteur préfigure un peu le Big Brother de George Orwell et le dialogue  entre Winston et O’Brien dans son célèbre 1984. Et Sigmund Freud admirait beaucoup cette partie philosophique du roman. Sylvain Creuzevault après ce récit, va faire basculer le spectacle dans une sorte de grande farce aux personnages contemporains qui eux aussi ont été des grands inquisiteurs patentés et seuls à détenir la vérité politique; aussi  féroces que Joseph Staline au siècle dernier avec des millions de morts à la clé ou dans le genre impitoyable et violent, Margaret Thatcher, ou encore maintenant Donald Trump déclarant à l’avance  que les élections présidentielles seront truquées.

© Simon Gosselin

© Simon Gosselin

Et tout ce beau monde va dépecer et fouiller le corps du Christ mort pour en manger les intestins  (n fait des spaghettis/sauce tomate) et en référence sans doute au célèbre Matthieu: 26, 26: “Mangez, ceci est mon corps, ceci est mon sang. »  L’image  au moins au début quelque chose de fort  mais est un poil longuette et le metteur en scène s’est visiblement fait plaisir. On a aussi droit à des  extraits  de ce bel essai Penser est fondamentalement coupable d’Heiner Müller dites par Nicolas Bouchaud que l’on a doté d’un gros cigare comme en fumait l’écrivain allemand mais qui empuantit toute la salle… On ne peut tout citer mais c’est d’une rare intelligence: «Les minorités représentent toujours quelque chose d’autonome; elles sont un obstacle à l’accélération. Les minorités sont des freins. De là naît le besoin de les anéantir car elles persistent dans leur vitesse propre. » (…)« Du point de vue de la structure capitaliste, la fourmi est l’homme idéal. L’homme est un facteur de perturbation. » (…)« Le capitalisme n’offre jamais la solitude mais toujours seulement la mise en commun. L’offre capitaliste repose sur l’angoisse de la solitude. McDonald est l’offre absolue de la collectivité. On est assis partout dans le monde dans le même local ; on bouffe la même merde et tous sont contents. Car chez McDonald, ils sont un collectif. Même les visages, dans les restaurants McDonald, deviennent de plus en plus semblables.  » (…) « Devant votre miroir, le communisme ne vous donne rien. L’individu est réduit à son existence propre. Le capitalisme peut toujours vous donner quelque chose, dans la mesure où il éloigne les gens d’eux-mêmes. Sous le capitalisme, le plus grand nombre ne peut survivre qu’en tant qu’objet. »

On peut voir le visage de l’écrivain allemand en noir mais aussi en couleurs sur une série de petits téléviseurs cubiques d’autrefois, et on se demande bien la raison de cette installation… Et pourquoi faire répéter le texte en projection sur le mur du fond? Quant à Staline, il s’en prend à Marx et Donald Trump veut, dit-il, faire le bonheur de ceux qui ont cru en lui.. Tout ce passage du spectacle est en anglais non-surtitré sans que l’on sache vraiment pourquoi. Et tant pis pour ceux pas très connaisseurs de la langue de Shakespeare… Quel snobisme!

Mais bon, Sylvain Creuzevault sait créer de belles images et dirige bien ses comédiens; entre autres, Frédéric Noaille qui joue une incroyable Margaret Thatcher en tailleur gris strict et montée sur de hauts talons. Et  Servane Ducorps, toujours impeccable, campe magistralement un Donald Trump, excité, vociférant, plus vrai que nature. Nicolas Bouchaud en Heiner Müller, comme d’habitude, est aussi excellent. Tout dans la mise en scène est d’une belle précision et s’il y a des moments où cette farce s’impose, au bout d’une heure à peine on commence à trouver le temps long et on décroche. Bref, un spectacle aux qualités plastiques indéniables mais Sylvain Creuzevault a quelque mal à traiter cette courte fable philosophique d’une vingtaine de pages, en y ajoutant une dose de dramaturgie maladroite et d’écriture personnelle avec une suite de petites scènes mal rythmée qui  ne fonctionne pas bien du tout…

On attend avec impatience son prochain spectacle adapté des Frères Karamazov, du moins si le corona virus le permet. Au moins ici dans la salle, le protocole sanitaire est respecté. Par ailleurs, pleuvent nombre d’obligations ou menaces d’annuler les représentation, en particulier dans les spectacles sous chapiteau. Mais il faudrait que le gouvernement s’explique enfin sur le non-respect des trop fameuses mesures partout imposées.  Notamment au centre Georges Pompidou pourtant richement doté: escaliers envahis dans les deux sens, aucune présence de flacon de gel pourtant annoncée et  aucune  distance imposée entre les sièges,  exactement comme dans les TGV, Intercités ou TER. Et silence radio chez Bachelot et consorts: ce deux poids-deux mesures est profondément choquant pour les équipes artistiques, administratives et techniques des théâtres petits ou grands qui ont aussi le droit de vivre.  Donc à suivre…

Philippe du Vignal

Théâtre de l’Odéon, dans le cadre du Festival d’automne à Paris, 1 Place de l’Odéon, Paris (VI ème) jusqu’au 18 octobre. T. : 01.44.85.40.40

Gold Shower, conception et performance de François Chaignaud et Akaji Maro

Gold Shower, conception et performance de François Chaignaud et Akaji Maro

L’artiste japonais (soixante-dix sept ans) a un parcours riche en rencontres artistiques: l’écrivain Yuko Mishima, le danseur qui fut à l’origine du butô, Ushio Amagatsu, les cinéastes Takeshi Kitano ou Quentin Tarantino. Ce maître d’un butô décalé, et directeur de la compagnie Daïrakudan, fait partie  du milieu culturel alternatif de Tokyo, en marge d’une société strictement réglée.  

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Sa « folie » devait logiquement croiser celle du danseur et chorégraphe François Chaigneau qui excelle dans le travestissement en tout genre. Et la qualité des costumes de Romain Brau, Cédric Debeuf, Kyoto Domoto Omote et Seitaro Ozu est exceptionnelle. Il nous surprend une fois de plus par ses tenues entrant en résonance avec celles d’Akaji Maro pour la création cet objet artistique non identifié… François Chaigneau, coiffé d’une perruque dorée, naît d’un plan d’eau central et, tel le faune des Ballets russes, amorce une danse élégante qui attire le regard d’Akaji Maro. Ils s’engagent alors dans une farandole surréaliste et très esthétique où chacun cherche à surprendre l’autre. et ils étonnent un public déjà conquis…

Nous suivons depuis longtemps ces artistes (voir Le Théâtre du Blog). Leur complicité est belle à voir sur  la trop grande scène de la Maison de la musique, et on aurait apprécié plus de proximité. «Le corps lui-même est déjà une œuvre, dit Akaji Maro et riche de strates mémorielles; chaque danseur, même déjà à vingt ans, porte sur son dos la beauté et la laideur de sa vie. Cela ne m’intéresse pas de voir une maîtrise époustouflante. Je veux voir des choses qui dépassent du cadre. » Ce dépassement, associé à une rencontre entre générations, s’inscrit dans les programmation du Festival d’automne et du Centre Dramatique National Nanterre-Amandiers. Une  belle réussite voir en avril au Théâtre National de la danse de Chaillot.
 
Jean Couturier

Le spectacle a été présenté du 30 septembre au 2 octobre, Maison de la Musique de Nanterre, 8 rue des anciennes mairies, Nanterre (Hauts-de-Seine). T. : 01 41 37 94 21.

 

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