Danses pour une actrice, conception de Jérôme Bel

 

 

Danses pour une actrice, conception de Jérôme Bel

Une belle rencontre  entre Valérie Dréville qui a joué avec des maîtres comme Antoine Vitez, Claude Régy, Anatoli Vassiliev..et le chorégraphe contemporain.Corps en mouvement et texte dit dans une symbiose heureuse pour une performance de cette comédienne pleine d’humilité qui s’adresse au public simplement et avec un sourire complice… Elle raconte ses débuts modestes dans un cours de danse à Pontoise (Val-d’Oise) de 1968 à 1973, et plus tard,  son entrée en 1988 à la Comédie-Française, où elle sera aux côtés de Jean-Luc Boutté, la jeune première radieuse dans Le Bal de Lermontov monté par Anatoli Vassiliev en 1992. Elle  quittera le Français quatre ans plus tard pour accomplir un parcours singulier avec audaces et inventions.

© Jérôme Bel.

© Jérôme Bel

Aujourd’hui à cinquante-huit ans, elle offre au public les éléments de danse classique qu’elle acquit encore petite fille. Avec grâce et élégance mais où tout est réglé, codifié et répété à l’infini. Elle explique la liberté que représente la danse moderne, en reprenant une chorégraphie d’Isadora Duncan de 1906. Avec des gestes symboliques du désirer, aller vers, chercher, abandonner… Mouvements attentifs des bras, des jambes et des pieds, concentration et plaisir… Elle court, ralentit, tourne sur elle-même, s’arrête, reprend son souffle et boit régulièrement de l’eau, sûre d’elle-même.

Pour rappeler la danse de Café Müller (1978) de Pina Bausch sur un musique d’Henry Purcell ou encore un solo de Kazuo Ohno (1906-2010), elle fait des pas selon la lumière qu’elle contrôle et les musiques qu’elle a choisies : Frédéric Chopin puis, Le Sacre du printemps (1913) d’Igor Stravinski, chorégraphié par Vaslaw Nijinski (1889-1950), figure mythique de l’histoire de la danse, pour les Ballets russes au Théâtre des Champs-Elysées. Valérie Dréville utilise son smartphone pour envoyer la musique de la danse mais aussi pour regarder sur You tube, des chorégraphies qu’elle décrit. Assise sur une chaise, elle les mime alors avec des accélérations ou ralentissements. Elle propose au public un jeu sur l’imaginaire avec une parole déclamée, en rejetant le formalisme. Un spectacle en forme d’hommage rendu à la dimension spirituelle et onirique de l’art, non à la technique.

Avant l’épilogue avec Sans titre, une chorégraphie  qu’elle a écrite elle-même et où elle s’amuse en chantant et dansant Singin’ in the rain (1952) de Stanley Donen et Gene Kelly. Et comme lui, elle finit sous la pluie (une bouteille d’eau qu’elle se verse sur la tête!) et avec un parapluie fermé sous le bras. Valérie Dréville est paisible et souriante mais aussi exigeante et rigoureuse: elle accorde à son public la même confiance qu’elle met elle-même sur scène. On salue l’actrice de savoir à la fois danser et jouer la comédie mais aussi d’être soi.

Véronique Hotte

Festival d’automne : MC 93-Maison de la Culture de Seine-Saint-Denis, Bobigny, jusqu’au 16 octobre. T. : 01 40 33 79 13.

La Commune-Centre Dramatique National d’Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) du 19 au 26 novembre. T. : 01 48 33 16 16.

 

 

 

 

 


Archive pour 10 octobre, 2020

Danses pour une actrice, conception de Jérôme Bel

 

 

Danses pour une actrice, conception de Jérôme Bel

Une belle rencontre  entre Valérie Dréville qui a joué avec des maîtres comme Antoine Vitez, Claude Régy, Anatoli Vassiliev..et le chorégraphe contemporain.Corps en mouvement et texte dit dans une symbiose heureuse pour une performance de cette comédienne pleine d’humilité qui s’adresse au public simplement et avec un sourire complice… Elle raconte ses débuts modestes dans un cours de danse à Pontoise (Val-d’Oise) de 1968 à 1973, et plus tard,  son entrée en 1988 à la Comédie-Française, où elle sera aux côtés de Jean-Luc Boutté, la jeune première radieuse dans Le Bal de Lermontov monté par Anatoli Vassiliev en 1992. Elle  quittera le Français quatre ans plus tard pour accomplir un parcours singulier avec audaces et inventions.

© Jérôme Bel.

© Jérôme Bel

Aujourd’hui à cinquante-huit ans, elle offre au public les éléments de danse classique qu’elle acquit encore petite fille. Avec grâce et élégance mais où tout est réglé, codifié et répété à l’infini. Elle explique la liberté que représente la danse moderne, en reprenant une chorégraphie d’Isadora Duncan de 1906. Avec des gestes symboliques du désirer, aller vers, chercher, abandonner… Mouvements attentifs des bras, des jambes et des pieds, concentration et plaisir… Elle court, ralentit, tourne sur elle-même, s’arrête, reprend son souffle et boit régulièrement de l’eau, sûre d’elle-même.

Pour rappeler la danse de Café Müller (1978) de Pina Bausch sur un musique d’Henry Purcell ou encore un solo de Kazuo Ohno (1906-2010), elle fait des pas selon la lumière qu’elle contrôle et les musiques qu’elle a choisies : Frédéric Chopin puis, Le Sacre du printemps (1913) d’Igor Stravinski, chorégraphié par Vaslaw Nijinski (1889-1950), figure mythique de l’histoire de la danse, pour les Ballets russes au Théâtre des Champs-Elysées. Valérie Dréville utilise son smartphone pour envoyer la musique de la danse mais aussi pour regarder sur You tube, des chorégraphies qu’elle décrit. Assise sur une chaise, elle les mime alors avec des accélérations ou ralentissements. Elle propose au public un jeu sur l’imaginaire avec une parole déclamée, en rejetant le formalisme. Un spectacle en forme d’hommage rendu à la dimension spirituelle et onirique de l’art, non à la technique.

Avant l’épilogue avec Sans titre, une chorégraphie  qu’elle a écrite elle-même et où elle s’amuse en chantant et dansant Singin’ in the rain (1952) de Stanley Donen et Gene Kelly. Et comme lui, elle finit sous la pluie (une bouteille d’eau qu’elle se verse sur la tête!) et avec un parapluie fermé sous le bras. Valérie Dréville est paisible et souriante mais aussi exigeante et rigoureuse: elle accorde à son public la même confiance qu’elle met elle-même sur scène. On salue l’actrice de savoir à la fois danser et jouer la comédie mais aussi d’être soi.

Véronique Hotte

Festival d’automne : MC 93-Maison de la Culture de Seine-Saint-Denis, Bobigny, jusqu’au 16 octobre. T. : 01 40 33 79 13.

La Commune-Centre Dramatique National d’Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) du 19 au 26 novembre. T. : 01 48 33 16 16.

 

 

 

 

 

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