One more thing conception, chorégraphie et montage sonore d’Adi Boutrous

One more thing, conception, chorégraphie et montage sonore d’Adi Boutrous

Nous avions vu ce danseur au festival d’Avignon 2016 dans We love Arabs de l’Israëlien Hillel Kogan (voir Le Théâtre du Blog). Et on avait découvert ici l’an passé Submission d’Adi Boutrous. Ariel Gelbart, Jeremy Alberge, Uri Dicker et le Adi Boutros lui-même, bousculent l’image de la virilité. toujours en mouvement, une heure durant en solos, duos, trios, ou  quatuors. Leur gestuelle précise mais d’une grande douceur et leurs déplacements fluides composent des figures d’une rare sensualité.

© ariel tagar

© ariel tagar

Les corps glissent progressivement les uns sur les autres au sol, parfois à l’avant- scène et forment une sorte de cocon nourricier qui semble redonner de l’énergie à chacun. «Au cours de la pièce, dit Adi Boutros, les personnages créent un espace d’entraide et de partage où ils se sentent libres et en sécurité, où ils se mettent à l’écoute de l’autre et peuvent exprimer des choses qu’ils doivent réprimer dans leur quotidien. »

La pièce débute par une sorte de rituel envoûtant avec un chant en swahili -langue nationale du Kenya, du Congo-Kinshasa et langue officielle de Tanzanie- qui rythme les cérémonies. Ensuite des musiques très variées accompagnent harmonieusement ces artistes qui ont une présence exceptionnelle. Vu les circonstances, le Théâtre de la Ville a dû négocier pendant un mois avec acharnement pour faire venir cette troupe d’Israël! Le public a répondu présent et a applaudi cette belle initiative.

Jean Couturier

Jusqu’au 12 octobre, Théâtre des Abbesses-Théâtre de la Ville, 31 rue des Abbesses, Paris (XVIII ème). T. : 01 42 74 22 77.

 

   


Archive pour 11 octobre, 2020

Mes ancêtres les Gaulois de Nicolas Bonneau et Nicolas Marjault


Mes ancêtres les Gaulois de Nicolas Bonneau et Nicolas Marjault

Pierre Bonneau, né en 1875 à Germond (Deux-Sèvres) est le premier de la famille à fréquenter l’école de Jules Ferry…Ce paysan ne parlait que le poitevin saintongeais; il apprit la langue et l’Histoire de la France selon Ernest Lavisse (1842-1922), « l’instituteur national» comme l’appelle Pierre Nora dans Les Lieux de mémoire. Un historien, ex-précepteur du prince Louis-Napoléon et converti au républicanisme dans les années 1870.

Seul en scène, avec, pour seuls accessoires un petit bureau d’écolier, quelques images et un globe terrestre, Nicolas Bonneau dialogue avec Alésia, un robot vocal qui clignote, projette des illustrations sur écran et envoie des documents sonores. L’acteur raconte et interprète tous les personnages : ses aïeux, sa grand-mère qui éleva seule cinq enfants, son père, le maire inaugurant la statue de Jeanne d’Arc, toujours là dans le village… Et un instituteur à l’ancienne relatant les riches heures de l’histoire de France et de ses héros.

©Jeanne Nicolas Marjault

©Jeanne Nicolas Marjault

Brandissant le “Petit Lavisse“ de son trisaïeul, Nicolas Bonneau commente et décrypte le fameux tableau de Vercingétorix jette ses armes aux pieds de César (1899) de Lionel Royer, une huile sur toile de plus de douze m2!  dont on a longtemps exposé la reproduction dans les écoles primaires. Tout est faux, nous dit-il, dans ce chromo… Le peintre, marqué par la défaite des Français à Sedan en 1870, y exalte la noblesse des vaincus et le sacrifice du héros gaulois. A l’instar de Jeanne-d’Arc, Vercingétorix a alimenté le sentiment national de générations de Français …

 «C’est quoi se sentir Français? C’est quoi la nation française? Quelle est cette étrange idée qui nous fait frissonner ? Qu’est-ce qui nous fait pleurer devant Notre-Dame en flammes ? Qu’a-t-on bien pu nous raconter pour qu’on se lève tous devant un but de Benjamin Pavard en huitième de finale contre l’Argentine? », se demande Nicolas Bonneau. Il creuse ces questions à la lumière de la vérité historique et à l’aune de plusieurs générations de sa famille.

Dans la continuité d’un travail sur la mémoire collective (voir Le Théâtre du Blog), il remonte son arbre généalogique pour écrire son propre roman et revisiter celui de la France.  D’un côté, la légende, la mythologie et, de l’autre, la réalité des guerres, des crises politiques et des revers de fortune qu’ont vécu de modestes citoyens dans un coin perdu du Poitou, bien loin des lieux du Pouvoir. Un père ouvrier mort d’un cancer dû à l’amiante, un grand-père inconnu et un arrière-grand-père rescapé de l’enfer de Verdun et du Chemin des Dames…

Un parcours sensible avec, en contrepoint, le regard critique apporté par Nicolas Marjault, historien et par ailleurs, auteur de polars, qui s’appuie sur les travaux de grands historiens et sociologues, pour rétablir la vérité et analyser la fabrication de ce fameux «sentiment national» qui semble aujourd’hui avoir le vent en poupe dans le paysage politique européen.

Les auteurs s’inquiètent de cette résurgence et, pour conjurer le danger, nous adressent ici un message fort avec quelques illustrations savoureuses. Cette pièce émouvante, ludique et populaire devrait contribuer à ouvrir les esprits. Chacun, quelle que soit son origine, pourra y projeter son histoire familiale, avec ses personnages marquants et ses secrets. Le spectacle s’adresse à un large public et peut être joué sur un plateau de théâtre, à l’extérieur ou dans une salle de classe. Créé à la veille du confinement, il reprend vie un peu partout dans de nombreux départements…

 Mireille Davidovici

 Spectacle vu le 7 octobre au M.A.I.F. Social Club,  37 rue de Turenne, Paris (III ème). T. : 01 44 92 50 90.

Le 2 novembre, Régions en scène, Pau (Pyrénées-Atlantiques) du 18 au 20 janvier Moulin du Roc, Niort (Deux-Sèvres). Le  21 janvier  Espace Agapit, Saint-Maixent-l’Ecole (Deux-Sèvres) ;  22 janvier,  Metullum, Melle (Deux-Sèvres) ; du 26 au 29 janvier, Théâtre des Sources, Fontenay-aux-Roses (Hauts-de-Seine). Le  6 mars,  Foyer rural, Orcines (Puy-de-Dôme) ; les 11 et12  mars, Les 3 T, Châtellerault (Vienne). Le 16 avril, Segré (Maine-et-Loire) ; le 23 avril, Culture Commune, Ferfay (Pas-de-Calais). Le 8 mai, Germond-Rouvre (Deux-Sèvres) et les 11 et 12 mai, Théâtre de Thouars (Deux-Sèvres).

 

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