Étranges jardins : exposition Arnaud Sauer

Étranges jardins : exposition Arnaud Sauer

 

La médiathèque de Fontenay-aux-Roses rend justice à Arnaud Sauer, artiste et scénographe disparu en 2018, avec une superbe exposition reprenant le titre d’une précédente rétrospective à Lorgues (Vaucluse). On y découvre la vie et l’œuvre aux multiples facettes et aux changeantes matières, au cours d’une quarantaine d’années.

Nous l’avons connu scénographe de spectacles de danse chorégraphiés par sa compagne de toujours, la danseuse Dominique Rebaud et le découvrons réellement maintenant, à l’occasion de cet hommage qui lui est rendu par le maire, Laurent Vastel et l’adjointe à la Culture, Muriel Galante-Guilleminot  de Fontenay-aux-roses, ville d’adoption du couple et où est né leur fils, le compositeur électro-acoustique Félix Rebaud-Sauer qui y a fondé siège sa compagnie, la bien nommée Camargo.

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L’accrochage est une réussite. Les deux grandes salles latérales du rez-de-chaussée donnent une idée de la fécondité du travail d’Arnaud Sauer, de ses recherches formelles, de ses expérimentations graphiques, picturales et photographiques, de ses « périodes »….Naturellement, Nous avons été plus sensibles à certaines propositions qu’à d’autres. Mais l’impression de prolixité domine. En touche-à-tout talentueux, l’homme passe des coulisses du spectacle, au premier plan de la scène. La première salle est vouée au dessin, à la peinture et à la sculpture. Avec un grand nombre de techniques : crayon papier, craie, pastel, lavis, plâtre, résine, acier, etc. Les formats sont tout aussi variés.  Présentés avec soin sur des cimaises ou protégés dans des vitrines. L’éclairage a été finement dosé, comme il se devait, pour faire honneur à un spécialiste de ce domaine.

Le deuxième espace est éblouissant et des projections multi-écrans, donne une idée de la richesse de la production photographique et vidéographique l’art visuel de Sauer. Deux gigantesques mosaïques de diapositives auto-éclairées permettent de suivre la généalogie de l’œuvre, qui va des transparents peints à la main, aux photos analogiques, retouchées ou non, des images d’esprit op-art (à la Bridget Riley) aux images de synthèse réalisées sur ordinateur Atari à la fin des années  quatre-vingt, qui font songer aux expériences des précurseurs californiens James et John Whitney et de l’animateur hongrois Peter Foldès.

Ces deux belles planches contact ou composites de diapos format 6 x 6 et 24 x 36 sont belles en tant que telles. Mais certaines étaient destinées à être agrandies, pour offrir un nouveau cadre aux arts de la scène, grâce à des  carrousels Kodak, comme le firent, au milieu des années 60, aussi bien Alwin Nikolaïs pour le ballet, qu’Andy Warhol pour des « light-shows » pour les concerts rock du Velvet Underground et les pistes de danse.  Et le soir du vernissage, le danseur Wu Zheng s’est fondu/enchaîné aux trames, motifs et matières projetés sur le mur du fond de la salle. Sa performance était soutenue par la musique répétitive et planante de Félix Rebaud-Sauer diffusée par smartphone, amplifiée par la sono.
Le diptyque vaut à lui seul le détour. Réalisé spécialement pour cette exposition-manifestation, des « images pour un film infini », selon  l’expression du réalisateur d’avant-garde Paul Sharits qui avait, comme le cinéaste structurel autrichien Peter Kubelka, réalisé des tableaux avec des photogrammes de ses propres films.

Nicolas Villodre

Médiathèque de Fontenay-aux-Roses ( Hauts-de-Seine), jusqu’au 31 octobre, 6 place du Château Sainte-Barbe. les
mardi : 14:00–19:00, mercredi:   10:00–12:30, 14:00–18:00, jeudi 14:00–19:00 vendredi 14:00–18:00 et samedi    10:00–12:30, 14:00–18:00

 

 

 


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