Livres et revues:

 

Livres et revues

Journal intime de Richard Burton, traduction d’Alexis Vincent et Mirabelle Ordinaire

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Ce livre a été publié en anglais en 2012. Richard Burton (1925-1984) est né Jenkins.  Burton est le nom de son professeur d’anglais au lycée qui l’encouragea à faire du théâtre. Il tint  ce Journal de quatorze ans jusqu’à à pratiquement la fin de sa vie, avec des interruptions; sans doute aussi  en effet y-a-t-il eu des cahiers ou des feuillets tapés à la machine qui furent perdus. Et ces presque six cent pages couvrent seulement les années soixante, celles qu’il partagea avec la vedette hollywoodienne Liz Taylor ( 1932-2011)cdont il fit la connaissance lors du tournage de Cléopâtre (1963) à Cinecittà. Elle jouait le rôle-titre; lui, Marc-Antoine et Rex Harrison, Jules César…

On abordera la lecture du journal chronologiquement, en suivant la table des matières, ou bien en picorant dans l’index. Un Gotha impressionnant mais où Carol Reed est classé à Carol: et non à : Reed, son patronyme… Le grand acteur y avoue son penchant pour la dive bouteille: «En parlant de boisson, Michel Jazy vient de remporter le record mondial du 1.500 mètres à la nage et d’après Le Figaro, il boit un quart de vin rouge par jour!» Mais il n’insiste pas sur les conséquences de l’abus de boisson: tensions, empoignades, séparations suivies de réconciliations avec celle qui devint sa seconde épouse… Ce qui rendit sans doute encore plus crédible le couple qu’ils jouaient dans La Mégère apprivoisée de William Shakespeare de un film de Franco Zefirelli (1967) et dans une adaptation de Qui a peur de Virginia Woolf d’Edward Albee, réalisée par Mike Nikols (1966)…

Il profite sans culpabilité de la fortune et de la gloire que cette association lui procure : un don du ciel fait à ce fils de mineur gallois. «J’ai établi qu’avec une chance raisonnable, nous serions fin 1969, riches de douze millions de dollars à nous deux. Environ trois millions pour le moment en diamants, émeraudes, biens immobiliers, tableaux de Van Gogh, Picasso, Monet, Utrillo… Notre revenu annuel tournera donc autour d’un million de dollars. S’il plaît à Dieu et sans guerre ni krach comme en 1929 ! »

Et l’acteur montre un talent de portraitiste : son goût pour la littérature et la poésie ne font pas de doute et les références qu’il donne, paraissent convaincantes.  Il a un bon sens de l’humour quand il égratigne un comédien mais ce n’est jamais bien méchant… Il fait partie de la confrérie de ceux qui sont passés par le théâtre shakespearien et fit ses premières armes à l’Old Vic à Londres. Il admirait Rex Harrison pour son élégance : « Il a essayé (mon manteau en vison) et j’ai eu quelques difficultés à le lui faire ôter. Il lui va superbement bien, évidemment. Il porte les vêtements comme seul, un porte-manteau peut le faire. » Il est un  peu plus sévère avec Warren Beatty : «Il ne transmet pas ce sentiment d’énergie vibrante comme Rex, ni de dynamisme léthargique comme Marlon. »

Nommé plusieurs fois aux Oscars, il évalue sa situation : «Ma seule chance : je suis lié à l’équipe Kennedy-Adlai Stevenson et je suis une «colombe». John Wayne, lui, est un « faucon » républicain, membre de la John Birch Society.» Mais ce dernier remportera la statuette cette année-là… Richard Burton ne semble pas apprécier la télévision où il  travailla dans les années cinquante : « Je suis toujours snob au sujet de ce média. Dieu merci, je peux me permettre de l’être, mais, pour moi, il reste le plus bas de gamme et le plus vulgaire des médias pour les arts du spectacle. » Richard Burton  a joué avec Romy Schneider, en particulier avec elle et Alain Delon dans L’Assassinat de Trotski (1972), un  film de Joseph Losey. Mais il sait ce couple dangereux pour celui qu’il forme avec Liz Taylor. Alain Delon peut lui ravir sa femme et la comédienne allemande est aussi une séductrice…

Burton réfléchit à son jeu: «Je peux être fasciné par une idée, mais la réaliser m’ennuie. Je crois qu’à cause de ça, quand, par exemple, j’explique le génie particulier de certains acteurs, j’imite ce que je pense qu’ils auraient dû faire, plutôt que ce qu’ils ont réellement fait. Je suis un meilleur apologiste de Gielgud, Swinley, Ainley, Scofield ou Brando, qu’ils ne le sont eux-mêmes. » Il a dû estomper son accent natal pour la scène puis pour le cinéma. Et ce qu’il dit du phrasé des speakers de la B.B.C. est juste et sensible : «Les accents précis et excessivement onctueux, le bruit des parasites est ce que je préfère et donne l’impression que les voix sont portées par-dessus la mer, les fermes et les Alpes par un vent incertain et solitaire. » Sur Shakespeare, il note : « Ai lu hier soir le premier acte de Beaucoup de bruit pour rien avant d’éteindre la lumière. Délicieux. Il faut que je lise William, plus souvent, au lieu de me contenter de le citer. On tire une satisfaction particulière de voir, sur la page, les mots défier toute mortalité. »

Nicolas Villodre

Journal intime de Richard Burton vient de paraître aux éditions Séguier, Paris. 592 pages. 24,90 €.

Jeu,revue de théâtre n° 175

 Ce numéro de rentrée, sous la direction de Raymond Bertin et Sophie Pouliot, s’ouvre avec Nouvelle Décennie, un dossier rigoureux et bien documenté où les auteurs essayent de voir ce que nous réservent les dix prochaines années dans le théâtre contemporain quant au jeu des acteurs et chez les auteurs, metteurs en scène, concepteurs lumière et  créateurs de costumes.

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A lire aussi entre autres, un entretien avec des représentantes de la jeune génération de metteuses en scène québécoises comme Alexia Bürger, Solène Paré, Alix Dufresne et Marie-Ève Milot. Elles ont une approche différente du plateau. Solène Paré a envie de monter un texte quand il recèle un mystère ou qu’il lui procure un certain effroi :«J’ai alors l’impression que je dois percer des dimensions irrésolues de la pièce ou trouver pourquoi elle me fait sentir une telle émotion.» Alexia Bürger d’abord comédienne, a ensuite mis en scène notamment Barbelés d’Annick Lefebvre au Théâtre de la Colline. Puis 21 de Rachel  Graton à Montréal. Pour elle, texte et mis en scène sont indissociables : « J’aime quand ces deux formes d’écriture dialoguent dès le départ et s’éclairent sans arrêt. »

 Il y a aussi un riche article de Raymond Bertin Les Directions artistiques en mouvement. C’est apparemment un problème aussi épineux au Québec qu’en France, où les tenants d’un poste ont aussi tendance à s’accrocher, même après une bonne dizaine d’années. Au détriment bien sûr des jeunes générations qui piaffent d’impatience  et voudraient bien aux aussi diriger un lieu. «Le plus dur dans ce métier, disait Antoine Vitez, est de parvenir à entrer dans la forteresse! » Bien vu. Suivent de courts portraits de douze jeunes créateurs dont sept sont des femmes et de quelques jeunes compagnies de théâtre et  de danse.

Un article sur Les Paradoxes du voyage par notre consœur Caroline Châtelet pose le problème des possibles dérives en France de ce qu’on appelle les « voyages de presse », c’est à dire aller voir un spectacle hors Paris tous frais payés. Que dire, quand on va parfois loin voir un En attendant Godot pas bien fameux sur lequel les critiques étaient malheureusement unanimes quant à la médiocrité de la mise en scène? Un confrère nous disait : « Oui, mais ils nous ont payé l’hôtel ! » Et alors,  comment faire autrement ? On n’allait pas passer la nuit dehors sous la lune près de la mer à attendre le premier TGV…  La seule et moins mauvaise solution : être juste sans être méchant et amer d’avoir perdu son temps pour aller voir un spectacle médiocre. Après tout, l’exigence n’a jamais tué aucun critique dont le rôle n’est jamais d’assurer la promotion d’un spectacle… Il y a des chargé(e)s de diffusion pour cela.

Égalementdans ce numéro, un papier sur la grande comédienne québécoise Andrée Lachapelle disparue l’an passé. Et un bon dossier sur les courants queer et néo-burlesque… “Le terme queer est englobant et peut qualifier toute personne se reconnaissant une différence de sexe ou de genre, ou se situant à l’intersection de diverses formes de minoration. C’est sa nature même : en ébranlant le bloc monolithique de la «normalité», la critique queer fait apparaître dans les fissures de nombreuses propositions relatives à la performativité du genre, qu’il s’agisse des personnes intersexes, asexuelles, polyamoureuses, demi-sexuelles, bi-spirituelles, non binaires, etc. Sortir de la dualité homme-femme traditionnelle conduit à une multiplicité des possibles. Cette fluidité trouve dans les arts un terreau fertile, surtout dans le contexte de la postmodernité qui, elle, déconstruit le sujet et l’objet artistique. »

Bref, un numéro de Jeu marquant comme toujours, mais riche et d’une grande acuité, avec une iconographie de tout premier ordre. »

Philippe du Vignal

En vente dans les librairies théâtrales en France.

 

 

 


Archive pour 22 novembre, 2020

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Journal intime de Richard Burton, traduction d’Alexis Vincent et Mirabelle Ordinaire

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Ce livre a été publié en anglais en 2012. Richard Burton (1925-1984) est né Jenkins.  Burton est le nom de son professeur d’anglais au lycée qui l’encouragea à faire du théâtre. Il tint  ce Journal de quatorze ans jusqu’à à pratiquement la fin de sa vie, avec des interruptions; sans doute aussi  en effet y-a-t-il eu des cahiers ou des feuillets tapés à la machine qui furent perdus. Et ces presque six cent pages couvrent seulement les années soixante, celles qu’il partagea avec la vedette hollywoodienne Liz Taylor ( 1932-2011)cdont il fit la connaissance lors du tournage de Cléopâtre (1963) à Cinecittà. Elle jouait le rôle-titre; lui, Marc-Antoine et Rex Harrison, Jules César…

On abordera la lecture du journal chronologiquement, en suivant la table des matières, ou bien en picorant dans l’index. Un Gotha impressionnant mais où Carol Reed est classé à Carol: et non à : Reed, son patronyme… Le grand acteur y avoue son penchant pour la dive bouteille: «En parlant de boisson, Michel Jazy vient de remporter le record mondial du 1.500 mètres à la nage et d’après Le Figaro, il boit un quart de vin rouge par jour!» Mais il n’insiste pas sur les conséquences de l’abus de boisson: tensions, empoignades, séparations suivies de réconciliations avec celle qui devint sa seconde épouse… Ce qui rendit sans doute encore plus crédible le couple qu’ils jouaient dans La Mégère apprivoisée de William Shakespeare de un film de Franco Zefirelli (1967) et dans une adaptation de Qui a peur de Virginia Woolf d’Edward Albee, réalisée par Mike Nikols (1966)…

Il profite sans culpabilité de la fortune et de la gloire que cette association lui procure : un don du ciel fait à ce fils de mineur gallois. «J’ai établi qu’avec une chance raisonnable, nous serions fin 1969, riches de douze millions de dollars à nous deux. Environ trois millions pour le moment en diamants, émeraudes, biens immobiliers, tableaux de Van Gogh, Picasso, Monet, Utrillo… Notre revenu annuel tournera donc autour d’un million de dollars. S’il plaît à Dieu et sans guerre ni krach comme en 1929 ! »

Et l’acteur montre un talent de portraitiste : son goût pour la littérature et la poésie ne font pas de doute et les références qu’il donne, paraissent convaincantes.  Il a un bon sens de l’humour quand il égratigne un comédien mais ce n’est jamais bien méchant… Il fait partie de la confrérie de ceux qui sont passés par le théâtre shakespearien et fit ses premières armes à l’Old Vic à Londres. Il admirait Rex Harrison pour son élégance : « Il a essayé (mon manteau en vison) et j’ai eu quelques difficultés à le lui faire ôter. Il lui va superbement bien, évidemment. Il porte les vêtements comme seul, un porte-manteau peut le faire. » Il est un  peu plus sévère avec Warren Beatty : «Il ne transmet pas ce sentiment d’énergie vibrante comme Rex, ni de dynamisme léthargique comme Marlon. »

Nommé plusieurs fois aux Oscars, il évalue sa situation : «Ma seule chance : je suis lié à l’équipe Kennedy-Adlai Stevenson et je suis une «colombe». John Wayne, lui, est un « faucon » républicain, membre de la John Birch Society.» Mais ce dernier remportera la statuette cette année-là… Richard Burton ne semble pas apprécier la télévision où il  travailla dans les années cinquante : « Je suis toujours snob au sujet de ce média. Dieu merci, je peux me permettre de l’être, mais, pour moi, il reste le plus bas de gamme et le plus vulgaire des médias pour les arts du spectacle. » Richard Burton  a joué avec Romy Schneider, en particulier avec elle et Alain Delon dans L’Assassinat de Trotski (1972), un  film de Joseph Losey. Mais il sait ce couple dangereux pour celui qu’il forme avec Liz Taylor. Alain Delon peut lui ravir sa femme et la comédienne allemande est aussi une séductrice…

Burton réfléchit à son jeu: «Je peux être fasciné par une idée, mais la réaliser m’ennuie. Je crois qu’à cause de ça, quand, par exemple, j’explique le génie particulier de certains acteurs, j’imite ce que je pense qu’ils auraient dû faire, plutôt que ce qu’ils ont réellement fait. Je suis un meilleur apologiste de Gielgud, Swinley, Ainley, Scofield ou Brando, qu’ils ne le sont eux-mêmes. » Il a dû estomper son accent natal pour la scène puis pour le cinéma. Et ce qu’il dit du phrasé des speakers de la B.B.C. est juste et sensible : «Les accents précis et excessivement onctueux, le bruit des parasites est ce que je préfère et donne l’impression que les voix sont portées par-dessus la mer, les fermes et les Alpes par un vent incertain et solitaire. » Sur Shakespeare, il note : « Ai lu hier soir le premier acte de Beaucoup de bruit pour rien avant d’éteindre la lumière. Délicieux. Il faut que je lise William, plus souvent, au lieu de me contenter de le citer. On tire une satisfaction particulière de voir, sur la page, les mots défier toute mortalité. »

Nicolas Villodre

Journal intime de Richard Burton vient de paraître aux éditions Séguier, Paris. 592 pages. 24,90 €.

Jeu,revue de théâtre n° 175

 Ce numéro de rentrée, sous la direction de Raymond Bertin et Sophie Pouliot, s’ouvre avec Nouvelle Décennie, un dossier rigoureux et bien documenté où les auteurs essayent de voir ce que nous réservent les dix prochaines années dans le théâtre contemporain quant au jeu des acteurs et chez les auteurs, metteurs en scène, concepteurs lumière et  créateurs de costumes.

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A lire aussi entre autres, un entretien avec des représentantes de la jeune génération de metteuses en scène québécoises comme Alexia Bürger, Solène Paré, Alix Dufresne et Marie-Ève Milot. Elles ont une approche différente du plateau. Solène Paré a envie de monter un texte quand il recèle un mystère ou qu’il lui procure un certain effroi :«J’ai alors l’impression que je dois percer des dimensions irrésolues de la pièce ou trouver pourquoi elle me fait sentir une telle émotion.» Alexia Bürger d’abord comédienne, a ensuite mis en scène notamment Barbelés d’Annick Lefebvre au Théâtre de la Colline. Puis 21 de Rachel  Graton à Montréal. Pour elle, texte et mis en scène sont indissociables : « J’aime quand ces deux formes d’écriture dialoguent dès le départ et s’éclairent sans arrêt. »

 Il y a aussi un riche article de Raymond Bertin Les Directions artistiques en mouvement. C’est apparemment un problème aussi épineux au Québec qu’en France, où les tenants d’un poste ont aussi tendance à s’accrocher, même après une bonne dizaine d’années. Au détriment bien sûr des jeunes générations qui piaffent d’impatience  et voudraient bien aux aussi diriger un lieu. «Le plus dur dans ce métier, disait Antoine Vitez, est de parvenir à entrer dans la forteresse! » Bien vu. Suivent de courts portraits de douze jeunes créateurs dont sept sont des femmes et de quelques jeunes compagnies de théâtre et  de danse.

Un article sur Les Paradoxes du voyage par notre consœur Caroline Châtelet pose le problème des possibles dérives en France de ce qu’on appelle les « voyages de presse », c’est à dire aller voir un spectacle hors Paris tous frais payés. Que dire, quand on va parfois loin voir un En attendant Godot pas bien fameux sur lequel les critiques étaient malheureusement unanimes quant à la médiocrité de la mise en scène? Un confrère nous disait : « Oui, mais ils nous ont payé l’hôtel ! » Et alors,  comment faire autrement ? On n’allait pas passer la nuit dehors sous la lune près de la mer à attendre le premier TGV…  La seule et moins mauvaise solution : être juste sans être méchant et amer d’avoir perdu son temps pour aller voir un spectacle médiocre. Après tout, l’exigence n’a jamais tué aucun critique dont le rôle n’est jamais d’assurer la promotion d’un spectacle… Il y a des chargé(e)s de diffusion pour cela.

Égalementdans ce numéro, un papier sur la grande comédienne québécoise Andrée Lachapelle disparue l’an passé. Et un bon dossier sur les courants queer et néo-burlesque… “Le terme queer est englobant et peut qualifier toute personne se reconnaissant une différence de sexe ou de genre, ou se situant à l’intersection de diverses formes de minoration. C’est sa nature même : en ébranlant le bloc monolithique de la «normalité», la critique queer fait apparaître dans les fissures de nombreuses propositions relatives à la performativité du genre, qu’il s’agisse des personnes intersexes, asexuelles, polyamoureuses, demi-sexuelles, bi-spirituelles, non binaires, etc. Sortir de la dualité homme-femme traditionnelle conduit à une multiplicité des possibles. Cette fluidité trouve dans les arts un terreau fertile, surtout dans le contexte de la postmodernité qui, elle, déconstruit le sujet et l’objet artistique. »

Bref, un numéro de Jeu marquant comme toujours, mais riche et d’une grande acuité, avec une iconographie de tout premier ordre. »

Philippe du Vignal

En vente dans les librairies théâtrales en France.

 

 

 

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