TransDanses au collège et au lycée par l’Espace des Arts de Chalon-sur-Saône

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TransDanses au  collège et au lycée par l’Espace des Arts de Chalon-sur-Saône

Nouveau directeur de cette Scène Nationale depuis janvier, Nicolas Royer avait imaginé un festival qui devait se tenir du 10 au 21 novembre. Face au second épisode de l’épidémie, loin de se décourager, il adresse cette première édition à la jeunesse. « Un an de direction avec six mois de confinement, on commence à savoir s’adapter ! A force de jongler avec les reports, on sait faire dans la cavalerie légère. Il faut mettre nos outils au service de la création et essayer d’inventer. »

 Déjà, lors du premier confinement, le théâtre s’est transporté vers les E.H.P.H.AD. avec Cabaret sous les balcons (voir Le Théâtre du Blog): «On a joué dehors, dans  les parcs, les jardins et les cours d’une trentaine d’établissements en Saône-et-Loire. Quand est arrivé le deuxième confinement, comme c’était très difficile pour la jeunesse, on s’est dit qu’on allait essayer de la faire danser. » Et, en quelques jours, l’équipe de l’Espace des arts et certains artistes invités au festival ont proposé une  «parenthèse chorégraphique »  aux collèges et lycées et à leur communauté éducative».  La majorité des principaux et proviseurs a accepté : « Le monde enseignant est un relais qu’on a depuis des années. Et, après Cabaret sous les Balcons qui a eu l’honneur de la presse jusqu’au New York Times, on nous a fait confiance. »

 Transdanses plante son chapiteau pour une semaine dans un établissement scolaire. Le programme pour plusieurs classes, tous niveaux confondus, est défini en amont avec les enseignants et le personnel administratif. Il se déroule en trois séances pendant le temps scolaire, en général sur les heures de sport ou d’histoire de l’art. Première séance, Breakstory : Olivier Lefrançois raconte l’histoire du hip-hop, accompagné par deux danseurs et un D J. Popularisé en France par Hip-Hop émission extraterrestre, une émission de télévision en 1984, cette danse a depuis gagné les scènes contemporaines. Après sa conférence, le chorégraphe et ses complices proposent aux élèves de danser à leur tour. D’abord surpris, ils s’y mettent volontiers.

 Deuxième séance,  I-Dance : les élèves et enseignants volontaires  scannés en 3D  peuvent voir leur corps se transformer en avatar. Pris en charge par des programmes fabriqués à partir de chorégraphies numérisées, ces avatars-danseurs composent un ballet projeté sur grand écran. Les jeunes gens se  voient danser dans des chorégraphies François Chaigneau, Gisèle Vienne et les autres artistes, parties prenantes de cette expérience.  Véritable prouesse technologique, cette installation peut aussi être vue par chaque élève sur : espace-des-arts.toutlemondedanse.com,  pour personnaliser son avatar : changement de costume, de tête, etc. Il peut aussi choisir sa musique et une chorégraphie parmi  celles  proposées ainsi que des partenaires-avatars.

Une troisième séance est consacrée aux danses sociales mais, covid oblige, avec  les distances obligatoires. Malgré les règles sanitaires, la première semaine du festival qui a eu lieu dans un lycée, a remporté les suffrages :  «Vendredi dernier, se réjouit Nicolas Royer, les gamins étaient tellement contents, qu’au lieu d’aller manger, ils ont préféré rester danser ensemble. »

 L’idée de Nicolas Royer: organiser une grande “dance floor party“ en fin de saison». Et il entend dans ses prochaines programmations, offrir une vraie place à la danse : «C’est le milieu artistique qui a le plus souffert. Le théâtre a pu se reprendre avec des lectures et une profusion de projets et captations. Les danseurs, eux, ont des carrières plus courtes et ont besoin d’un soutien massif. Les corps sont abimés par ces arrêts et nombre d’entre eux décident de se reconvertir dans la permaculture, les cours de yoga, ou de s’engager dans des O.N.G… »

 Mireille Davidovivi

Du 16 novembre au 18 décembre. Espace des Arts, 5 bis avenue Nicéphore Niepce, Chalon-sur-Saône (Saône et Loire). T. : 03 85 42 52 00.

 


Archive pour 26 novembre, 2020

Livres et revues

Livres et revues

 Lagarce une vie de théâtre de Jean-Pierre Thibaudat

 Jean-Luc-Lagarce-une-vie-de-theatreC’est la réédition d’un livre en version plus courte. Il se lit comme le roman d’une vie pleinement assumée par son auteur, avec son lot de souffrances  personnelles mais aussi de bonheurs dans l’écriture mais aussi dans ses amours des deux sexes.  Une vie déchirée qui fut longtemps déchirée par la maladie crânement assumée. Jean-Pierre Thibaudaut qui l’a bien connu, nous rend avec un grand talent d’écriture, la vie de ce jeune homme assoiffé de philo mais aussi de théâtre, qui restera avec quelques-une de ses pièces comme un auteur-culte et un très bon metteur en scène. Resté  toute sa vie fidèle à sa région d’origine, ce qui n’est pas si fréquent dans le milieu théâtral.
Ce dramaturge français le plus connu de la deuxième partie du vingtième siècle avec Bernard-Marie Koltès (1948-1989) né comme lui dans l’Est de la France, a habité en Franche-Comté à Valentigney. Il est  mort comme lui jeune -au même âge ou presque- il avait  trente-huit ans. Et tous deux emportés par le sida ! Nous l’avions peu connu mais la dernière fois que nous l’avions vu en 93, il nous avait apporté pour un article, une photo de La Cantatrice chauve qu’il avait remarquablement mis en scène avec une drôlerie et une rigueur qui donnait une nouvelle jeunesse à la pièce. Il était là silencieux dans le cadre de la porte de notre bureau à Chaillot, déjà très amaigri par la maladie mais avec un beau sourire généreux. Nous avions parlé un peu mais on avait peu de temps l’un et l’autre.  Il est décédé peu de temps après…
Si le théâtre de Koltès fut assez vite reconnu, celui de Lagarce, metteur en scène déjà expérimenté, ne le fut vraiment qu’après sa mort: à la toute fin des années quatre vingt. Vieille histoire  des milieux artistiques qui rappelle celle de la sculptrice polonaise Alina Szapocznikow, l’épouse du grand graphiste Roman Cieslewicz, qui vendit peu de ses œuvres. Aussitôt après son décès, les plus grands musées achetaient ses sculptures… Dur, dur, cet épisode qui affecta beaucoup Cieslewicz : il n’avait vraiment pas besoin de cela en plus…

Depuis, les textes de Jean-Luc Lagarce ont été traduits en vingt-cinq langues. Et Juste la fin du monde  a été inscrite au programme de 2008 à 2010, de l’épreuve théâtre du baccalauréat et en 2012 des agrégations de lettres modernes, de lettres classiques et de grammaire.. Et rebelote, au programmes des classes de premières générales et technologiques du baccalauréat français 2021. Xavier Dolan en a tiré un film en 2016…. Juste la fin du monde est aussi entrée au répertoire de la Comédie-Française

« Fils d’ouvriers chez Peugot et fier de l’être (pas le genre à renier ses origines, ni à renier quoi que ce soit d’ailleurs) Jean-Luc est un enfant élevé au biberon des valeurs protestantes, dominantes dans la région”, dit finement Jean-Pierre Thibaudat. Il commença le théâtre au lycée et joua Oreste dans Electre de Jean Giraudoux  mais aussi  Cristy Mahon dans Le Balladin du monde occidental de Synge avec déjà sa camarade Mireille Herbstmeyer qui devint une excellente actrice.
Puis il s’inscrit en 75 au Conservatoire de Besançon mais aussi en philo à l’Université de Besançon. Et il fonda trois ans plus tard avec ses copains de fac sa compagnie La Roulotte, un nom choisi en hommage au nom de celle de Jean Vilar. Toujours à Besançon dans un appartement. Il réussit à obtenir une maîtrise de philosophie, Théâtre et Pouvoir en Occident mais il abandonnera une  thèse sur la notion de système chez Sade.

De plus en plus attiré par le théâtre, il écrira une face domestique La Bonne de chez Ducatel, nettement influencée par Ionesco puis une adaptation de L’Odyssée d’ Homère dont certains des thèmes préfigurent ceux de pièces comme J’étais dans ma maison et j’attendais que la nuit tombe  ou Juste la fin du monde.  Il a seulement vingt-deux ans il mettra en scène  sans beaucoup d’argent mais avec ses fidèles acteurs, Va et vient, Pas et Pas moi , trois courts textes de Samuel Beckett sans guère de spectateurs. Mais Jacques Fornier à Besançon qui vient de mourir ( voir Le Théâtre du Blog)  et Lucien et Micheline Attoun, les directeurs à l’époque de Théâtre Ouvert vont l’épauler. Il monta Turandot d’après Gozzi. Et enfin Voyage de Madame Knipper vers la Prusse orientale connaît le succès  à Théatre Ouvert. A Théâtre Ouvert, Lucien Attoun au regard acéré, n’est pas toujours  très chaud pour accueillir les pièce de ce jeune auteur encore très peu connu à Paris.
Lagarce montera Phèdre, déjà publiée en tapuscrit par Théâtre Ouvert avec Mireille Herbstmeyer et Guislaine Lenoir à l’Espace Planoise à Besançon en 82 avec un succès certain. Le spectacle partira même en tournée et dans le off à Avignon. Jean-Luc Lagarce sait s’entourer d’un cercle qui le, protègent comme son fidèle François Berreur, ou son ami Dominique ou encore Pascale Vurpillot, tous des amis de longue date..
Puis il y eut Hollywood, une création importante avec Daniel Emilfork, cet acteur hors-normes mais épatant- il avait quelque chose du  Filochard  des Pieds Nickelés. Une pièce nourrie de nombreuses lectures et de films américains mais qui n’eut pas le succès qu’elle méritait.

Et aussi en 1994 Les Règles du savoir-vivre dans La société moderne, un beau solo accueilli par Henri Taquet à Belfort et magnifiquement joué par Mireille Herbstmeyer, écrit ou plutôt “tricoté de façon inextricable”avec répétitions, accumulations, incises de  son cru” dit Jean-Pierre Thibaudat, à partir du fameux ouvrage des années trente de la baronne Staffe. Un texte où une fois de plus Jean-Luc Lagarce met en scène le théâtre lui-même avec un sens inouï du deuxième , voire du troisième degré.

Puis Jean-Luc Lagarce déjà très malade et qui était conscient du peu de temps lui restant à vivre,  écrit Juste la fin du monde en 90, donc juste avant son décès, à Berlin grâce à une bourse Léonard de Vinci. Traduite en plusieurs langues, entrée au répertoire de la Comédie-Française, cette pièce sur fond d’autobiographie est devenue un classique du théâtre contemporain. Elle a été inscrite au programme de 2008 à 2010 de l’épreuve théâtre du baccalauréat et en 2012 des agrégations de lettres modernes, de lettres classiques et de grammaire puis au programme du baccalauréat de français pour 2021. Ces retrouvailles  de Louis et de sa mère, de sa sœur Suzanne , d’Antoine son frère  et de sa belle-sœur Catherine à qui il veut annoncer sa mort prochaine, seront sur fond de reproches et tensions familiales … Et Louis repartira sans avoir rien dit…Louis  retrouve pour la première fois depuis longtemps, sa mère, sa sœur Suzanne, son frère Antoine et sa belle-sœur Catherine. Solitude, regard sur un parcours de vie, difficulté à dire les choses qui se dissimule sous une logorrhée s’emparant sous forme de monologues de tous les personnages…Une vraie et belle pièce, sans doute un peu en avance sur son temps : le privilège des grands auteurs… Deux semaines avant de mourir le 30 septembre 1995, comme le  rappelle Jean-Pierre Thibaudat, il  avait fini Le Pays lointain une pièce que lui avait commandée François Le Pillouër, alors directeur du Théâtre National de Bretagne. Elle sera finalement montée par Philippe Adrien au Théâtre de la tempête à la Cartoucherie de Vincennes…

 De tout cela traite cet excellent livre qu’on lit d’une traite et son auteur a eu la bonne idée de citer souvent le Journal que tint Jean-Luc Lagarce depuis l’adolescence, publié aussi aux Solitaires Intempestifs que dirige François Berreur. Et cela donne très envie de le relire. En prime, sur la couverture, une très belle photo du dramaturge à vingt ans.

Philippe du Vignal

Editions Les Solitaires Intempestifs, Besançon. 10 €
L’œuvre  théâtrale de Jean-Luc Lagarce est aussi publiée par cette même maison.

 La Chorégraphie, neuvième section de l’Académie des Beaux-Arts n°92

627A80CA-9C9D-4B6A-88DF-778DFBDFC282Il y a aussi  dans ce numéro un entretien de Nadine Eghels avec Didier Deschamps, le directeur de Chaillot- Théâtre National de la danse. Il souligne la «nécessité de présenter des démarches chorégrahiques venues du monde entier et pour Chaillot la nécessaire « fonction de présenter le spectre le plus large de la création » dans ce domaine.

Jiří Kylián , danseur et chorégraphe tchèque bien connu, membre associé étranger de cette section danse,  et dont on a souvent vu les spectacles en France, a une  réflexion sur le chant et la danse, discutable mais intéressante. «Frère et sœur mais dit-il, la danse est peut-être la plus personnelle. Il est plus facile de reconnaître quelqu’un par les yeux que par les oreilles.  Car la lecture visuelle est fondée sur la réalité, quand notre perception auditive est davantage liée  à la compréhension et à l’interprétation. »

A lire aussi un entretien avec Carolyn Carlson, « danseuse, chorégraphe, artiste visuelle » . Elle met l’accent sur quelques points essentiels de son parcours, notamment l’influence de son maître Alwin Nikolais mais aussi le boudhisme qui, dit-elle, fait partie depuis quarante ans de sa vie de femme et d’artiste… Et un article Le Phénomène Pina Bausch  de Brigitte Terziev, membre de la section Sculpture. L’auteure souligne le talent de la grande chorégraphe allemande à construire ses spectacles en dessinatrice « pour créer des positions cosmiques faites de lignes de fuite  et de mouvement perpétuel ».

Ph. du V.

Académie des Beaux-Arts, 23 quai de Conti, Paris (VI ème). T. : 01 44 41 43 20.

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