La Dame de chez Maxim de Georges Feydeau, mise en scène de Thomas Moschopoulos

La Dame de chez Maxim de Georges Feydeau, traduction et mise en scène de Thomas Moschopoulos
 

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Noctambule, grand amateur de soirées sur les boulevards, Georges Feydeau fréquentait assidûment les cafés et brasseries de la capitale où il observait avec plaisir une faune en goguette. Dès 1894, il établit son quartier général chez Maxim’s, un grand restaurant fondé un an auparavant et devenu, en peu de temps, très à la mode. Il y dîne presque chaque soir avec le tout Paris: dandys, artistes, écrivains… Cette maison lui inspira cette pièce, l’une de ses plus célèbres, créée à Paris en 1899.

Une danseuse de chez Maxim, surnommée la Môme Crevette, maligne, canaille, provocante, a la répartie facile et mène le jeu. Ne songeant qu’au plaisir, elle devient l’incarnation de  la « vie parisienne » et est à l’origine d’une histoire d’adultère, que son complice d’un jour, le Docteur Petypon, essaye de cacher avec déguisements, changements d’identité, mensonges, fuites, cachettes et autres subterfuges traditionnels du vaudeville. Cette longue pièce à l’intrigue très moderne mais compliquée alterne  avec une trentaine de personnages, les quiproquos, bévues, scènes de séduction ou de divertissement selon les règles du genre.

L’atmosphère parisienne fin XIX ème est fidèlement retranscrite et la Môme Crevette à qui la plupart des hommes voue un véritable culte, danse un remarquable french cancan. La pièce reflète les préoccupations scientifiques de l’époque: deux médecins utilisent un «fauteuil extatique» inspiré des expériences contemporaines sur le magnétisme pour endormir leurs patients. Ainsi plusieurs personnages seront magnétisés en même temps. Extatiques et plongés en plein rêve, ils forment une chaîne humaine et réalisent les actions les plus farfelues dont ils ne se souviendront plus à leur réveil. La science entre au service du comique avec des imbroglios jalonnant la pièce. Ici, rationalité scientifique et monde de l’absurde ont partie liée.

Thomas Moschopoulos, en traducteur habile, a su respecter l’oralité de la communication quotidienne chez Feydeau et conférer aux expressions populaires ou argotiques une densité sonore savoureuse. Une discrète allusion sexuelle surgit des chansons interprétées avec allégresse et humour … Le spectacle, fidèle à l’esprit du dramaturge français, est de grande qualité: le metteur en scène a réussi à saisir le rythme frénétique et l’esthétique du burlesque,  et à actualiser la pièce. Les nombreux acteurs -tous remarquables- incarnent les personnages avec vivacité. Et les costumes exubérants de Claire Bracewell, la musique de Corneille Selamsis, les éclairages de Nikos Vlassopoulos, le décor majestueux d’Evangélie Thérianou: en cette période de confinement, tout, ici, a beaucoup amusé le public grec …
 
Nektarios-Georgios Konstantinidis
 
Spectacle vu le 28 novembre par retransmission en « streaming » du Théâtre National de Grèce, Athènes.  

 


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