Mais que voir et/ou lire en attendant le fatidique 15 décembre avant un possible retour dans les salles?

Mais que voir et/ou lire en attendant le fatidique 15 décembre avant un possible retour dans les salles? (suite et sans doute hélas, pas fin!)

Comme vous l’avez sans doute appris, les nouvelles ne sont pas bonnes et il n’est pas certain du tout que les théâtre cinémas, musées, galeries, etc. puissent accueillir à nouveau du public à la date prévue! Nous avons glané pour vous, non pas vraiment quelques pépites mais de quoi vous intéresser et vous consoler un peu. A suivre…

La Vitrine artistique

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Avec la complicité de la Maison de Quartier P M C et le soutien de la municipalité d’Ivry-sur Seine, le Théâtre El Duende présente un moment théâtral et musical qui sera joué dans sa vitrine. Mais le public restera sur le trottoir et, contraintes sanitaires obligent, limité à six personnes. Comme un goût de théâtre de poche mais en plein air…
Au programme: des impromptus poétiques et des pastilles artistiques élaborées et interprétées par la compagnie El Duende. Les séances de huit à dix minutes auront lieu à intervalle de vingt minutes pendant deux heures selon un thème choisi par avance.

Spectacles gratuits devant le 23 rue Hoche, à Ivry-sur-Seine, tous les samedis et dimanches du 5 au 27 décembre, de 18 h à 20h. Attention:  six personnes maximum devant la vitrine et réservation obligatoire: :https://theatre-elduende.mapado.com/

Six personnages en quête d’auteur de Luigi Pirandello, mise en scène de Stéphane Braunschweig

La célèbre pièce (1921) du dramaturge sicilien, œuvre-phare du théâtre moderne, a été jouée partout dans le monde. Créée en France par Georges Pitoëff, deux ans seulement après son écriture, elle a encore de beaux jours devant elle un siècle après. Une famille de personnages à moitié créés, laissés en plan par leur auteur, fait irruption dans un théâtre en réclamant à cor et à cri d’exister. Le metteur en scène a fait entrer ces êtres fictifs, intemporels, au milieu d’une répétition d’aujourd’hui. Et ils vont découvrir une équipe artistique en crise qui s’interroge sur son travail…

En libre accès : www.theatre-odeon.eu

 Comparution immédiate d’après des textes de Dominique Simonnot, mise en scène de Michel Didym

Un solo où Bruno Ricci bien dirigé endosse de façon remarquable les différents rôles: prévenu, avocat, juge, greffier… de cette procédure dite comparution immédiate après garde à vue, dans Coups de barre , un spectacle conçu à partir des chroniques judiciaires  de l’excellente  journaliste Dominique Simonnot ( voir Le Théâtre du Blog).Après avoir écrit pour Libération, elle les a publiées plus de dix ans dans Le Canard enchaîné.  » Au public de juger la justice, dit Pierre Notte.  » Dans un pays des droits de l’homme ou pas, cette justice peut s’avérer expéditive.  « Un quart d’heure pour juger un suspect, lui éviter la détention et empêcher qu’il croupisse en préventive. »Il n’y a guère de moyens, les membres du tribunal qui peut juger très tard le soir, sont épuisés, le jeune avocat commis d’office connaît mal, voire pas du tout le dossier, le prévenu ou la prévenue ne parle pas toujours bien le français et se défend mal…Bref, rien n’est dans l’axe et on assiste impuissant à une sorte d’abattage judiciaire qu’aucun gouvernement français n’a vraiment réussi à réformer. Un spectacle glacial mais efficace qui rappelle celui de Jean-Pierre Vincent sur le même thème mais aussi son ancêtre de 1972 : des saynètes de quelque minutes de théâtre d’agit-prop que les acteurs du Théâtre du Soleil avaient conçues et jouées dans la rue avec le strict minimum. Gérard Hardy -cet excellent acteur hélas disparu en septembre dernier- en robe noire de juge, monté sur une cagette, pérorait: « Je suis le Juge et je fais régner l’ordre. » Verdict: deux ans de prison infligés à un voleur de mobylette. Rien de neuf sous le soleil?Sur Viméo

L’Urgence des Arts

Télérama et le Théâtre de la Ville s’associent pour imaginer l’avenir  avec quatre jours de débats du 14 au 17 décembre à 18h qui seront enregistrés avec ou sans public. « Comment imaginer l’avenir?  Comment le mettre en scène, en mots et en images? Comment en faire un récit qui nous porte et nous guide?

L’Urgence des arts donnera la parole aux artistes du spectacle, des littératures et du cinéma mais aussi à la ministre actuelle et à deux anciens ministres de la Culture. « Oui, il y a urgence à voir, lire et ressentir. Donner la parole aux artistes pour faire sens dans l’incertitude.  Figurer, fût-ce dans le brouillard, notre dessein commun. Trouver des repères et relever avec audace et générosité, le défi de la pensée critique.

Il y aura tout du beau monde: entre autres, Jean-Jacques Aillagon, ancien ministre de la Culture et de la communication, Olivier Assayas, réalisateur, Roselyne Bachelot, ministre de la Culture, Alex Beaupain, auteur compositeur interprète, Caroline Bonmarchand, productrice, Marie-Christine Bordeaux, spécialiste de la médiation culturelle, Manuel Carcassonne, éditeur, Emmanuel Carrère, auteur, Manuel Chiche, distributeur, Volny Fages sociologue, enseignant-chercheur, Carine Karachi neurochirurgienne, Jack Lang, ancien ministre de la Culture, Macha Makeïeff, metteuse en scène et directrice du Théâtre National de la Criée à Marseille, Clément Mao-Takacs, pianiste et chef d’orchestre,  et les journalistes de la rédaction de Télérama.

theatredelaville-paris.com

Sois belle et tais-toi

Chaque semaine, des acteurs de la Comédie-Française préparent en six jours la création d’une pièce. Dans Sois belle et tais-toi, Françoise Gillard propose une vision théâtrale d’un documentaire réalisé par la grande comédienne que fut Delphine Seyrig (1932-1990)  où  des actrices témoignent de leur condition féminine…

Chaîne: La Comédie continue

Une sélection de films gratuits
Passons pour faire branché sans doute, sur la bêtise anglicisante de cet y remplaçant le é final de curiosité dans l’intitulé du site!  La maison de production de Marin Karmitz offre une sélection de films gratuits à voir pendant le confinement. Attention: cinq seulement et pas tout le temps… Il y a notamment Chocolat de Claire Cenis son premier film en 1988 jusqu’à demain.
Encouragée par Wim Wenders, Claire Denis écrit et réalise ce premier film sur fond autobiographique et marqué notamment par son enfance au Cameroun. Cela se passe dans ce pays peu de temps avant l’indépendance, dans une sorte de chef-lieu, loin de tout et au bout des pistes avec le courrier deux fois par mois, où vivent un administrateur Marc Dalens, sa femme Aimée et leur fille France. Les seuls blancs. Marc, souvent absent, en tournée d’inspection sur son domaine mène une vie qui semble conforme à ses rêves. Aimée, elle, joue son rôle dans la maison comme pour tromper son attente. Mais leur vie tranquille sera perturbée par les passagers d’un avion en perdition… Avec une belle distribution: Isaach de Bankolé, Giulia Boschi, François Cluzet, Mireille Perrier…

www.mk2-curiosity-selection-films-gratuits
Philippe du Vignal

 


Archive pour 8 décembre, 2020

Giscard à la barre !

 

Giscard à la barre !  

Fameux slogan d’une campagne présidentielle! Souvenirs, souvenirs… au Centre national de la danse à Pantin, un matin de janvier 2012, on avisa le personnel dont je faisais alors partie, de l’inspection imminente des locaux par la police : une personnalité de marque devait en effet assister le soir-même à Island of no memories de Kaori Ito.

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La personnalité en question? L’ex-président de la République, surnommé l’Ex tout court après avoir été, à l’américaine, appelé de son acronyme V.G.E. Autrement dit: Valéry Giscard d’Estaing. Incrédule, je m’installai au premier rang, comme toujours quand c’est possible, pour ne pas être dérangé par les mouvements de tête du spectateur assis devant moi, susceptibles de me détourner de la chorégraphie. Et, le cas échéant, pour prendre une photo au moment des saluts.

Une fois éteintes les lumières de la salle, se glissa une ombre effilée qui occupa le seul fauteuil resté vide au centre de la rangée. Et qui fut ce soir-là à «la place du Prince»? Le dit fauteuil avait été réservé par sa belle-sœur, Marina de Brantes, alors présidente de l’Association pour le rayonnement de l’Opéra de Paris. Avait-elle proposé à Giscard de l’accompagner au spectacle? Après tout, pourquoi pas? Je n’étais pas le seul à être épaté qu’un homme politique de ce calibre (Giscard étant chasseur… et cueilleur de jolies femmes) pût ainsi aller jusque dans le « neuf-trois » et s’intéresser à la danse. Giscard à la barre n’impliquant pas qu’il s’adonnât lui-même aux exercices de ballet…

Je compris par la suite qu’un président, ou un ex, aussi distingué ou noble soit-il, est comme vous, moi, ou le commun des mortels: entre la chorégraphie et son interprétation, il choisit la danse;  et entre la danse et la danseuse, la danseuse. J’ai oublié la dramaturgie d’Island of no memories, que j’ai revue ensuite à l’insu de mon plein gré à Saint-Quentin-en-Yvelines. Kaori Ito avait pour partenaires, le comédien-danseur Thomas Bentin et l’excellente danseuse Mirka Prokešová qui s’illustra dans une belle variation. Je crois qu’il y avait au début, une affaire de cordages. Et donc de nœuds, lacaniens ou gordiens, qu’il fallait devoir trancher.

Kaori Ito nous gratifia aussi d’un remarquable solo, assise sur le sol à l’avant-scène. Son port de bras valait celui de ses petits pieds nus, qu’admirait le public et surtout les premiers rangs... « La postérité ne retiendra rien de moi, nos sociétés sont sans mémoire », disait  V. G. E. dans Le Théâtre du pouvoir (2002) de William Karel. Elles sont à cet égard comme les protagonistes de la pièce de sa danseuse fétiche.

Nicolas Villodre

 

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