Le billet d’humeur de Jacques Livchine

Le billet d’humeur de Jacques Livchine

 

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Il faut que les théâtres restent fermés le plus longtemps possible jusqu’à ce qu’ils comprennent que, depuis quatre cents ans, ils se fourvoient.
Le théâtre ne peut pas être réservé à une minorité: les lecteurs de Télérama! Le vrai théâtre doit  raconter des histoires à la ville tout entière et, à part Le Channel de Calais, quel est le théâtre  public en France qui remplit cette fonction ?

Le 19 décembre, nous avons dû annuler depuis seize ans la cent cinquantième édition mensuelle de notre cabaret Kapouchnik… Le 4 janvier, arrivera en résidence la compagnie Oxyput chez nous, au Théâtre de l’Unité à Audincourt (Doubs). Cette compagnie de « danse bruyante » créée par Marine Cheravola en 2012 à Avignon, avec l’idée de diffuser le mouvement par le mouvement, sévit sur les places publiques…

Et les 6 et 7 février, toujours chez nous, aura lieu un Labo Rimbaud.

Puis le Théâtre de l’Unité ira du 23 janvier au 1 er février, répéter à Epinal son nouveau spectacle La toute première fois dont la première aura lieu le 2 février.

Jacques Livchine

Le 20 décembre, Les Menuires (Savoie).

 


Archive pour 26 décembre, 2020

Livres et revues

Angry Bird de Bassa Djanikashvili, traduit du géorgien par Gery Clappier, Maia Kiasiashvili et Clara Schwartzenberg

gNHPcqyRZs8qr7V5tnWHdNeNPJjAm-mmoy64SMbfR_f5fg4iVcAu768NfXPGLs7OMR3j=s121L’auteur (quarante-six ans), est l’un des plus renommés de Géorgie et un producteur de radio et de télévision incontournable à Tbilissi, la capitale.
Ses textes ont été présentés en Russie, en Allemagne,  à la B.B.C., et à la Ferme du Bel-Ebat à Guyancourt  (Yvelines).

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Dans un village naît un conflit religieux. Autrefois vivant en bonne intelligence, ses habitants doivent maintenant faire face à une radicalisation d’un autre âge. Nora, la mère de  Khatuna (seize ans) qui a un petit ami Ghio, évoque la nouvelle mosquée à laquelle fait allusion son mari Hassan qui lui répond : -Que vient faire la mosquée là-dedans? » Et Nora en colère réplique : «Tout ! Absolument tout ! Depuis que tu t’es impliqué dans la religion, les choses ont commencé à mal tourner. Le village entier nous évite. Or cela fait des années que nous y vivons. Depuis cet effroyable glissement de terrain, c’est notre seconde maison. Les gens d’ici nous ont acceptés, ils nous ont aidés à nous installer, ils ont fait preuve de gentillesse et de compréhension. Mais toi, tu restes bloqué sur tes idées ridicules. Alors dis-moi, que se passe-t-il ? -Je ne fais que prier, Nora. Et pas tant que ça, en réalité… Et je ne fais de mal  personne. -Je le sais bien, moi, que tu ne fais de mal à personne. Mais il y a un problème: tous les autres sont persuadés du contraire. »

Ces adolescents, l’un d’une famille chrétienne et l’autre d’une famille musulmane, «se découvrent mutuellement» autour d’une tablette électronique. Ils se retrouvent ainsi chaque soir pour jouer ensemble, alors que leurs pères tentent de se dresser contre ce rapprochement et que la tension monte tout autour d’eux. Ces Roméo et Juliette du Caucase décident de créer leur propre jeu:  plus brutal encore que la réalité  et qui prend alors un aspect prophétique. Dans ce village, les parents deviennent les  jouets d’une lutte cruelle et impitoyable qui aura une fin apocalyptique.

 Yoann Lavabre, auteur dramatique et directeur de la Ferme de Bel-Ebat à Guyancourt, a préfacé cette pièce exutoire qui traite de la montée de la peur entre communautés, à travers l’histoire d’un couple d’adolescents attisant la haine entre leurs parents,  jadis amis proches. L’œuvre, dit-il, emprunte son titre au jeu vidéo le plus téléchargé du monde  et ces jeunes désabusés manipulent leurs parents respectifs sur fond de conflit religieux  entre chrétiens et musulmans.

Sous forte addiction aux jeux vidéo, ces Roméo et Juliette de l’ère post-soviétique s’initient à la sexualité par le biais  d’une tablette numérique tombée du camion… Glaçant ! Ils voudraient que leurs pères se haïssent plus qu’ils ne le font déjà. «Comme le dégel du permafrost libère son lot de bactéries pathogènes jusque-là neutralisées par le froid », la fin du régime communiste génère une résurgence d’identités jadis refoulées. Des religions, ne reste en effet plus que des identités… sans aucune valeur. Chrétien ou musulman, chacun doit en effet correspondre à l’image stéréotypée la plus crasse possible. Les gamins jouent avec le feu dans l’espoir que survienne le pire. « Ce serait une bonne idée qu’il fasse tout péter, à commencer par l’école -on ne sait jamais, mieux vaut éviter l’éducation et le savoir, au cas où ça rendrait intelligent… »

Ces jeux vidéo violents ont-ils des répercussions néfastes? Ce que cherchent à élucider des chercheurs en psychologie. Chaque tuerie de masse trouve une explication facile quand autorités et médias dénoncent le fait que le criminel y jouait.  Même si des études sérieuses réfutent tout lien de causalité, rassurant la communauté des geeks offusqués. Ce débat passionné, dit Yoann Lavabre, rappelle la querelle d’un autre temps, celle qui opposait les détracteurs du théâtre à ses défenseurs, notamment au XVII ème siècle. Chez Bassa Djanikashvili, la violence de ces jeux vidéo ne canalise pas celle de l’homme. Ici, le monde des écrans contamine les personnages et l’on passe du règne de la déficience universelle, à celui de l’intelligence artificielle. Le bébé virtuel numérique prend le contrôle de ses pseudo-géniteurs pour les anéantir après qu’ils aient eux-mêmes fait s’entre-tuer leurs pères: Toma et Hassan …

A la fin, tout s’anéantit : « La chambre de Ghio et Khatuna prend feu. Le bébé-tablette observe la scène avec une grande attention. A la mort de ses parents, l’air joyeux, il jette un coup d’œil amusé au public. Un écran avec plusieurs espaces blancs, descend sur le plateau… Le bébé-tablette remplit les blancs et un texte apparaît : Prénom : Angry (fâché). Nom : Bird (oiseau). Age: 2 gigaoctets. Genre: 8 mégaoctets RAM. Confession : Android…. »  Le jeu est perdu mais Nora prend le bébé-tablette, le serre contre sa poitrine et fuira l’incendie, laissant là les corps sans vie de sa fille et de Giho. Une histoire à la fois universelle et inscrite avec dérision dans nos temps immédiats.

Véronique Hotte

Editions L’Espace d’un Instant, coproduction Culture Partages et La Maison d’Europe et d’Orient.

 

 

 

Il faut aider Michel Zecler

il faut aider Michel Zecler… 

Les faits sont têtus et ont été -heureusement!- enregistrés par une caméra de surveillance. Donc, pas question pour les auteurs de cette terrible agression de la nier! On connait cette histoire catastrophique et qui donne une belle image de la police nationale: le 21 novembre au soir à Paris, Michel Zecler regagne son studio d’enregistrement à pied et des policiers l’arrêtent pour non-port de masque. Le fait de ne pas en porter dans l’espace public est puni d’une amende de 135 € mais les policiers entrent de force dans son studio et le frappent très violemment avec, à la clé, des insultes racistes. Le président de la République a même déclaré que « ces images nous faisaient honte » mais n’a proposé aucune aide à cette nouvelle victime de violences policières. L’affaire a fait grand bruit et au moins, il y aura un avant et un après. Mais Didier Lallement est toujours préfet de police! Dans d’autres grands corps d’Etat, il y a longtemps qu’il aurait été démissionné! Cherchez la raison… Selon son avocate, Michel Zecler s’est depuis constitué partie civile pour être informé de la procédure et avoir accès au dossier.

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Vu l’extrême gravité des faits, ces fonctionnaires ont été mis en examen: trois pour: violences volontaires en réunion, propos à caractère raciste et faux en écriture publique! Le quatrième pour violences volontaires: il a jeté une grenade lacrymogène à l’intérieur du studio de Michel Zelcer! Là aussi, cela quand même beaucoup! Et deux d’entre eux ont été incarcérés. « Mais, dit S.O.S. Racisme, Didier Lallement, préfet de police de Paris, a accordé la «protection fonctionnelle» aux policiers qui ont agressé Michel Zecler.  » (Pour le cabinet de Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur,  cette situation n’a rien d’exceptionnel! Les frais de justice de ces individus vont donc être pris en charge par l’Etat donc par le contribuable) « La «protection fonctionnelle» oblige certes l’Etat à prendre en charge la défense d’un agent public mis en cause devant la Justice pour une faute commise dans l’exercice de ses fonctions. Mais pas quand le comportement est déontologiquement inexcusable. Faut-il alors estimer que, pour ce préfet de police, le racisme et les violences sont déontologiquement excusables? Mais peut-on penser qu’il ait pu prendre cette décision, sans un accord préalable du ministère de l’Intérieur?  » Et le 15 décembre, des élus de gauche, qui ont réclamé la démission du préfet Lallement, ont quitté la séance du Conseil de Paris.

 « Michel Zecler a dû subir une opération, suite à la déchirure du tendon de son biceps gauche, aggravée par le menottage et le délai de prise en charge médicale à cause de sa garde à vue. Aujourd’hui, il porte une broche à vie; traumatisé par cette agression, il ne bénéficie d’aucun soutien. Et ce n’est pas Didier Lallement qui lui en a fourni! Pourtant, Michel Zecler très mesuré dans ses propos, il ne fait aucun amalgame et vient de créer une fondation  qui permettra à «l’effort (de) devenir collectif et qui, on l’espère, (sera) porteur de changements salutaires parmi ceux qui peuvent, et qui doivent avant tout nous protéger ».

Philippe du Vignal

Pour l’aider à payer ses frais médicaux et de justice, mais aussi soutenir la fondation de Michel Zecler, Greg Germain, directeur des Théâtres d’Outre-mer au festival off d’Avignon, Marie-Pierre Bousquet et toute l’équipe d’Axe Sud Production, invitent à participer à la cagnotte qui a été lancée:

www.cotizup.com › michel-zecler


 

La grande colère de Charlélie Couture

La grande colère de Charlélie Couture

Le secteur dit de la Culture représente 2,3% du P.I.B. national, d’après les chiffres de 2018 avec environ 80.000 entreprises culturelles, soit 670.000 emplois : 2,5% de la population active. Sans compter les fournisseurs de matériel, les entreprise de restauration, de nettoyage, etc. C’est tout  un secteur actuellement sinistré qu’il faudra un jour faire retravailler…  Mais le cœur n’y est plus et personne ne croit à une réouverture des lieux culturels le 7 janvier, ou alors, de façon très réduite… Et  la condescendante et des plus maladroites Roselyne Bachelot en remet une couche avec son méprisant : à la revoyure… Cette  soi-disant ministre de la Culture n’a même pas eu le courage de démissionner, comme Nicolas Hulot l’avait fait… Elle s’est même permis de dire que cela n’aurait pas eu de sens de rouvrir les salles en décembre pour les refermer ensuite. Bravo !

Devant plus de 32 millions de téléspectateurs, Emmanuel Macron n’avait pas eu un mot pour la Culture. Secteur non essentiel, avait-il sottement dit! On s’en souviendra au moment des élections et on espère que les Français lui feront sans doute savoir que lui, non plus, n’est pas essentiel à notre vie de citoyens.

Jean Castex a confirmé avec la publication du décret n° 2020-1582 du 14 décembre 2020 ce que l’on savait déjà, qu’aucune salle de spectacle, de cinéma ni aucun chapiteau ne rouvrirait cette année. Quant à la date annoncée du 7 janvier, les professionnels sont de plus en plus sceptiques. Comme selon l’A.F. P., Malika Seguineau, du Prodiss, la plus importante organisation patronale du spectacle musical dans le privé. «C’est un nouveau coup dur, un nouveau coup d’arrêt pour les billetteries : on sait qu’à Noël, d’ordinaire, l’achat d’un billet de spectacle comme cadeau, est courant. Et surtout, notre reprise d’activité est encore repoussée à une date inconnue. »
Et dans une lettre virulente à Emmanuel Macron, le chanteur et compositeur mais aussi peintre photographe et  écrivain Charlélie Couture, très en colère contre les énarques et tous ceux qui nous gouvernent, ne mâche pas ses mots…

Philippe du Vignal


 

Charlélie Couture:

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« NOUS sommes en guerre, oui ! NOUS, les non-essentiels, NOUS, les inutiles, NOUS, les riens, NOUS, les Lumières plongées dans l’ombre, NOUS, les Gens de l’Esprit et de la Culture, NOUS, les restaurateurs, ceux des plaisirs de la bouche et du plaisir tout court, Oui, NOUS sommes en guerre, NOUS, les personnels et techniciens du spectacle, ceux des théâtres et des cinémas, NOUS, les Acteurs et les Comédiens mis aux arrêts forcés, NOUS, les Musiciens, NOUS tous que vous considérez comme des paresseux mais qui ne rêvons que de travailler, Et tous ceux de la nuit, ce monde qui vit la nuit, cette nuit NOIRE que vous associez au Mal, cette peur médiévale qui accompagne la nuit quand le Diable revient, ce Mal qui grandit quand le soleil s’est couché, -désormais après 20 h.

(…) NOUS, que vous traitez avec un détachement scandaleux, Oui, NOUS sommes en guerre contre VOUS ! Contre le Janus qui répète qu’il « assume », lui qui se croit doué d’un super-pouvoir de séduction absolu, qui lui permet d’envoûter et de berner comme un camelot tous ceux qu’il rencontre, lui le Petit Prince tellement condescendant vis-à-vis du Peuple et de la classe moyenne.

Oui, Nous sommes en guerre contre VOUS. Contre cet orphéon de sous-fifres opportunistes qui improvisent, au jour le jour, une chorale cacophonique, cette ribambelle de technocrates cyniques feignant d’ignorer froidement les drames dans lesquels plongent ceux qui sont concernés par ces décisions iniques, VOUS, dont les discours lénifiants et versatiles conjuguent à la fois l’ignorance et l’absurde.

 Contre VOUS, dont les incohérences nous inondent comme des pluies acides sur notre forêt de rêves, Contre vos fausses promesses et vos effets d’annonce comme un coup de bluff permanent, affirmant des choses un jour, et le contraire, le lendemain, avec le même aplomb trumpiste.

 Contre vos fanfaronnades ineptes et vos décisions inopinées, Contre vos lois votées en catimini, Nous sommes en guerre oui ! Contre les mafias milliardaires et autres géants de Big Pharma. Contre votre déni effectif des menaces climatiques, au profit d’une consommation capricieuse et d’une pollution d’objets inutiles distribués par le géant Amazon.

En guerre contre une économie de cavalerie et de course en avant qui « invente » des milliards virtuels, et nous entraîne à court terme vers le grand délire d’une économie irréelle, comme une plongée dans un puits sans fond.

 La France n’est pas sereine, noyée dans une sorte de chaos et d’écœurement causés entre autres par la surprotection d’une police répressive et les disputes intestines entre spécialistes illuminés aussi malsaines que des bagarres de rues entre bandes de supporteurs alcoolisés.

La France n’est pas en paix avec elle-même, quand les mêmes qui dénonçaient les lois du califat imposant le silence et le voile, oui, les mêmes interdisent de la même manière depuis des mois à la fois le théâtre, la musique, les musées, les rencontres populaires (sportives ou artistiques) et puis les restaurants, les rassemblements de fêtes joyeuses et conviviales, et maintenant Noël en famille et la Saint-Sylvestre… Conscients que les enfants dans les écoles apprennent à devenir fous, oui, nous sommes en guerre, une guerre secrète, une guerre interne, pour l’heure encore en implosion, mais dont les conséquences seront graves.

On devine la colère qui gronde. Et les gens désespérés sont prêts à exploser, prêt à se faire exploser, suicidaires. Un pouvoir si puissant soit-il, ne tient que par l’acceptation ou le refus du Peuple d’obéir. Désormais NOUS sommes en guerre, oui. Pour défendre notre droit à continuer de vivre dignement, pour défendre notre Liberté légitime et notre droit de penser autrement !

 

 

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