Que faut-il dire aux Hommes ? mise en scène de Didier Ruiz

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© Emilia Stefani-Law

Que faut-il dire aux Hommes ? mise en scène de Didier Ruiz

Après les ex-prisonniers d’Une longue peine, après les personnes transgenres de TRANS (me’s enlla »), (voir Le Théâtre du blog), le metteur en scène donne ici la parole à sept hommes et femmes engagés dans leur foi. Ils viennent dire leur parcours spirituel,  leurs doutes et questionnements, et partager leurs réponses. «Dans une société en manque de spiritualité et où les religions sont synonymes de déchirements et de haine, remarque Didier Ruiz, il me semble que nous avons besoin de nous reconnaitre, de nous retrouver. Nous avons besoin de soleil. Oui, de soleil. »

Parler de spiritualité au théâtre est chose délicate et il a fallu faire confiance à ceux qui se sont prêtés à ce jeu pour trouver la juste distance. Pari réussi : il n’y a chez ces protagonistes aucune ombre de prosélytisme. Ils ne sont pas enfermés dans les dogmes et nous montrent seulement la voie vers la lumière que leur apporte leur engagement religieux.

 Chemin parfois rocailleux et exigeant que nous suivons pas à pas. Brice, un frère dominicain, vit dans un couvent parisien et s’interroge sur le sens du péché. Marie-Christine, catholique, a quitté sa congrégation et devenue théologienne, fait des conférences et du «coaching» d’entreprise. Grace, originaire du Kenya, après avoir fui une famille ultra-religieuse, a gagné la France, chef de file de la laïcité et elle est maintenant pasteure à Paris. Jean-Pierre, juif d’Algérie, avocat à la retraite, est resté pratiquant, même après s’être rebellé contre l’autorité d’un rabbin. Éric, bouddhiste, travaille auprès d’ O.N.G. à l’étranger et Olivier, chamane, exerce le métier de clown… Enfin, Adel, un artiste, nous donne une vision très personnelle de l’Islam.

 Dans une scénographie sobre : un plateau en bois nu suspendu par des filins d’acier, leurs paroles d’abord à tour de rôle, viennent bientôt s’orchestrer en un chœur pour résonner ensemble, révélant des convergences inattendues. «Comme pour les précédentes créations,  précise le metteur en scène,  je travaille selon le procédé de la parole accompagnée qui m’est cher, et j’ai fait le choix d’une partition orale et non d’un texte. »

Depuis plus de quinze ans, avec sa Compagnie des Hommes, Didier Ruiz rassemble des personnes qui ne sont pas du métier et qu’il appelle «innocents» ou «intervenants». Son travail va au-delà du théâtre documentaire et tend à traquer «ces invisibles, engagés pour atteindre la liberté». Les questions et thèmes abordés dans ses créations, comme le parcours effectué, se révèlent sensibles, brûlants, parfois risqués. Actuellement, la religion n’a pas bonne presse  mais il est plutôt question ici du supplément d’âme qui fait notre humanité…

Mireille Davidovici

Présentation professionnelle vue à la MC 93 de Bobigny  (Seine-Saint-Denis) le 9 janvier.

Prochaines dates sous réserve: 9 février, Théâtre de Chevilly-Larue (Val-de-Marne); 18 février, Châteauvallon-Scène Nationale, Ollioules (Var).
17 mars,Théâtre de La Coupole, Saint-Louis (Haut-Rhin).
Et du  4 au 20 mai, Théâtre de la Bastille, Paris (XIème).

 

 


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