Borderlines, chorégraphie de Taoufiq Izzediou

Taoufiq Izeddiou - 3e Biennale du festival Altérité, pas à pas! - 3e Biennale du festival Altérité, pas à pas!Tangente DanseÉDIFICE WILDER – Espace danse1435, rue De Bleury, Montréal H3A 2H7Bureau 10110. 11. 12 OCTOBRE 2019 - 19H3013 OCTOBRE 2019 - 16HChorégraphie Taoufiq IzeddiouInterprétation Yassmine Benchrifa, Moad Haddadi, Mohamed Lamqayssi, Chourouk El Mahati, Hassan OumziliCréation sonore Saïd Ait El Moumen et Taoufiq IzeddiouMusique Saïd Ait El MoumenConception lumière Chantal LabontéConception costume Tarik RibhPartenaires ESAVM, AFAC, Festival On Marche, CCN Belfort (VIADANSE)3e Biennale du festival Altérité, pas à pas!Tangente DanseÉDIFICE WILDER – Espace danse1435, rue De Bleury, Montréal H3A 2H7Bureau 10110. 11. 12 OCTOBRE 2019 - 19H3013 OCTOBRE 2019 - 16HChorégraphie Taoufiq IzeddiouInterprétation Yassmine Benchrifa, Moad Haddadi, Mohamed Lamqayssi, Chourouk El Mahati, Hassan OumziliCréation sonore Saïd Ait El Moumen et Taoufiq IzeddiouMusique Saïd Ait El MoumenConception lumière Chantal LabontéConception costume Tarik RibhPartenaires ESAVM, AFAC, Festival On Marche, CCN Belfort (VIADANSE)

Borderlines, chorégraphie de Taoufiq Izzediou

Le chorégraphe a rassemblé quatre de ses anciens élèves, pour composer une pièce fougueuse d’une heure qu’il avait hâte de montrer en France. «Au Maroc, depuis un an, tout est fermé, dit-il, et les danseurs ne bénéficient d’aucune aide. Beaucoup sont obligés de quitter le métier pour aller travailler ailleurs.» Reconnu sur la scène internationale, fondateur et directeur artistique du Festival de danse contemporaine On Marche, à Marrakech, Taoufiq Izzediou continue de présenter ses créations en Belgique, au Canada et en France… Pour cette nouvelle pièce, il bénéficie notamment du soutien du Théâtre Jean-Vilar à Vitry-sur-Seine qui coproduira aussi son prochain spectacle.

Sur le plateau, un grand carré couleur sable, cerné par des coins métalliques. Un premier danseur apparaît sur les bords, puis un deuxième. Et, comme si cet espace leur était interdit, ils en arpentent longuement les contours et en mesurent les limites. Ils franchiront ces frontières avec précaution, bientôt rejoints par les deux autres interprètes.

Sur ce domaine enfin conquis, ils vont donner libre cours à leur énergie, chacun développant son propre style. Ensemble ou séparés. Parfois, comme bloqué, l’un ou l’autre suspend son geste. Un autre s’agite à terre, dans un semblant de transe.  Avec précaution, les corps s’affrontent, s’engluent comme empêchés, dans cette périlleuse traversée, puis s’échappent, cherchent à inventer leur propre territoire et enfin l’habitent. Ils donnent parfois de la voix, et crient leur colère. La seule femme, Chourouk El Mahat déploie une danse sinueuse. A la fin, les artistes pervertissent l’espace vide avec des accessoires métalliques, prothèses prolongeant leur corps dans une lumière cauchemardesque.

Taoufiq Izzediou, en référence aux crises migratoires, veut interroger «les checkpoints, visibles ou invisibles, entre ici et là-bas, entre masculin et féminin, entre chaud et froid, entre modernité et tradition. » La création sonore de Saïd Ait Elmoumen -musique contemporaine et rythmes africains- exprime ainsi la porosité des frontières réelles ou imaginaires qui restreignent notre désir universel de mobilité.

Avec un épilogue en forme de rêve, sur Hello my Love, une chanson de Léonard Cohen, Taouffiq Izzediou ouvre un espace imaginaire tranchant radicalement avec le reste de la pièce. Le décor se défait, la danse s’apaise et ,sur ce refrain lancinant, «Hello, my love/And my love, Goodbye», retrouve les mouvements circulaires chers au chorégraphe. Une échappée belle, teintée de mélancolie. Mais Taoufik Izeddiou, qui a aussi fondé la première  école de danse contemporaine du Maroc, garde foi en l’avenir  : «Ils essayent de nous enterrer mais il ne faut pas oublier qu’on est des graines. »

Mireille Davidovici

Présentation professionnelle vue le 18 janvier, Théâtre Jean-Vilar 1 Place Jean-Vilar  Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne).

Le 27 février, Viadanse, Centre Chorégraphique National de Belfort (Territoire de Belfort).

En juillet, Théâtre Jean-Vilar, Vitry-sur-Seine.

Du 20 au 27 septembre, Biennale de la danse en Afrique, Marrakech (Maroc).

Et début novembre, Centre Chorégraphique National de Roubaix (Nord).

 


Archive pour 24 janvier, 2021

La Ménagerie de verre de Tennessee Williams,mise en scène de Georges Nanouris

La Ménagerie de verre de Tennessee Williams, traduction de Stelios Vafeas, mise en scène de Georges Nanouris
 
Dans un deux-pièces à Saint-Louis (Missouri), Amanda Wingfield abandonnée par son mari, vit dans le monde fantasque de ses anciens amoureux, entourée par ses grands enfants: Tom rêve de quitter son travail dans une usine de chaussures mais aussi l’étouffant cocon familial. Et la jeune Laura, à la timidité maladive et que tourmente une jambe infirme, prend le plus grand soin de sa ménagerie de verre: de fragiles animaux miniatures. Amanda a demandé à Tom d’inviter Jim O’ Connor, un copain, ouvrier dans la même usine… Elle y voit un amoureux possible pour Laura.

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De nombreuses similitudes existent entre la famille Wingfield et celle de Tennessee Williams.  La Ménagerie de verre, écrite en 1944, est contemporaine de la fondation de l’Actor’s Studio. Comme toute son œuvre théâtrale, la pièce est liée aux pratiques d’acteur de cette école où la construction du personnage est essentielle. Tout dans le texte est décrit avec précision: environnement, âge, milieu social, métier et habitudes des protagonistes… Pour une juste analyse du comportement humain.  Et Tennessee Williams commente la situation par le biais du narrateur, ou grâce à des projections d’images.

Il y a dans La Ménagerie de verre écrite avec le décalage qu’autorise la mémoire, des didascalies précises: elle, dit son auteur, « se passe dans la mémoire et n’est donc pas réaliste. Elle se permet beaucoup de licences poétiques. Elle omet certains détails; d’autres sont exagérés, selon la valeur émotionnelle des souvenirs, car la mémoire a essentiellement son siège dans le cœur. »

La Ménagerie de verre
dépasse son époque: complexe et polysémique et peut, après  plus de soixante-quinze ans, être encore réinventée… Georges Nanouris a créé un spectacle avec un rythme et des couleurs qui lui permettent de saisir le quotidien avec  justesse et réalisme. Seuls, les objets indispensables à la compréhension d’une scène sont ici gardés. Des lampes montent et descendent comme des pendules, soulignant le symbolisme de cette ménagerie de verre et renforçant la poésie du texte.

Mais Anna Massha (Amanda) a une voix monotone, des gestes répétitifs et une certaine  hystérie qui affaiblissent le personnage… Lena Papaligoura montre bien le passage impossible de l’enfant à la femme chez Laura, ses traumatismes psychiques et son caractère introverti mais l’actrice n’évite pas toujours un ton mélodramatique facile pour créer l’émotion. Konstantinos Bibis criaille souvent et joue Tom de façon superficielle. Mais Anastassis Roilos, lui, excelle en Jim O’Connor et a une belle présence scénique. Notamment, à la fin quand le jeune homme et Laura se livrent à des confidences et s’embrassent (on voit le baiser en ombre à cause des limites imposées par la crise du covid!). Mais c’est la seule scène poétique et touchante du spectacle…
 
Nektarios-Georgios Konstantinidis
 
Spectacle vu le 23 janvier, en retransmission depuis le Théâtre National d’Athènes.

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