Festival Les Singuliers De la sexualité des orchidées de et par Sofia Teillet

Festival Les Singuliers

De la sexualité des orchidées de et par Sofia Teillet,

Le jeu de la conférence commence par une couleur, le rose insolent de cette fleur qui représenta le luxe suprême, avant de devenir le tout venant des grandes surfaces et le cadeau obligatoire. Sur l’écran, la fleur étale une langue lascive, qui n’est autre que sa piste d’atterrissage pour insectes fécondeurs.

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Sofia Teillet va disséquer son sujet, étamine par étamine, paradoxe par paradoxe:  « Le style c’est l’homme? Non, le style, c’est l’organe féminin de cette fleur hermaphrodite et elle fait le maximum pour ne pas s’autoféconder et pour rencontrer « l’autre ». » Imaginons l’embarras d’une plante qui a tout pour elle, sinon la mobilité… Les mots comptent et comment. Sofia Teillet parle sexualité plutôt que fécondation, pour évoquer les ruses et  exploits, autant dire l’érotisme de la fleur pour arriver à son but, la reproduction et la pérennité de l’espèce… Nous apprendrons qu’il ainsi existe 25.000 espèces d’orchidées, toutes championnes de l’adaptation et bien plus anciennes que les dinosaures.

À la manière d’un Frédéric Ferrer avec ses très sérieuses conférences sur le climat, avec un humour aussi irrésistible que lucide. Même si les enjeux ne sont pas les mêmes, Sofia Teillet ne nous laisse pas perdre une miette de ses étonnements et découvertes inlassables, remontant jusqu’au big bang, au peu de poids de l’humanité face à l’univers et  à notre modeste système solaire ou encore à cette poussière qu’est la notre planète. Une conclusion (provisoire) et une conviction: il nous faudra essayer non de la sauver (elle se débrouille très bien sans nous) mais notre pauvre petite espèce. Nous retrouvons donc joies, surprises  mais aussi grand frisson de la découverte avec ce long flirt avec les infinis. Pas déçus et même reconnaissants d’avoir appris tant de choses et avec tant de plaisir…

Donc un théâtre minimal, limité à la forme ordinaire de la conférence avec projections d’images et tableau de papier peut jouer de sa précarité : genre : «Je me suis trompée d’image » ou «Un truc me gêne dans ma chaussure». Pari gagné pour la comédienne et un très bon moment pour le spectateur. Le charme dont le parfum persiste quelque temps et puis s’en va.

Christine Friedel

Présentation pour les professionnels vue le 12 février au Cent Quatre, 5 rue Curial, Paris (XIX ème).

 

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