Nous dans le désordre, texte et mise en scène d’Estelle Savasta

1(c)Danica Bijeljac

© Danica Bijeljac

Nous dans le désordre, texte et mise en scène d’Estelle Savasta

  »Je vais bien. Je ne dirai rien de plus. Je ne me relèverai pas.» Ismaël fait de la résistance. Sans raison, il s’est allongé un beau jour au bord d’un chemin… À l’orée des bois. Au vu de tout le voisinage et pour la malheur de ses parents, de son frère et sa petite sœur. Et il n’en bougera plus. Son geste inexpliqué et inexplicable sème le trouble autour de lui…

Le spectacle est né d’une résidence dans un lycée de Cavaillon, de la compagnie Hippolyte a mal au cœur. Fondée en 2005 par Estelle Savasta, cette troupe «partage le processus de création avec des gens qui ont l’âge du public auquel elle s’adresse ». Le personnage d’Ismaël a été suggéré par les élèves à la suite de débats et réflexions autour du thème de la désobéissance. Nourris par leurs improvisations mais aussi de fictions comme Bartleby d’Herman Melville, la metteuse en scène et les comédiens ont tissé une pièce insolite.

 Dans un décor sobre, évoquant un coin de forêt dévorant l’espace familial, les cinq interprètes jouent les parents, des amis d’Ismaël, des voisins et inconnus attirés par ce fait divers… Et, selon le besoin des séquences, ils se glissent à tour de rôle sur la couche du jeune homme. Chaque personnage y va de ses réactions, emphatiques ou hostiles. Et cet échantillon d’individus trace un portrait collectif, fait d’une mosaïque d’affects et prises de position idéologiques face à cette situation de crise….

 Organisée en une série de tableaux autour de la présence-absence d’Ismaël, un fantôme qui pèse son poids de silence, la pièce est fondé sur les réactions de ses parents compréhensifs mais dépassés, de son frère qui essaye de le distraire et de sa jeune sœur cherchant à lui apporter du confort: grâce à laquelle sa litière sylvestre se transforme en une jolie caverne lumineuse. Par ricochet, le cas Ismaël devient l’affaire de tous et trace des lignes de démarcation entre les gens. Il y a ceux qui tentent de comprendre, ceux qui voudraient le faire rentrer dans l’ordre et d’autres qui décident de le protéger, d’autres encore qui s’en prennent à lui violemment. Celui qui dit non, ouvre des gouffres d’incertitude ….

 Le temps passe mais l’histoire restera sans issue. Il nous appartient d’en imaginer la suite… Et personne ne restera indifférent à cette fable modeste mais dérangeante qui nous somme, gentiment et avec humour, de prendre position.

 Mireille Davidovici

 Représentation pour les professionnels vue le 18 février au Théâtre de la Ville-Théâtre des Abbesses, 31 rue des Abbesses, Paris (XVIII ème). T. : 01 42 74 22 77.

 Sous réserve: Les 30 et 31mars, Maison de la Culture de Bourges (Cher)

 Et du 7 au 10 avril,  MC2 Grenoble (Isère). Les 15 et 16 avril Nest-Thionville (Moselle).

 


Archive pour 24 février, 2021

Nous dans le désordre, texte et mise en scène d’Estelle Savasta

1(c)Danica Bijeljac

© Danica Bijeljac

Nous dans le désordre, texte et mise en scène d’Estelle Savasta

  »Je vais bien. Je ne dirai rien de plus. Je ne me relèverai pas.» Ismaël fait de la résistance. Sans raison, il s’est allongé un beau jour au bord d’un chemin… À l’orée des bois. Au vu de tout le voisinage et pour la malheur de ses parents, de son frère et sa petite sœur. Et il n’en bougera plus. Son geste inexpliqué et inexplicable sème le trouble autour de lui…

Le spectacle est né d’une résidence dans un lycée de Cavaillon, de la compagnie Hippolyte a mal au cœur. Fondée en 2005 par Estelle Savasta, cette troupe «partage le processus de création avec des gens qui ont l’âge du public auquel elle s’adresse ». Le personnage d’Ismaël a été suggéré par les élèves à la suite de débats et réflexions autour du thème de la désobéissance. Nourris par leurs improvisations mais aussi de fictions comme Bartleby d’Herman Melville, la metteuse en scène et les comédiens ont tissé une pièce insolite.

 Dans un décor sobre, évoquant un coin de forêt dévorant l’espace familial, les cinq interprètes jouent les parents, des amis d’Ismaël, des voisins et inconnus attirés par ce fait divers… Et, selon le besoin des séquences, ils se glissent à tour de rôle sur la couche du jeune homme. Chaque personnage y va de ses réactions, emphatiques ou hostiles. Et cet échantillon d’individus trace un portrait collectif, fait d’une mosaïque d’affects et prises de position idéologiques face à cette situation de crise….

 Organisée en une série de tableaux autour de la présence-absence d’Ismaël, un fantôme qui pèse son poids de silence, la pièce est fondé sur les réactions de ses parents compréhensifs mais dépassés, de son frère qui essaye de le distraire et de sa jeune sœur cherchant à lui apporter du confort: grâce à laquelle sa litière sylvestre se transforme en une jolie caverne lumineuse. Par ricochet, le cas Ismaël devient l’affaire de tous et trace des lignes de démarcation entre les gens. Il y a ceux qui tentent de comprendre, ceux qui voudraient le faire rentrer dans l’ordre et d’autres qui décident de le protéger, d’autres encore qui s’en prennent à lui violemment. Celui qui dit non, ouvre des gouffres d’incertitude ….

 Le temps passe mais l’histoire restera sans issue. Il nous appartient d’en imaginer la suite… Et personne ne restera indifférent à cette fable modeste mais dérangeante qui nous somme, gentiment et avec humour, de prendre position.

 Mireille Davidovici

 Représentation pour les professionnels vue le 18 février au Théâtre de la Ville-Théâtre des Abbesses, 31 rue des Abbesses, Paris (XVIII ème). T. : 01 42 74 22 77.

 Sous réserve: Les 30 et 31mars, Maison de la Culture de Bourges (Cher)

 Et du 7 au 10 avril,  MC2 Grenoble (Isère). Les 15 et 16 avril Nest-Thionville (Moselle).

 

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