Pueblo, texte et mise en scène d’Ascanio Celestini, traduction et interprétation de David Murgia

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© Céline Chariot

Pueblo, texte et mise en scène d’Ascanio Celestini, traduction et interprétation de David Murgia

Après Discours à la Nation (2013) qui fit date (voir Le Théâtre du Blog), David Murgia poursuit sa collaboration avec l’auteur, acteur et metteur en scène romain, encore  peu connu en France mais très apprécié en Italie, et régulièrement édité et joué en Belgique. Conteur prolixe à la manière d’un Dario Fo, Ascanio Celestini écrit  des pièces à partir d’improvisations, ce qui lui donne une oralité savoureuse. Avec des textes ancrés sur la réalité sociale, il s’engage fortement contre l’injustice et la défense les laissés pour compte. 

 Pueblo (« Peuple »)  donne voix au petit peuple de la périphérie. David Murgia, avec une faconde toute latine, s’approprie ce théâtre-récit accompagné par Philippe Orivel au synthétiseur et à l’accordéon. A un certain Pierre dont on entend les questions enfantines en off, il raconte l’épopée imaginaire de gens ordinaires. : «Je ne sais pas si c’est vrai, mais c’est comme ça que j’aime raconter l’histoire. »

Un rideau de pluie voile la planète, engendrant une onde de choc qui traverse l’univers, un son magique portant les voix de l’au-delà. Il y a d’abord ces femmes qu’il aperçoit de sa fenêtre, dans l’immeuble d’en face : «La vieille, de plus en plus vieille, et la jeune, de moins en moins jeune. » Ce serait la mère qui préparerait une soupe lyophilisée et sa fille qu’il invente caissière à l’essai dans un supermarché. Le narrateur se plait à la suivre jusqu’à sa caisse où elle devient une reine sans jambes, comme celles des jeux de cartes. Les histoires s’enchaînent au fil des rencontres de la jeune femme :  Dominique, la clocharde du parking qui ne fait pas la manche, Saïd le manutentionnaire africain qui lui fait la cour, la tenancière du  bistrot qui gère les machines à sous,  le gitan de huit ans qui fume… Et des milliers de migrants anonymes échoués au fond de la mer…

Ces vies minuscules se croisent et prennent une dimension poétique sous la plume féconde d’Ascanio Celestini, relayées par l’interprétation magnétique de David Murgia qui semble en improviser le récit avec des phrases truffées d’expressions savoureuses et d’humour. Le jeune comédien belge aux allures de gitan christique, dont nous avions fait connaissance il y a quelques années dans Le Chagrin des ogres mis en scène par son frère ainé Fabrice, nous entraîne avec fougue dans l’univers de ces clochards célestes. Ces sans-voix, nouveaux pauvres laissés sur le bord de la route du monde occidental en sont les héros. « Leur  humanité m’intéresse dit l’auteur et je veux raconter le monde magique qu’il y a dans leur tête. Un monde qui les rend beaux et peut seul les aider à ne pas disparaître. »

David Murgia  travaille avec Ascanio Celestini  à un nouveau spectacle.  Le théâtre Jean Vilar à Vitry-sur-Seine qui le suit depuis ses débuts, l’accueillera sans doute. En attendant la réouverture des salles, il joue des extraits de Pueblo sur les places, à l’instar de nombreux artistes belges, mobilisés dans un large mouvement national  Still standing for Culture* : ‘Un rassemblement de circonstance qui réunit des travailleurs de la Culture, des lieux et fédérations artistiques. »

Depuis juin dernier, musiciens, danseurs et comédiens jouent devant les théâtres, dans les églises et sur les places de village. « Nous avons arrêté d’attendre les décisions gouvernementales, dit David Murgia. L’assouplissement des mesures sanitaires est un piège sémantique. Nous voulons un rééquilibrage solidaire qui prenne en compte les enjeux de la Culture en temps de crise.  La Culture c’est le déplacement des corps, leur présence.» Après une journée nationale très suivie, le 20 février, la plate-forme lance un nouvel appel : « Samedi 13 mars, nous vous invitons à nouveau à agir dans les marges et les interstices des règles actuelles. À faire culture sans en attendre l’autorisation. À faire lien avec d’autres “oubliés”. À mettre la crise en débat, en faisant résonner des formes artistiques avec des lieux et des situations symboliques. » Bien entendu, Le Théâtre du Blog vous tiendra informé de la suite de ce mouvement.

Mireille Davidovici

Représentation pour les professionnels vue le 5 mars au théâtre Jean Vilar de Vitry-sur scène. *http://www.stillstandingforculture.be/

Sous réserve: en avril au Festival Mythos, Rennes (Ille-et-Vilaine). Et le 27 avril, Wolubilis, Bruxelles (Belgique). Du 22 au 26 juin, Théâtre de l’Ancre, Charleroi (Belgique)


Archive pour 8 mars, 2021

Pueblo, texte et mise en scène d’Ascanio Celestini, traduction et interprétation de David Murgia

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© Céline Chariot

Pueblo, texte et mise en scène d’Ascanio Celestini, traduction et interprétation de David Murgia

Après Discours à la Nation (2013) qui fit date (voir Le Théâtre du Blog), David Murgia poursuit sa collaboration avec l’auteur, acteur et metteur en scène romain, encore  peu connu en France mais très apprécié en Italie, et régulièrement édité et joué en Belgique. Conteur prolixe à la manière d’un Dario Fo, Ascanio Celestini écrit  des pièces à partir d’improvisations, ce qui lui donne une oralité savoureuse. Avec des textes ancrés sur la réalité sociale, il s’engage fortement contre l’injustice et la défense les laissés pour compte. 

 Pueblo (« Peuple »)  donne voix au petit peuple de la périphérie. David Murgia, avec une faconde toute latine, s’approprie ce théâtre-récit accompagné par Philippe Orivel au synthétiseur et à l’accordéon. A un certain Pierre dont on entend les questions enfantines en off, il raconte l’épopée imaginaire de gens ordinaires. : «Je ne sais pas si c’est vrai, mais c’est comme ça que j’aime raconter l’histoire. »

Un rideau de pluie voile la planète, engendrant une onde de choc qui traverse l’univers, un son magique portant les voix de l’au-delà. Il y a d’abord ces femmes qu’il aperçoit de sa fenêtre, dans l’immeuble d’en face : «La vieille, de plus en plus vieille, et la jeune, de moins en moins jeune. » Ce serait la mère qui préparerait une soupe lyophilisée et sa fille qu’il invente caissière à l’essai dans un supermarché. Le narrateur se plait à la suivre jusqu’à sa caisse où elle devient une reine sans jambes, comme celles des jeux de cartes. Les histoires s’enchaînent au fil des rencontres de la jeune femme :  Dominique, la clocharde du parking qui ne fait pas la manche, Saïd le manutentionnaire africain qui lui fait la cour, la tenancière du  bistrot qui gère les machines à sous,  le gitan de huit ans qui fume… Et des milliers de migrants anonymes échoués au fond de la mer…

Ces vies minuscules se croisent et prennent une dimension poétique sous la plume féconde d’Ascanio Celestini, relayées par l’interprétation magnétique de David Murgia qui semble en improviser le récit avec des phrases truffées d’expressions savoureuses et d’humour. Le jeune comédien belge aux allures de gitan christique, dont nous avions fait connaissance il y a quelques années dans Le Chagrin des ogres mis en scène par son frère ainé Fabrice, nous entraîne avec fougue dans l’univers de ces clochards célestes. Ces sans-voix, nouveaux pauvres laissés sur le bord de la route du monde occidental en sont les héros. « Leur  humanité m’intéresse dit l’auteur et je veux raconter le monde magique qu’il y a dans leur tête. Un monde qui les rend beaux et peut seul les aider à ne pas disparaître. »

David Murgia  travaille avec Ascanio Celestini  à un nouveau spectacle.  Le théâtre Jean Vilar à Vitry-sur-Seine qui le suit depuis ses débuts, l’accueillera sans doute. En attendant la réouverture des salles, il joue des extraits de Pueblo sur les places, à l’instar de nombreux artistes belges, mobilisés dans un large mouvement national  Still standing for Culture* : ‘Un rassemblement de circonstance qui réunit des travailleurs de la Culture, des lieux et fédérations artistiques. »

Depuis juin dernier, musiciens, danseurs et comédiens jouent devant les théâtres, dans les églises et sur les places de village. « Nous avons arrêté d’attendre les décisions gouvernementales, dit David Murgia. L’assouplissement des mesures sanitaires est un piège sémantique. Nous voulons un rééquilibrage solidaire qui prenne en compte les enjeux de la Culture en temps de crise.  La Culture c’est le déplacement des corps, leur présence.» Après une journée nationale très suivie, le 20 février, la plate-forme lance un nouvel appel : « Samedi 13 mars, nous vous invitons à nouveau à agir dans les marges et les interstices des règles actuelles. À faire culture sans en attendre l’autorisation. À faire lien avec d’autres “oubliés”. À mettre la crise en débat, en faisant résonner des formes artistiques avec des lieux et des situations symboliques. » Bien entendu, Le Théâtre du Blog vous tiendra informé de la suite de ce mouvement.

Mireille Davidovici

Représentation pour les professionnels vue le 5 mars au théâtre Jean Vilar de Vitry-sur scène. *http://www.stillstandingforculture.be/

Sous réserve: en avril au Festival Mythos, Rennes (Ille-et-Vilaine). Et le 27 avril, Wolubilis, Bruxelles (Belgique). Du 22 au 26 juin, Théâtre de l’Ancre, Charleroi (Belgique)

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