Eva et Viktor mentalistes et télépathes spirites

Eva et Viktor, mentalistes et télépathes spirites

 

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-Comment tous les deux êtes-vous entrés dans la magie ?

 -Viktor : J’ai été élevé par ma grand-mère, concierge et voyante (toute une époque !) et elle m’avait appris à tirer les tarots. Encore petit, j’avais donc un pied dedans mais quand j’ai vu Preston au musée Grévin en vrai et pas en cire sur la scène (il y avait des attractions à cette époque), alors j’ai voulu en faire mon métier. Et quand j’avais treize ans, j’ai vu à l’Olympia, le spectacle du grand Richiardi Junior au  festival de la magie qui, hélas, n’existe plus…

Deux ans plus tard, j’ai commencé à faire des tournées en France avec le chanteur Lionel Fournier, dans les maisons de retraite et de repos. J’étais peu payé mais c’était un début. J’ai appris sur le tas, en mettant à profit ce que j’avais lu dans les livres trouvés ici et là… J’allais souvent aussi à Mayette Magie Moderne, l’ancienne boutique de Monsieur Hatte et de sa fabuleuse vendeuse). J’écoutais tous les conseils possibles. (Il n’y avait pas Internet!)

Ensuite, je suis entré à l’Ecole du Cirque Fratellini pour deux ans. J’y ai rencontré Marjolaine, ma première partenaire. Avec Magie et Télépathie, j’ai commencé par faire des spectacles en tournée en Corse, Tunisie… Là aussi en étoffant, améliorant ou modernisant à ma sauce le peu d’informations que je réussissais à glaner. Mais je n’ai pas le sentiment d’avoir été beaucoup aidé. Etait-ce un frein ? Mais je lisais tout ce qui concernait l’art de la magie comme, entre autres, Les Pouvoirs secrets de l’homme de Charles Richet.

-Et vous Eva ?

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C’était seulement il y a trois ans. Viktor cherchait une partenaire. Je suis comédienne mais je m’étais déjà imaginée assistante de magicien, enfermée dans une boîte, prête à me faire découper à la scie! Eric Antoine ni Alpha n’avaient voulu de moi et j’étais donc disponible… La personne qui m’a le plus aidée, c’est Viktor évidemment. S’il y avait eu un frein, cela aurait été plutôt la peur de ne pas réussir un effet.

 -Comment travaillez-vous ?

-Eva et Viktor: Hors période covid, nous faisons beaucoup d’événementiels et présentons nos numéros dans des casinos  et quelques soirées privées, voire même des théâtres. Nous organisons aussi  des soirées à thème sur le paranormal pour entreprises ou particuliers pour fêtes de fin d’année, anniversaires, bar-mitzvah… Depuis quelques temps, nous faisons aussi du visio-mentalisme dans des spectacles interactifs avec Zoom.

 -De quels magiciens et artistes,  vous sentez-vous proches ?

 -Viktor : Preston, et urtout Richiardi Junior dont j’ai évoquée le travail avec sa fameuse femme coupée en deux. Il avait  une  très grande scie que le public venait contrôler sur scène et une odeur de formol qui emplissait la salle… Mais aussi Pierre-Jacques, le regretté pickpockett, Tiac disparu hélas lui aussi, et bien sûr le couple de mentalistes Myr et Myroska. Tony Andruzy qui a pratiquement imaginé le bizarre magic, The Great Tomsoni & Co (quel humour !), Fernandel, Bourvil, Alex Métayer, Max Maven, un autre mentaliste). Et côté cirque la famille des fabuleux trapézistes volants Osler del Cane, et  Kris Kremo, un  jongleur… Tous ces artistes m’ont étonné et amusé,  mais aussi nourri… M’intéresse tout ce qui touche au paranormal: mentalisme, magie bizarre, spiritisme, télépathie et close-up de haut niveau.

 -Eva : Pour moi, ce serait plutôt David Copperfield, Bébel, Edgar Falzar, Brett Daniels, les Falkenstein, Tina Lenert, Arturo Brachetti, le «quick change» époustouflant d’Avery Chin et Sylvia Lim… D’une façon générale, je suis attirée par ce qui me fait rêver et retrouver mon âme d’enfant.

 -Et vos influences artistiques ?

 -Eva: Mary Poppins et comme Viktor, Le Seigneur des Anneaux  mais aussi beaucoup d’autres que j’ai oubliés et qui ont trait au paranormal…

-Viktor: Les cinémas noirs américain, français ou italien des années quarante et cinquante, des films fantastiques comme Le Seigneur des Anneaux, Conan le barbare, Dragon heart… Et toute la littérature fantastique des XIXème et XXème siècles: Jules Vernes, Gustave le Rouge… Jean Ray, Love Craft, H. G. Wells.

-Des conseils à un magicien et mentaliste débutant ?

 -Viktor : Avoir une expérience de la vie, se cultiver, voyager. Faire des rencontres, être patient et apprendre par soi-même le maximum de choses, sans chercher à utiliser des applications qui, soi-disant, facilitent le travail…

 -Eva: A peu près les mêmes choses mais j’ajouterais: savoir choisir son ou sa partenaire. Et surtout s’entourer de gens bienveillants et généreux.

 -Et la magie actuelle, vous en pensez quoi, Eva ?

Eva : C’est de moins en moins «à l’ancienne». Les magiciens « Ipad « fleurissent, ça bluffe, mais le rêve, la poésie et la délicatesse ne sont pas toujours au rendez-vous ! Pour moi,  la culture évite l’appropriation des idées des uns et des autres. Cela force le respect !

-Et vous, Viktor?

– Oui, je suis d’accord avec Eva. D’une façon générale, la magie manque actuellement de merveilleux. Alors que la culture doit se transmettre au-delà des effets, nourrir le magicien, lui permettre d’imposer son personnage et de développer son charisme.

 -Et à part la magie ?

-Eva: J’aime beaucoup faire du sport, partager de bons repas. Viktor et moi, aimons les voyages, le cinéma mais aussi rencontrer des gens. Et il fait de la moto, mais pas moi…

Sébastien Bazou

Interview réalisée le 25  février.

Site d’Eva & Viktor : https://visiomentalisme.fr/

 

 

 


Archive pour 12 mars, 2021

L’occupation continue dans les théâtres…

L’occupation continue dans les théâtres…

Les directeurs des grands lieux sont du genre plutôt conciliants et lucides. Mais à l’Odéon, Stéphane Braunschweig estime, avec raison, que ce n’est pas à lui de régler le problème… Wajdi Mouawad au Théâtre de la Colline occupé par entre autres les élèves du Conservatoire, est ferme : «Le printemps arrive! La jeunesse est là! Elle parle et,  avec elle, l’espoir. La Colline appuie dans le dialogue et la confiance, le geste des étudiants qui ont investi son espace. Ils sont ici chez eux. Notre devoir est d’être à leur écoute, de les comprendre et de les encourager dans la démarche de leur pensée. (…) Nous relaierons leurs messages et les accueillerons au mieux de nos moyens jusqu’à la fin de leur geste”. Roselyne Bachelot n’a pas pris la mesure de la situation actuelle mais s’empêtre dans de petites phrases ridicules et pour le moins déplacées. Déclarant à l’Assemblée Nationale à l’occasion des questions d’actualité au gouvernement : «Ce n’est pas le bon moyen, c’est inutile. (…) Ces manœuvres sont dangereuses pour des lieux patrimoniaux fragiles.»

Et l’annonce hier par Roselyne Bachelot et Jean Castex de vingt millions d’euros supplémentaires « pour soutenir les équipes artistiques dans les régions, aider les plus fragiles, préparer la reprise mais aussi accompagner les jeunes diplômés » ne suffiront pas à calmer la colère du monde du spectacle mais aussi de la Culture en général. Il y a eu trop d’erreurs commises, trop de mesurettes et aucun véritable plan d’ensemble! Comme en réponse, une Assemblée générale des Intermittents a eu lieu aujourd’hui jeudi au théâtre de la Cité-Centre Dramatique National à Toulouse. Et les élèves de l’Ecole supérieure du Théâtre national de Bordeaux en Aquitaine ont organisé mercredi un rassemblement de soutien devant le Grand Théâtre.

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Et ce n’est pas fini! Vient en effet de tomber aujourd’hui un communiqué du Théâtre du Nord et de l’Ecole du Nord. Le nouveau directeur qui a succédé à Christophe Rauck nommé au T.N.P. à Villeurbanne, est David Bobée: « Mercredi, les élèves et sa Direction ont affirmé leur soutien aux actions menées au Théâtre de L’Odéon, de La Colline et au Théâtre national de Strasbourg. Hier, jeudi cette prise de position a été renforcée par l’occupation physique du Centre Dramatique National de Lille par des intermittents du spectacle. David Bobée a affirmé hier  son soutien plein et entier à cette nouvelle mobilisation qu’il a accueilli dans le dialogue, aux côtés de Marie-Pierre Bresson, adjointe à la Culture de Lille. »

«Nous partageons un objectif commun: que revive au plus vite le spectacle vivant. Il a été acté que cette occupation s’effectuerait dans le plus strict respect des consignes sanitaires et dans des espaces permettant la continuité du travail des équipes et de l’activité artistique : à savoir la création en cours de Christophe Rauck, Dissection d’une chute de neige. Il est apparu à toutes et à tous, qu’il était essentiel de ne pas perturber le concours de recrutement de la septième promotion de L’Ecole du Nord du 15 au 27 mars. (…) « et l’accueil et les auditions de  sept-cinquante jeunes de dix-huit à vingt six ans venus de toute la France,  pour qui ce concours reste un enjeu majeur. »

« Ces occupations sont un recours nécessaire pour faire entendre les voix et revendications d’un secteur isolé et ignoré depuis des mois. Malgré les concertations entre l’Association des Centres Dramatiques Nationaux et le Ministère de la Culture, malgré des propositions raisonnables de reprise d’activité, indexées aux différents stades de l’épidémie, faites en janvier, malgré les protocoles sanitaires responsables mis en place par l’ensemble des lieux culturels entre juin et novembre dernier, malgré plusieurs journées de mobilisation des professionnels du spectacle et des étudiants des écoles d’art dramatique. Malgré les demandes répétées d’un calendrier de réouverture, nous ne pouvons que constater un épuisement des équipes et pour certains,  une précarité de plus en plus inquiétante. »

David Bobee © Arnaud Bertereau Agence Mona

D. Bobee © A. Bertereau

« Nous prenons acte des mesures prises par le Gouvernement hier 11 mars répondant partiellement aux revendications du secteur mais qui sont loin d’être suffisantes. Nous réaffirmons ici, les revendications partagées par nombre de professionnels du spectacle et notamment, en l’absence de confinement global, la réouverture des lieux de culture dans le respect des consignes sanitaires, l’accompagnement urgent de la jeunesse et de la nouvelle génération d’artistes coupée en plein envol et sans visibilité d’avenir, le prolongement de l’année blanche, l’abandon de la réforme de l’assurance-chômage, profondément injuste dans un contexte où les plus fragilisés sont déjà les grandes victimes de la crise que nous traversons. »

« Nous arrivons à la date-anniversaire d’une année-carnage pour le secteur culturel et sommes à quelques mois de présenter au public, une nouvelle saison, pour une hypothétique rentrée en septembre. Nous travaillons toutes et tous, artistes, intermittents, permanents et indépendants, pour l’avenir du spectacle vivant, dans l’incertitude la plus totale. »

Et les aides annoncées par Castex-Bachelot ne changeront sans doute pas grand chose vu les besoins actuels… Jean Labadie, distributeur de cinéma, lui, ne mâche pas ses mots dans Le Nouvel Observateur: « Le meilleur conseil que je puisse lui donner, c’est de démissionner. Sur le cinéma, Bachelot est totalement incompétente. En une journée à Paris, 100.000 spectateurs se répartissent sur un parc de salles colossal et sur six séances. Donc, en termes de flux, l’ouverture des cinémas n’est pas un problème. Elle n’a jamais dû mettre les pieds dans un multiplex. Les Pouvoirs publics jouent la montre. Ils ne veulent pas se déjuger. » Quant aux lieux de spectacle en particulier les petites salles,  la Ministre connait-elle vraiment davantage la situation? Elle semble plus attirée en général par l’opéra et essaye de se dédouaner en allant rencontrer les intermittents à l’Odéon mais elle sait bien que cela ne suffira pas… Le monde de la Culture est très en colère et maintenant, ne cédera pas devant cette frilosité! Nous vous tiendrons régulièrement au courant. 

Philippe du Vignal

 

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