Festival d’Avignon 2021 Normalito, texte et mise en scène de Pauline Sales

Normalito, texte et mise en scène de Pauline Sales

 Un drame ignoré dans ce monde aux multiples sensibilités et aux identités éclatées : celui de l’enfant normal. Un mot que l’on n’ose plus prononcer… Sont vite diagnostiquées toutes les « dys-» qui pourraient entraver santé, scolarité, insertion sociale et bon développement et quoi encore, d’un enfant : dyslexie, dysorthographie ( ???), comme si la vie était entièrement définie par l’école. ..
Sans oublier les H.P., non, pas: hôpital psychiatrique mais Haut Potentiel, de ceux qu’on appelait avant les « surdoués ». Quand la maîtresse propose à chacun d’imaginer un super-héros avec des super-pouvoirs, Lucas dessine Normalito, celui qui rend tout le monde normaux  (sic). S’ensuit une rencontre heurtée qui évoluera vers un duo avec Iris, une fille zèbre ultra-rapide et à rayures. Chacun se fera chouchouter par les parents de l’autre et ils trouveront leur harmonie auprès de Lina ou Alain, la dame-pipi aussi « normale» en femme qu’en homme. Nous comprenons vite qu’il ne s’agit pas de glisser dans la pièce, un thème dans l’air du temps ! A la louche, un spectacle sur cinq dans le off d’Avignon  évoque la question du genre. Mais de trouver le sens réel de l’adjectif normal. Freud disait de la santé mentale, que celui qui peut aimer et travailler est normal dans tous les corps.  Comme le comprendront Lucas et Iris, nos deux olibrius en fugue.

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L’écriture est particulièrement savoureuse avec un cocktail de langage et de logique écoliers, de satire (terme qui signifie en lui même «cocktail), d’inquiétude philosophique et tendresse relevée d’ une pointe de piment.

Cette affaire d’être normaux, ce n’est pas rien aujourd’hui  et chaque fois que l’adjectif pointe son nez, il provoque un petit sursaut, déstabilise et interroge, en même temps qu’il rééquilibre la balance entre universalistes et identitaires.

Les acteurs à transformation Antoine Courvoisier, Cloé Lastère et Anthony Poupard sont précis, intenses, d’une énergie constante et maîtrisée, généreux. Bref, épatants. Avec un style de jeu répondant du tac au tac à l’écriture. Les deux premiers jouent les enfants juste là où il faut, entiers -comme les enfants dans leurs désirs et leurs jeux-, outrant à peine le dessin pour l’indispensable note d’humour adulte. Le tout dans une jeu de portes ultra- fonctionnelle du scénographe Damien Caille-Perret, complice et partenaire régulier de Pauline Sales. Ce Normalito, comme un certain chocolat de notre enfance, convient particulièrement aux sportifs,  malades, intellectuels, vieillards et adolescents. Et qui nourrit sans peser.

Christine Friedel

Le  11, au 11 boulevard Raspail, Avignon, à 9h 45. Jusqu’au 25 juillet, relâche les 12, 19 et 26 juillet. T. : 33(0)4 84 51 20 10.

Les Plateaux Sauvages , Paris
 (XX ème) les 1er et 2 octobre.

Maison du Théâtre-Brest, les 
7 et 8 octobre.

Théâtre de Mâcon, 
du 12 au 14 octobre.

Les Quinconces-L’Espal, Le Mans
 (Sarthe) du 20 au 22 octobre.

Théâtre de Chevilly-Larue, 
16 novembre.

Le Quai des rêves-Lamballe, le 
30 novembre.

Théâtre du Champ au Roy – Guingamp
, les 3 et 4 décembre.

Comédie de Caen
, du 15 au 17 décembre.

Théâtre Jacques Carat, Cachan, les 
18 et 19 février

Scène 6, Alençon ( Orne) le 
25 février.

T.N.G.-Lyon, 
du 10 au 14 mai.

Théâtre Olympia-C.D.N. de Tours
, du 17 au 21 mai.

 

 

 

 

 

 

 

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