WET°, festival de la jeune création contemporaine à Tours

WET°, festival de la jeune création contemporaine à Tours

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D’ordinaire, on lit : wet sur un panneau de mise en garde dans un endroit en plein nettoyage : sol mouillé, attention, ça glisse. Ici, au théâtre Olympia, cela signifie tout simplement un week-end théâtral… Ou, si on veut : attention, théâtre glissant! Les jeunes compagnies invitées se sont en effet « mouillées ». Cinq spectacles en un jour et quatre autres le lendemain! Le ciel est bleu mais l’effervescence d’un festival agit et nous n’avons pas hésité à courir d’une salle obscure à l’autre, avec une belle étape dans le cloître de la cathédrale.

Avant tout, ce WET° est un festival jeune avec un programme, validé par l’équipe artistique du Centre Dramatique National et choisi par le Jeune Théâtre en Région Centre-Val de Loire et cinq comédiens issus des écoles françaises : Bordeaux, E.N.S.A.T.T., E.S.A.D. , deux techniciens et une chargée de  communication. Hôtes du C.D.N. pendant deux ans, les jeunes acteurs travaillent avec des professionnels aguerris et  les jeunes compagnies venues se frotter au festival. Au Wet°, on invite des lycéens à prendre un bain de théâtre pour le plaisir, nous l’espérons, mais aussi pour essayer d’analyser les spectacles vus et se former à la dramaturgie.

Suzette Project de Laurane Pardoen

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En toute logique, le festival présentait un spectacle pour le jeune public. Celui-ci est joué par trois jeunes actrices bruxelloises. Suzanne et Alice, sa BFF (best friend forever) portent le même T-shirt, jouent avec leur téléphone, mais… Suzanne, qui a deux mamans, a choisi Al Pacino comme père imaginaire mais Alice n’a qu’un papa. Cela se complique encore avec Maxence: Alice en est folle mais lui n’a d’yeux que pour Suzette. Laquelle voit grand et va arranger tout ça. En fait, on découvre ici qu’aucune famille n’est «normale».
Prouesses physiques des jeunes femmes dans un jeu très chorégraphié, jolie ébauche de rap pour dessiner le garçon : bien vu, discrètement pédagogique, avec toute l’imagerie kitsch parfois chère aux préadolescentes…

Maryvonne de Camille Berthelot

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Une autre affaire de famille… Fascinée par sa grand mère, un peu froide et grognon, elle est allée la voir pour l’interviewer. Réservée, elle accepte quand même.

Pour nous, c’est la rencontre sur écran avec une personnalité en effet très attachante, sobre, capable de taper juste et vrai,. Mais elle se met volontiers à l’abri derrière la littérature quand il s’agit des sentiments.

Sur le plateau, la partition de la jeune comédienne reste mince. Timidité devant cette personnalité aussi si forte? Nous avons envie que sa petite-fille vole un peu la vedette à sa grand-mère.

Monuments hystériques

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Grand moment de respiration au cloître de la Psalette. Le titre dit bien de quoi il retourne… On inaugure un socle rose indien au centre d’un cloître où fourmille toute la fantaisie du gothique tardif: il n’y a qu’à aller plus loin, si possible, dans cette fantaisie. Dans un dialogue absurde entre deux, puis trois soi-disant spectateurs  dont un savant latiniste, cette pièce vire déjà à la satire avec une fonctionnaire qui excuse l’adjointe à la Culture qui, elle-même, excuse le maire absent… Elle plante ses talons-aiguilles dans le gazon et disparaît. Un fantôme enfantin (un drap troué pour les yeux) commence à errer dans les parages.
La troupe (les permanents du théâtre) est inventive et surprenante mais le spectacle s’effiloche, les effets sonores se perdent dans les échos très réels de la cathédrale voisine… Nous avons l’impression que Vanasay Khamphommala, artiste associé au C.D.N. a déposé sa boîte à outils de dramaturge et s’est permis toutes les déconstructions possibles avec un joyeux retour aux jeux d’enfants.

Vie et mort d’un chien, traduit du danois par Niels Nielsen de Jean Bechetoille,

Ce spectacle a déjà été joué: (voir Le Théâtre du Blog). Sur le plateau surélevé de l’Olympia, la pièce n’est pas très pas à l’aise et nous croyons peu à cette histoire de famille, encore moins aux allusions à Hamlet et à un épisode gourou-développement personnel, malgré une distribution sans reproches.

Opa de Melina Martin

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Palme d’or à cette actrice gréco-suisse qui avait joué ce spectacle au dernier festival d’Avignon (voir Le Théâtre du Blog). Opa, en grec ancien, c’est la vue… Regardez-moi, Hélène, la plus belle femme du cosmos, et cela de toute éternité. La femme-objet, la femme souveraine, la femme-déesse, la femme puissante, la femme brisée. Melina Martin est tout simplement parfaite : elle danse, chante, joue, intègre d’un regard les petits accidents qui peuvent se produire dans l’immense hall, fait s’allumer les éclairages fluo d’un battement de cil. Elle court, crie, se tait, sourit… Tout est maîtrisé : précision suisse mais feu méditerranéen. Un immense plaisir avec cette  Opa :Offre Publique d’Amour ! Melina Martin est une diva.

On retrouvera la troupe de Monuments hystériques dans la prochaine création de Jacques Vincey, le directeur du C.D.N. :Grammaire des mammifères de William Pellier, du 3 au 13 novembre.

Christine Friedel

Spectacles vus au Théâtre Olympia-Centre Dramatique National de Tours.

Et à partir d’octobre, en Belgique :Bruxelles, Soignies, Verviers, Ath, Lièges, Namur, Arlon…) et dans le Val-de-Marne : Chevilly-Larue, Lésigny, Fresnes.
Et à Brest, Nîmes, Évreux…

OPA : en janvier et du 4 au 7 mai, Théâtre du Pommier, Bayeux, (Eure).

 

 


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