LUCA GIACOMONI Hamlet

LUCA GIACOMONI  Hamlet

Vous avez bien lu : ce LUCA GIACOMONI Hamlet (sic), adapté du chef-d’œuvre théâtral absolu, est avant tout le fait de ce metteur en scène qui dirige douze acteurs professionnels et non-professionnels. Et il propose dans une note d’intention aussi bavarde que prétentieuse, « une partition théâtrale et musicale et le matériau d’une réflexion sur le rapport au réel, et le point de départ d’une recherche théâtrale sur l’invisible. » ( sic)   Après Iliade (2016), créé avec le centre pénitentiaire de Meaux, et Métamorphoses (2020), avec la Maison des femmes de Saint-Denis, des spectacles que nous n’avions pas vus,  Luca Giacomoni a collaboré avec des personnes ayant eu des expériences dites psychotiques. «Hamlet, dit-il, travaille la question de la perception du réel, les frontières invisibles entre vrai et illusoire – matériau éminemment théâtral, mais que le spectacle aborde, aussi, littéralement, à travers les expériences vécues de ses interprètes. Construit comme une symphonie en trois mouvements, mêlant récit et musique, cet Hamlet fait du plateau le laboratoire d’une interrogation vivante sur le sens même de l’expérience théâtrale ». Mais Luca Giacomoni mélange tout, les acteurs rament et bien entendu, le spectacle  du genre très laborieux, fait du sur-place pendant deux heures et demi.

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Et sur le plateau nu où il y a une véritable brocante : baignoire, tapis persan, lustre,piano, grande table en bois, miroir ancien, fauteuil… Luca Giacomoni pense que ces objets sont métaphoriques mais quelle illusion! Et nous n’avons rien vu de tout cela, qu’un inutile et encombrant bric-à-brac qui ne sert en rien à revisiter la célèbre pièce. La pauvre Ophélie est attachée à des câbles élastiques dont elle essaye de se délivrer, Gertrude a un bandeau sur les yeux,  Nathalie Morazin chante en s’accompagnant aupiano, piano dont elle enlèvera ensuite tous les panneaux qui peuvent s’enlever puis allongée au sol, frappera les corde avec un petit maillet ! Bon… Côté musique, c’est un petit cocktail pas très convaincant: valse, un air de Ligeti semble-t-il, un peu de pop et du Vivaldi: cela ne mange pas de pain…

Comme tous les acteurs ont un très mauvaise diction, sauf bien sûr la grande Valérie Dréville (Gertrude), on entend mal le texte, donc on s’ennuie à ce vieil happening-théâtre poussiéreux… Et de toute façon, mieux vaut connaître la pièce si on veut arriver à comprendre l’intrigue de ce pitoyable avatar d’Hamlet. Tant pis pour les autres. Cela dit, peu de spectateurs sont sortis avant la fin. Nous n’avons pas saisi les pistes que le metteur en scène a voulu suivre. Sinon celle d’une recherche très, très, très personnelle : «Je veux travailler avec des hommes et des femmes pour qui ce trouble-là, ces thèmes-là sont réels. Cruellement réels. Concrets, ni fantasmés, ni théoriques, ni joués, ni pensés. Je cherche une aspérité brute. Il s’agit pour moi d’aller voir des femmes et des hommes qui en savent plus que moi, sur ce que l’on nomme la folie.  » Mais encore une fois Luca Giacomoni confond tout…

Qu’un metteur en scène prenne la pièce comme base pour un travail de laboratoire qu’il veut ensuite montrer aux amis des acteurs et à quelques professionnels, pourquoi pas, c’est parfaitement son droit et ce ne serait pas la première fois. Antoine Vitez proposait déjà à ses élèves de préparer en dix minutes à et à partir de leur seuls souvenirs, un Hamlet de leur choix: un excellent exercice pédagogique… Mais ici, nous avons affaire à un spectacle pour un public, ou du moins proposé comme tel par le Festival d’automne qu’on a connu mieux inspiré Et ces deux heures et demi de ce «théâtre de la verticalité et de l’invisible» sont interminables. La dramaturgie comme la mise en scène nous ont laissé perplexe et que nenni de « la folie avec la splendeur qu’elle mérite» revendiquée par Luca Giacomoni… Tant pis!  Et vous pouvez vous abstenir…

Le Monfort, Paris (XIV ème) jusqu’au 9 octobre.

 

 

 


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