Syndeac : « Le spectacle vivant compte mieux faire sur les questions de parité femmes/hommes »

Syndeac: « Le spectacle vivant compte mieux faire sur les questions de parité femmes/hommes »

 A l’heure ou Metoo-Théâtre dénonce -tardivement- les violences sexistes et sexuelles dans les établissements culturels et les écoles de théâtre, le Syndicat des Etablissements d’Action Culturelle annonce dans un communiqué de presse: «Pour la première fois,  nous avons entrepris un comptage sur la place des spectacles écrits et réalisés par des femmes dans les programmes des scènes publiques. »

Et il publie une étude portant sur 306 structures au cours de la saison 2019-2020. Les statistiques restent accablantes!  Et ce, malgré une prise de conscience qui avait été induite par les rapports de Reine Prat en 2006 et 2009. Pourtant, majoritaires sur les bancs des écoles d’art et de spectacle, les femmes restent mises au ban des institutions et subissent souvent le mythe de la toute-puissance du «génie créateur masculin. Aujourd’hui plus nombreuses que les étudiants, elles deviennent progressivement moins actives, moins payées, moins aidées, moins programmées, moins récompensées, et enfin, moins en situation de responsabilités, que leurs homologues masculins. En 2018, elles représentaient: 6/10 èmes du corps étudiant, 4/10 èmes des artistes effectivement actifs ; 2/10 èmes des artistes aidés par des fonds publics ; 2/10 èmes des artistes programmés; 2/10 èmes des dirigeants; 1/10èmes des artistes récompensés; et, à postes égaux et compétences égales, une artiste gagne en moyenne 18 % de moins qu’un artiste. »

 Selon ce rapport : « les spectacles réalisés par des femmes représentent 35% de l’ensemble de la programmation artistique des scènes publiques. Et les spectacles écrits par des femmes, sont majoritairement programmés dans de plus petites salles donc avec de plus petites jauges. Ainsi, les créatrices ne présentent leurs spectacles qu’à 31% du public potentiel, soit 2,5 fois moins que ceux portés par des hommes. » 

 Le déséquilibre touche tous les créatrices opérant sur les scènes publiques, qu’elles soient metteuses en scène (35% des spectacles diffusés), autrices (29 %), artistes-femmes au plateau (41 % et seulement 35% dans les festivals)…. Certains secteurs sont moins touchés comme la marionnette et le spectacle jeune public mais l’écart est plus marqué dans les Pôles Nationaux-Cirque avec des spectacles mis en piste par 70% d’hommes contre 30% de femmes…En 2018, une feuille de route ministérielle pour l’égalité prévoyait des objectifs de progression chiffrés (voir Le Théâtre du blog) mais cette mesure n’a toujours pas été mise en œuvre, faute d’une remontée des chiffres.

Le Conseil national du Syndeac a donc voté, le 25 octobre une feuille de route volontariste pour inverser la tendance. Il demande à ses adhérents « de faire progresser ces chiffres deux fois plus vite que ce que prévoit la feuille de route pour l’égalité : + 20 % au lieu de 10 % par an pour les lieux et festivals ayant un chiffre inférieur ou égal à 25 % ; plus de 10 % au lieu de 5 % par an, pour les lieux et festivals ayant un chiffre situé entre 25 et 40%. » La bataille des chiffres n’en finit pas et la route est encore longue : à suivre donc !

Mireille Davidovici

https://www.syndeac.org/tag/egalite-femmes-hommes/

Violences sexistes et sexuelles dans la culture: cellule d’écoute violences-sexuelles-culture@audiens.org T. : 01 87 20 30 90

Rencontre entre Reine Prat et Geneviève Fraisse, philosophe de la pensée féministe, à propos du dernier essai de Reine Prat  Exploser le plafond  samedi 13 novembre 2021 à 15h au Théâtre 71 de Malokoff  dans le cadre du projet du Théâtre 71 à Malakoff « Transmettre un Matrimoine, Fragments d’une vie de femme de théâtre ».  Gratuit sur réservation :  lien ici.


Archive pour novembre, 2021

Coupable d’après le film de Gustav Möller et Emil Nygaard Albertsen, DEN SKYLDIGE, adaptation de Camilla Barnes et Bertrand Degrémont , mise en scène de Jérémie Lippmann

Coupable de Gustave Möller et Emil Nygaard Albertsen, d’après le film Den Skydlige,
adaptation de Camilla Barnes et Bertrand Degrémont, mise en scène de Jérémie Lippmann

 

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Nous nous identifions tout de suite au personnage principal de cette pièce, adaptée d’un film danois  ( 2018). Quel choix aurions-nous fait devant une telle situation? Pascal, un policier de terrain (Richard Anconina) a été mis depuis trois mois au placard. On l’accuse d’avoir commis une bavure: une interpellation ayant  entraîné mort d’homme. Il attend qu’une commission de discipline statue sur son sort…

Il y  a une policière (Gaëlle Voukissa) dans le bureau voisin mais il est seul à prendre les décisions quand il reçoit des appels Police-Secours. Il doit répondre en urgence et parfois envoyer une patrouille sur site. Scénographie hyperréaliste de Jacques Gabel avec un P.C.  de sécurité dans la région lilloise, la nuit  avec écrans d’ordinateur et images de caméras de surveillance…

Richard Anconina est d’une justesse troublante, en particulier quand il reçoit  l’appel d’une femme qui dit être victime d’un kidnapping… Nous ne déflorerons pas l’intrigue dont le suspense se maintient tout au long du spectacle. Richard Anconina a joué plusieurs fois un flic dans des films mais ici, il débute au théâtre ou presque: en 1982, il avait été l’interprète avec Jean-Pierre Marielle de L’Etrangleur s’excite d’Éric Naggar dans une mise en scène de Jean Rochefort. Il joue ici avec des acteurs dont la voix a été enregistrée en studio… Une véritable performance !

 Jean Couturier

 Studio Marigny, Carré Marigny, Paris (VIII ème) T. : 01 86 47 72 77.

Tournée en France, à partir de janvier.

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