Le voyage de Gulliver d’après Jonathan Swift, adaptation et mise en scène de Christian Hecq et Valérie Lesort

Le Voyage de Gulliver d’après Jonathan Swift, adaptation et mise en scène de Christian Hecq et Valérie Lesort

IMG_5726

© Fabrice Robin

 

Qui n’a lu dans son enfance les aventures de ce marin, seul survivant d’un naufrage, échoué sur le rivage d’un étrange pays où des êtres minuscules mais tyranniques en font leur prisonnier et leur esclave ? On voit souvent cet ouvrage comme un conte pour enfants, du faits des nombreuses éditions édulcorées et illustrées pour la jeunesse. Et les metteurs en scène à qui l’on doit des réussites comme 20 000 lieux sous les mers et l’opéra baroque Ercole Amante de Francesco Cavalli (voir Le Théâtre du blog) nous ouvrent un beau livre d’images. Prenant le public par la main, le comédien qui incarne Gulliver face à un peuple de marionnettes, raconte les aventures de ce navigateur devenu un dangereux géant aux yeux des Lilliputiens. A à la fois narrateur, témoin et victime d’un pouvoir arbitraire et d’une guerre absurde qui oppose les mangeurs d’œufs par le gros bout, à ceux qui les entament par le petit bout…

Jonathan Swift (1667-1745) avec ce conte philosophique habillé de merveilleux, s’en prenait à l’absolutisme des souverains anglais, ce qui le forcera à s’exiler en Irlande. Pacifiste avant la lettre, son pamphlet féérique critique aussi la guerre sans fin qui oppose son pays à la France. Mais Le Voyage de Gulliver prend ici la forme d’une fable burlesque charmante et efficace, plus que d’un libelle contre le pouvoir.

 Dans un décor de carton-pâte, bas de plafond, le comédien, sur un plateau rehaussé, paraît gigantesque, à côté des marionnettes hybrides où les sept autres interprètes ont glissé leur tête. Ces personnages au faciès humain, hauts de cinquante centimètres, sont très expressifs dans leurs petits corps en costumes bariolés, manipulés selon le procédé du théâtre noir grâce à un éclairage effaçant les  acteurs et permettant des effets spéciaux.

La scénographie d’Audrey Vuong et les costumes de Vanessa Sannino créent une esthétique délibérèment naïve et kitch. Un clin d’œil aux illustrations des contes pour enfants du XIX ème siècle. Les acteurs s’en donnent à coeur joie avec cette satire du régime lilliputien, aussi habiles à manipuler leurs petits bonshommes qu’à chanter lors des intermèdes. Comme ce moment virtuose où sur la table de la salle à manger transformée en scène de cabaret, l’impératrice Cachaça se livre à une numéro avec plumes et déshabillage… Une heure quinze de plaisir théâtral attend petits et grands, sous-tendu par un message envoyé à qui veut l’entendre.

 Mireille Davidovici

 Jusqu’au 28 janvier, Athénée-Théâtre Louis Jouvet, 7 rue Boudreau, Paris (IX ème).T.: 01 53 05 19 19.

Du 1 au 11 février Célestins Lyon (Rhône) les 18 et 19 février, Equilibre Fribourg (Suisse) ; du 23 au 26 février, Théâtre National de Nice (Alpes- Maritimes).

Du 2 au 6 mars, Théâtre de Caen (Calvados) ; les 10 et 11 mars La Comète, Châlons-en-Champagne (Marne); le 15 mars Théâtre Edwige Feuillière, Vesoul (Haute-Saône); le 18 mars, Ma-Scène nationale, Montbéliard (Doubs); les 22 et 23 mars, Tangram, Evreux ; les 30 et 31 mars, Maison de la Culture, Nevers (Nièvre). Les 12 et 13 avril, Théâtre de Sartrouville (Yvelines) ; les 19 et 20 avril, La Ferme du Buisson, Noisiel (Seine-et-Marne). Du 17 au 19 mai La Coursive, La Rochelle (Charente-Maritime) et les 24 et 25 mai, Théâtre des Deux Rives, Rouen (Seine-Maritime)… 

 

 

DAROU L ISLAM |
ENSEMBLE ET DROIT |
Faut-il considérer internet... |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | Le blogue a Voliere
| Cévennes : Chantiers 2013
| Centenaire de l'Ecole Privé...