Embrasse-moi sur ta tombe de Jean-Daniel Magnin d’après le scénario de Marym Khakipour, mise en scène de Jean-Daniel Magnin et Marym Khakipour

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Benjamin Wangermée, Hélène Viaux, René Turquois, Christine Murillo ©GiovanniCittadiniCesi_

Embrasse-moi sur ta tombe de Jean-Daniel Magnin d’après le scénario de Marym Khakipour, mise en scène de Jean-Daniel Magnin et Marym Khakipour

 Deux fables se croisent dans l’espace unique d’un modeste appartement où logent une mère et son fils, agent sécurité à l’aéroport licencié sans raison puis chassé par sa femme. Un recruteur véreux l’a persuadé de se faire exploser pour se venger et gagner le Paradis. L’histoire bifurque sur le couple mère-fils, avec une série de quiproquos qui vont empêcher cet acte terroriste. Dans cette relation familiale où l’absence du père s’en mêle, le drame prend le tour d’une comédie frisant l’absurde. Les auteurs prennent le parti risqué du rire, comme Jean-Daniel Magnin l’avait fait avec Dans un Canard (voir Le Théâtre du Blog). 

Ce texte à la tonalité burlesque offre aux acteurs une grande liberté de jeu. Christine Murillo, remarquable comme toujours, donne corps et âme avec humour à cette mère déjantée et le public a pour elle une irrésistible sympathie  Dans sa douce folie  -elle prend son fils pour le père de celui-ci- elle va innocemment contrecarrer les plans des poseurs de bombes. Le fils (René Turquois) a la mollesse d’un adolescent prolongé et le recruteur (Benjamin Wangermée) a des allures de petite frappe sans envergure. Une voisine des plus kitsch (Hélène Viaud) surgit à brûle-pourpoint pour mettre son grain de sel, espérant reconstruire sa vie avec ce fils au destin si proche du sien.  » Le thème, dit Maryam Khakipour, c’est l’amour, la crainte d’une mère qui voit son fils basculer vers le pire et l’échappée poétique qu’elle va trouver, pour dépasser son impuissance et l’aider ainsi à être enfin un homme. « 

 Rien de psychologique ici et les personnages sont proches de ceux de Strip-tease, la fameuse série documentaire belge: modestes et naïfs dans leur folie poétique. Il y a du comique populaire dans ces scènes qui s’entrelacent mais qui sont parfois mal raboutées. Auteur d’une quinzaine de pièces et d’un roman Le Jeu continue après ta mort, Jean-Daniel Magnin agence les dialogues avec brio. Mais l’espace de jeu à plusieurs niveaux conçu par Jane Joyet, même ouvert, semble gêner la circulation des comédiens et nuit à la fluidité de l’action. Et cela, malgré les vidéos non figuratives. Les metteurs en scène essayent de faire le lien entre les séquences, avec des échappées oniriques. Malgré quelques  trouvailles, certaines scènes restent esquissées. Mais une impeccable direction d’acteurs et de beaux moments d’écriture. Des précipités de vie comme le monologue de Christine Murillo frottant son linge, ou le voyage de la mère et du fils pour voir la maison de l’enfance et la tombe du père, donnent à ces gens ordinaires une vraie densité… Avec l’humour en prime.

 Mireille Davidovici

Jusqu’au 20 février, Théâtre du Rond-Point, 2 bis avenue Franklin D. Roosevelt Paris (VIII ème). T. : 01 44 95 98 00.

 

 

 

 

 

 

 

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