En corps, un film de Cédric Klapisch

En corps, un film de Cédric Klapisch

 Ici la danse est captée par la caméra du réalisateur qui filme avec sensibilité le mouvement, des coulisses au plateau… Une histoire simple: Elise, une ballerine de l’Opéra qui s’est blessée, se convertit à la danse contemporaine, sous la houlette du chorégraphe Hofesh Shechter qui joue ici son propre rôle et cosigne la musique avec Thomas Bangalter du duo Daft Punk.

 Première scène avec des séquences de La Bayadère, le célèbre ballet de Marius Petipa,musique de Léon Minkus. Nous le suivons en répétitions et au cours des représentations, restituées grâce à un montage serré, avec vues aériennes ou au ras du plateau du Théâtre du Châtelet.

Elise, dans le rôle de  Nikiya, s’écroule : une blessure d’amour et de cheville la jette hors du métier. Comment se reconvertir à vingt-six ans, quand, depuis l’enfance, on s’est consacré à la danse? Retour en arrière sur ses années d’apprentissage… Après quelques péripéties et une petite dépression, Elise est embauchée comme serveuse chez une femme (Muriel Robin) qui, dans sa maison de Bretagne, reçoit des artistes en résidence. Hofesh Shechter y répète son prochain spectacle et l’invite à les rejoindre. Elise s’adapte facilement à la grammaire de la danse contemporaine, plus terrienne que la classique visant, elle, à la légèreté et la perfection… La voici de nouveau en piste et nous la quitterons dans Political Mother d’Hofesh Shechter…

Cédric Klapish, en complicité avec l’artiste israélien, maîtrise remarquablement son sujet et brosse un portrait du métier de danseur. Une direction d’acteurs précise, des interprètes exceptionnels et la beauté des chorégraphies emmènent le film au-delà d’un scénario un peu convenu, avec actions secondaires. Pour le premier rôle féminin, le réalisateur voulait une danseuse qui apprendrait le jeu d’actrice, plutôt que l’inverse. Marion Barbeau, Première Danseuse à l’Opéra de Paris sera Elise. Rôle qui lui va comme un gant. 

En prenant le parti de la comédie à l’inverse de films comme le thriller américain  Black Swan, de Darren Aronofsky avec Natalie Portman, Vincent Cassel… le réalisateur nous fait vivre ici l’énergie des interprètes. Et il nous entraîne généreusement au plus près de chorégraphies aussi contrastées que celle de Marius Petipa revisitée par Rudolf Noureev et celle d’Hofesh Shechter. La présence du chorégraphe et de danseurs comme A Germain LouvetAlexia GiordanoDamien ChapelleMehdi Baki et Léo Walk, filmés à la scène comme au quotidien, donne au sixième art un rôle central, du classique au hip-hop. Et le succès du film emmènera peut-être de nouveaux publics vers des chorégraphies contemporaines.

 Mireille Davidovici

 

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