La Périchole, mise en scène de Valérie Lesort, direction musicale de Julien Leroy

La Périchole, opéra-bouffe en trois actes de Jacques Offenbach, livret de Ludovic Halévy et Henri Meilhac, mise en scène de Valérie Lesort, direction musicale de Julien Leroy

 

© S. Brion

© S. Brion


Un pari gagné: à la sortie de l’Opéra-Comique, nous chantonnons intérieurement le fameux air :«Il grandira, il grandira car il est espagnol!» Le compositeur avait choisi le scénario d’une pièce de Mérimée qui, lui-même, s’était inspiré d’un fait divers: dans les années 1770, la Périchole était la prima donna du théâtre de Lima, capitale du Pérou espagnol.
La  Périchole a été créée un siècle plus tard en 1874 au Théâtre des Variétés mais eut alors peu de succès.  Mais ce classique a fini par défier le temps et dans 
Le Petit Journal de l’époque, un article sous la plume acerbe de Timothée Trimm: «Voici le Tout-Paris futile en liesse, Jacques Offenbach vient de donner au théâtre des Variétés sa grande pièce d’hiver. Allons, chroniqueur, écoute et rend compte, car la muse d’Offenbach est une puissance devant laquelle il faut se prosterner. L’endroit où se passe l’action inventée par MM. Meilhac et Ludovic Halévy, c’est Lima, la ville de l’or et du quinquina. Ce nom de Périchole sous-entend: enchanteresse, femme dangereuse par la suavité de sa voix et les grâces de sa personne… La musique de La Périchole est charmante. L’hiver 1869 a trouvé son refrain avec la complainte du premier acte : Car il est espagnol ! On a bissé la ronde Les femmes il n’y a qu’ça. Citons encore les couplets de: Ah ! Que les hommes sont bêtes!»

Malgré ses réticences, ce critique avait souligné la force de ces airs légers passés depuis à la postérité. Ici Valérie Lesort et Julien Leroy nous transportent dans une autre époque, quand un auteur pouvait glorifier avec joie l’ivresse collective et la vénalité de cette Périchole, une chanteuse de rue, amoureuse de Piquillo mais qui se laisse séduire par le Vice-Roi.  La metteuse en scène, elle, voit plus de subtilité dans ce personnage: «C’est l’histoire d’une femme déchirée entre deux amours: pour l’art et son homme Piquillo… Mais aussi pour les réalités de la vie! Dans cette société, les femmes sont faibles, ce dont elle est consciente. Elle connait ses travers mais lutte pour son indépendance. »

 Un voyage dans le temps réussi grâce également  à l’Orchestre de chambre de Paris et aux performances vocales du chœur. Les rôles principaux sont tenus avec talent par Stéphanie d’Oustrac (La Périchole), Philippe Talbot (Piquillo) et Tassis Christoyannis (Don Andrès de Ribeira). Et il faut souligner l’exceptionnelle qualité du travail de Vanessa Sannino : «Les costumes péruviens ont été ma source d’inspiration, dit cette fidèle collaboratrice de Valérie Lesort. Pour notre spectacle, l’idée était d’en inventer caractérisant les personnages et offrant aussi aux interprètes des possibilités de jeu.» Comme chez Christian Lacroix, les couleurs chatoyantes et l’exubérance des formes nous emportent dans une fête éternelle. Cette  Périchole témoigne encore une fois de la maîtrise de Valérie Lesort.             

Jean Couturier

Jusqu’au 25 mai, spectacle vu à l’Opéra-Comique,  1 place Boieldieu, Paris (II ème).T. : 01 70 23 01 31.

 


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