FUTUR PROCHE, chorégraphie de Jan Martens avec l’Opéra Ballet Vlaanderen

Festival d’Avignon

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© Filip Van Roe

FUTUR PROCHE, chorégraphie de Jan Martens avec l’Opera Ballet Vlaanderen

 Le festival accueille rarement un corps de ballet. L’Opéra d’Anvers et Gand, qui a fusionné avec Ballet Vlaanderen en 2014, s’ouvre à la danse contemporaine, avec des chorégraphes comme Anne Teresa de Keersmaeker, Crystal Pite ou Germaine Spivey. Il a obtenu l’an dernier le Prix de la meilleure coproduction européenne du Syndicat de la critique avec Der Silbersee. Jan Martens, artiste associé du Ballet, vient ici enrichir son répertoire avec une pièce composite, qui déplace la technique des danseurs classiques vers une infinité de styles, autour de musiques contemporaines pour clavecin.

 L’instrument déjà présent dans Any attempt will end in crushed bodies and shattered bonesay,  créé en Avignon l’an passé au lycée Saint-Joseph, occupe ici une place centrale, au milieu d’un banc de dix-huit mètres, presque toute   la longueur du plateau.
Au clavier, la Polonaise Goska Isphording « mise en scène de façon pontificale », plaque des rythmes et sonorités inattendus. Le chorégraphe belge inscrit ainsi concrètement la musique comme élément structurel de sa pièce. Les dix-sept interprètes, dont deux enfants, dansent pendant une heure trente, sur des compositions peu connues de Pëteris Vasks (1946), Janco Verduin (1972), Anna Sigríður Þorvaldsdóttir , Garciane Finzi (1945) Aleksandra Gryka (1977). Nous sommes heureux de découvrir ces sonorités métalliques et vigoureuses et, autant que les tableaux successifs, d’une grande liberté.

 Les danseurs flânent d’abord, en tenue de sport, tout en se préparant à entrer en piste avec une étonnante décontraction. Ils ne changeront pas ou peu de costume et la chorégraphie garde un esprit de liberté de tableau en tableau, interrogeant aussi l’avenir de notre monde comme le suggère le titre.

Jan Martens se joue des codes formels avec des effets de citations, alternant mouvements lents, postures tenues et déplacements vifs, voire courses ou cavalcades ludiques. Ses interprètes virtuoses deviennent des individualités distinctes aux postures personnelles pour ensuite se fondre dans des mouvements d’ensemble. Le créateur ménage des effets de surprise, comme ces projections géantes sur la haute muraille du Palais des Papes, où les corps semblent flotter, ou cet amusant cérémonial : une partie de baignade collective, dans une grand baquet qu’on a pris le temps de remplir en apportant des dizaines de seaux d’eau. Comme pour déjouer la canicule qui sévit et les feux qui ravagent les alentours de la Cité des Papes.

 La scénographie rigoureuse de Joris van Oosterwijk souligne le format panoramique des déplacements et les éclairages d’Elke Verachtert découpent l’espace en zones d’ombre où les danseurs se replient. Le chorégraphe applique les recherches intimistes de ses petites pièces à ce grand format, en ménageant, entre les vifs mouvements collectifs, des moments de silence interrogatif ou de flottement dubitatif . « Futur proche, dit-il, évoque les grands défis à relever et l’absence d’actions probantes pour y faire face (…) Le banc a une connotation de repos, d’absence de participation. C’est aussi un endroit où les gens peuvent se rencontrer et où peut naître la révolte. »

 Mireille Davidovici

 Jusqu’au 24 juillet, Cour d’honneur du Palais des Papes. Avignon.

Du 23 septembre au 1er octobre De Singel, Anvers (Belgique).

Du 18 au 26 novembre Vlaamse Opera Gent, Gand.

Le 21 avril, Cultuurhuis de Warande, Turnhout ; du 26 au 28 avril. Théâtre de la Ville, Paris ( VIII ème).

Le 10 mai, Concertgebouw Bruges, (Belgique).

 

 

 

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