Terres, photographies d’Eric Bourret au Musée de Lodève

Terres, photographies d’Eric Bourret au musée de Lodève

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© Eric Bourret – TERRES – Musee de Lodeve 2022 -

 Une exposition correspondant à la vocation initiale de ce musée national d’art moderne, consacré depuis 1987 à l’archéologie, à la paléontologie et aux sciences naturelles. Situé dans l’ancien hôtel particulier du cardinal Hercule de Fleury, il est incontournable pour les amoureux de la planète: une muséographie originale met la complexe histoire de la Terre et de l’Homme à la portée de tous. La remarquable section Traces du vivant s’articule autour des vestiges découverts dans la région de Lodève. Les environs offrent en effet une illustration condensée des quatre ères géologiques : de -540 millions à -2 millions d’années et on observe, à partir de cette ville située au pied des Causses du Larzac, les allées et venues de la mer, la formation des continents, la surrection et l’érosion des montagnes, les changements climatiques, l’apparition et la disparition des espèces… Une traversée du temps qui met l’histoire humaine en perspective…

 Eric Bourret s’inscrit dans la lignée des «  artistes marcheurs », dont l’œuvre est indissociable d’un rapport dynamique aux paysages : « Je suis constitué, dit-il, des paysages que je traverse et qui me traversent. Pour moi, l’image photographique est un réceptacle de formes, d’énergie et de sens. »  Cet arpenteur infatigable de l’Himalaya et des Alpes, venu en résidence dans le Lodévois, a marché au bord du lac Salagou, sur le plateau du Larzac et le Grand Causse. Il en a rapporté des séries de photos saisissantes par l’intimité qu’il noue avec cette nature méditerranéenne. Au rythme de sa marche, les images se succèdent et se superposent jusqu’à l’abstraction. L’artiste utilise toujours le même protocole : en cheminant, il déclenche six à neuf prises de vue sur le même négatif. Ainsi les images en surimpression, offrent un feuilleté temporel mouvant. Effet cinétique qui rappelle les tableaux de William Turner qui peignait à l’aquarelle les mouvements des paysages côtiers ou des tempêtes.

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© Eric Bourret – Lac du Salagou

 Dans la série Larzac, nous pénétrons d’épaisses broussailles quadrillées de branches et de brindilles, traduisant l’impénétrable prolifération des sous-bois. Salagou révèle les reflets frissonnants de l’eau derrière lesquels s’agite une brindille. Ou serait-ce un alvin ? L’eau devient, sur les clichés successifs, matière animée. Dans Grands Causses, il photographie au plus près l’écorce blanchâtre des arbres, couleur du terrain calcaire qui les porte à perte de vue. L’œil s’abîme dans l’image où s’entremêlent un flou de gris et blancs, une palette non figurative traduisant les lumières crues du Sud.

 Pour compléter l’exposition Terres, un film nous promène à travers l’œuvre du photographe, accompagné par des textes sur la marche qui déplace notre rapport au monde puisés aux détours des œuvres de Jean Giono, Alphonse de Lamartine, Bruce Chatwin, Hannah Arendt ou Henri Bergson… « La route des marcheurs est vivante! » A Lodève, une halte s’impose pour  le plaisir d’arpenter les paysages d’Eric Bourret et de retrouver l’histoire de la Terre et de Humains.

 Mireille Davidovici

 Terres jusqu’au 26 août, tous les jours sauf lundi, musée de Lodève, square Georges Auric, Lodève (Hérault). T. : 04 67 88 86 10.

 Jusqu’au 31 décembre, musée de Millau et des Grands Causses (Aveyron) .

 

 

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