Adieu Françoise Dupuy

Adieu Françoise Dupuy

Discrète, elle était peu connue du grand public mais avec son mari Dominique Dupuy, elle aura été à l’origine de la danse contemporaine en France. Ils ont été les premiers à accueillir dans les années cinquante l’immense Merce Cunningham, alors totalement inconnu en France…

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 Françoise Dupuy s’est éteinte à quatre-vingt dix sept ans après une vie toute entière consacrée à cet art à Paris, puis en Provence.
A la fois danseuse, chorégraphe elle a été une pédagogue exceptionnelle avec Jacqueline Robinson et son mari, à l’Institut de formation des rencontres internationales de la danse qu’ils avaient créé de 1978 à 1986. Nommée inspectrice de la danse au ministère de la Culture, elle avait été chargée en 1985 de l’éveil à la danse en milieu scolaire.
Elle a aussi écrit plusieurs ouvrages dont celui collectif L’Eveil et l’initiation à la danse et  Une danse à l’œuvre, Deux à danser, Album, On ne danse jamais seul. Écrits sur la danse,  écrits avec Dominique Dupuy. Notre amie Christine Friedel qui eu le bonheur de travailler avec elle, son mari et leurs  collaboratrices, en parle avec émotion.

Ph. du V.

 

Apprendre la danse, à vingt-cinq ans?

Sur le conseil d’un ami avisé, je me suis retrouvée dans le grand studio du 104 boulevard de Clichy de Françoise et Dominique Dupuy avec leurs Ballets modernes de Paris.

Une formidable école, avec non pas un mais cinq ou six professeurs, alternant diverses approches du mouvement, jusqu’à la danse. Avec Dominique, nous pouvions travailler une heure et demie entre la quatrième et la cinquième vertèbre dorsale, ou trouver sur nos pieds l’équilibre parfait, qui envoie toute leur énergie au reste du corps.

Avec Brigitte Hyon, c’était un travail très encadré sur le rythme, et avec d’autres, c’était l’improvisation et la mémoire du geste. Delphine Rybinski nous enseignait la musicalité de la danse, toujours, dès les exercices d’échauffement.

Et avec Françoise, c’était la synthèse de tout cela, la verticale. Grande, elle nous faisait grandir, et ne laissait échapper aucun relâchement. Elle ne s’occupait pas de notre « niveau», mais veillait à notre degré d’exigence : la signature de cette école, avec le respect de notre corps tel qu’il est, et à qui on n’en demande pas moins. Et ça ne rigolait pas : gaucherie interdite et recherche de la justesse mais dans les limites de nos capacités. Chercher la justesse. Sentir, comprendre comment une jambe s’élève, placer la hanche, le souffle, pour s’en approcher.

Trois heures de cours par semaine, puis six, puis la joie et la gêne de se trouver (au fond de la classe quand même !) avec les danseurs qui allaient former les grandes troupes comme celle de Jean-Claude Gallotta. Nous essayions d’attraper quelque chose de leur vivacité… En même temps, Françoise nous le rappelait: «Tu n’es pas ici pour regarder. C’est ton corps qui regarde et qui écoute, à la vitesse de la lumière, c’est ton geste, dans l’immense volume du studio. Ce volume, c’est l’espace de ton imaginaire, la liberté du mouvement, ta verticale. » Merci, Françoise.

Christine Friedel

 

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