La Visita, par la compagnie Peeping Tom, mise en scène de Gabriela Carrizo

La Visita, par la compagnie Peeping Tom, mise en scène de Gabriela Carrizo

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© Arianna Arcara

Cette troupe de danseurs, acrobates et contorsionnistes, qui jongle avec l’insolite dans des ambiances surréelles  (Voir Le Théâtre du blog) , nous entraine pour la première fois dans une aventure hors-les-murs. La Visita a été créé en Italie, à la Collezione Maramotti de Reggio Emilia : « Tout est parti du Musée Royal des Beaux-Ars (KMSKA) d’Anvers, où nous sommes en résidence »,  dit Gabriela Carrizo.  Avant de reprendre le spectacle dans ce musée qui rouvre après dix ans de travaux, la compagnie belge, à l’invitation du Théâtre de la Ville, investit la Chapelle Saint-Louis de la Salpêtrière. : « La performance se déroule dans une sorte d’atelier de restauration où on répare les œuvres et guérit les blessures humaines…».

L’étrange ambiance de cet édifice religieux néoclassique, situé au coeur de l’hôpital où le docteur Charcot mena ses expériences sur la folie, a inspiré les artistes. A commencer par une distribution de bougies, au public, à l’entrée, avant qu’il soit accueilli par un homme roulant en skateboard, image de la modernité, et portant une chandelle, invitation  au recueillement.  

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© Mireille Davidovici

Nous découvrons, sur des sellettes tournantes, la réplique des statues de saints qui s’alignent le long les quatre nefs menant à une chapelle centrale surmonté d’un dôme octogonal. Certaines sont en cours de fabrication ou de réfection par une sculptrice (ou infirmière ?)… L’imagerie des tableaux, la plupart du XVII ème siècle, qui ornent les quatre chapelles a trouvé une traduction iconoclaste dans la scénographie d’Amber Vandenhoeck et les costumes et accessoires de Nin Lopez Le Galliard. Rencontre entre kitch contemporain et celui des bondieuseries. Ici, les sculptures imitent le vivant et, parallèlement, les humains se statufient. La vie devient art, l’art devient vie, les frontières s’estompent. 

Le public se promène librement d’une chapelle à l’autre, au gré de mini-événements imaginés en accord avec les thématiques du soin hospitalier et de scènes religieuses : une descente de croix, une scène d’hystérie mystique, la folie meurtrière d’un forcené, les douleurs d’une parturiente… Nous avons aussi tout loisir d’explorer cette architecture aux murs dépouillés où résonnent chants religieux, morceaux d’orgue, chuchotis de confessionnal…

Dans ces lieux chargés d’histoire, un peu écrasants,  spectateurs et interprètes cherchent leurs repères mais, lors de cette déambulation d’une heure, nous retrouvons avec bonheur la chanteuse Eurudike De Beul en nonne austère, Yichun Liu qui se fige en sculpture, puis Charlotte Clamens, Marie Gyselbrecht, Brandon Lagaert, Romeu Runa. Une étrange visite où le réel, les personnages et les œuvres d’art s’entrelacent comme dans un rêve, avec l’humour décalé des Peeping Tom…

 Mireille Davidovici

Jusqu’au 1er octobre, Chapelle Saint-Louis de la Salpêtrière, 47 boulevard de l’Hôpital, Paris (XIII ème)

Théâtre de la Ville : T. : 01 42 74 22 27.

 

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