In a corner the sky surrenders unplugging archival journeys#(for Nadia !) ,chorégraphie de Robin Orlin

In a corner the sky surrenders unplugging archival journeys#(for Nadia !) chorégraphie de Robyn Orlin

 La chorégraphe sud-africaine donne des titres expressifs à ses pièces et récrée ici, avec Nadia Beugré, un solo qu’elle dansa en 1994 quand elle était encore étudiante à New York. Dans le Lower East Side à Manhattan, elle voit des sans-abris survivre  dans des cartons d’emballage: «Les rues sont un lieu de trafic de cartons, surtout ceux assez grands, pour des abris de fortune.» Dans un coin de rue, faute d’avoir trouvé un lieu, Robyn Orlin crée cette pièce qui sera ensuite présentée aux Etats Unis, en Afrique du Sud et Australie.

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© François Kohl

Chargée d’un barda de tissus et vêtements, Nadia Beaugré aborde un très grand carton qui deviendra sa cabane. Avec des gestes lents adressés à Cedrik Fermont, le musicien qui l’accompagne, comme aux spectateurs, dans un solo séducteur, elle déballe et remballe son bagage précaire, fait étalage de sa coiffure. Ses longues tresses dénouées deviennent, cognées au sol, des instruments de percussion, comme tout son corps quand elle rythme sa danse avec ses pieds. «C’est beau, beau», scande-t-elle, en nous faisant admirer sa tenue et son domaine…

 Robyn Orlin, qualifiée de «danseuse très en colère», «d’irritation permanente», répond ici calmement au scandale des sans-logis, en leur redonnant une dignité humaine. Mais la pièce ne fait pas dans le misérabilisme : Nadia Beaugré, clocharde céleste au port majestueux, est la reine du macadam. Elle manipule son carton tapissé de bleu, y entre et s’y délasse.  Impertinente et mutine, elle nous invite à visiter son « palais», comme elle dit, et le déplie en un tapis de danse azuré où elle évolue avec tonicité et harmonie, à la clarté de loupiotes, étoiles dans la nuit du plateau où tourne inlassablement un train électrique miniature. Robyn Orlin rappelle ainsi que les SDF sont des nomades qui se réfugient souvent aux abords, ou dans les gares et stations de métro.

 Nous admirons la beauté des gestes, découpés dans un faible halo de lumière, de la danseuse ivoirienne formée à la célèbre École des Sables de Germaine Acogny  dans la région de Dakar, où elle a appris les mouvements serpentins du torse. Elle joue ce solo pour le public, et avec lui, en l’invitant à participer. Il faut y entrer comme dans une sorte de poème dédié à Nadia.  On pourrait traduire (subjectivement) le titre par : « Dans un coin de rue, le ciel s’abandonne, libérant des souvenirs de voyage. »

 Mireille Davidovici

 Jusqu’au 12 novembre, Chaillot-Théâtre national de la danse, 1 place du Trocadéro, Paris (XVI ème). T. : 01 53 65 30 00.

Dans le cadre du Festival d’automne à Paris

 

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