Pasión de Buena Vista

Pasión de Buena Vista

 Le spectacle car spectacle, il y a, avec l’ambiguïté du terme qui suppose une relative participation du public, une  attention, une tendance à la contemplation et, dans le meilleur des cas, comme ici, une invite à la danse, ou tout au moins à la station debout. Qui dit Cuba, dit révolution. Non pas réforme ou réformette, marche en avant, comme avant. Pasión de Buena Vista compose donc avec le passé et l’époque pré-castriste.
Le Buena Vista, le fameux club en banlieue de La Havane dans les années quarante, ferma en 59. D’où une certaine nostalgie, mais à l’écart des modes actuelles: rock, disco, voguing, techno… Et une réconciliation avec la part longtemps maudite d’artistes exilés à Miami.

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Le spectacle commence par les standards ou scies musicales éternisés par les Roms dans le métro comme Besame mucho, Guantanamera  et autres Quizas, quizas et s’achève par un florilège ou  popurrit (pot-pourri, en espagnol). En rendant hommage à Celia Cruz , la star de la salsa, que nous eûmes la chance d’admirer au festival Jazz à Vienne, il y a déjà quelque temps.

Qui dit chute du Mur, dit: Allemagne mais Pologne aussi, avec un fameux pape que l’URSS essaya même d’éliminer) et dit aussi réunification, fin ou presque de la Guerre froide. Ce n’est pas un hasard si un cinéaste allemand, Wim Wenders, favorisa l’engouement planétaire pour cet orchestre de danses de salon, avec ses interprètes à la voix chevrotante, et parfois détonante… Ceux qui, au bon vieux temps, s’étaient illustrés au Buena Vista social club : Ibrahim Ferrer, Rubén Gonzáles, Compay Segundo…
Ce succès surprenant en amena d’autres et favorisa un papy-boom artistique qui a aussi contaminé la danse (voir les troupe seniors » Pina Bausch ou Jiří Kylián). Celle que nous avons vue au Casino de Paris, en tournée européenne, est formée par le Buena Vista Band ,avec un orchestre traditionnel des plus efficaces avec trois chanteurs et une chanteuse issus de plusieurs régions de Cuba,  et El Grupo de Bailar, avec deux couples de danseurs de La Havane.

Leurs versions des tubes déjà cités et d’autres comme Hasta Siempre Comandante, Chan Chan, orchestrés aux petits oignons par les musiciens, avec parfois changements de tempo bienvenus soulignés par les congas et cuivres parfaitement accordés. La première partie nous a totalement emballé. Après l’entracte, place à la fête : le public est sans cesse sollicité par le maître de cérémonie et les chanteurs, pour faire écho aux refrains ou pour accompagner gestuellement les chansons. On remarque donc les habitués des cours de danses sociales caribéennes, les férus de rumba, mambo, boléro, chachacha… Nous oublierons le kitsch des costumes traditionnels qui sont, en près d’un siècle, passées de l’agreste, à l’Auguste! Et nous ne chipoterons pas sur les approximations tonales du chant, puisque l’intensité les estompe sans problème. Et nous n’ergoterons pas sur l’usage de l’anglais qu’on aurait pu nous épargner : le castillan est de nos jours la langue la plus parlée chez les Yankees…
Bref, une excellente soirée, grâce à un groupe bon esprit et de grand talent.

 Nicolas Villodre

Jusqu’au 26 mars, Casino de Paris, 16 rue de Clichy, Paris (IX ème).  

 


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