I.R. (Impulse Response), de Louise Belmas
Mais pourquoi et comment raconter sa vie, quand la porte du Temps est encore grande ouverte sur l’avenir? La pièce est «l’histoire d’une petite fille qui devait devenir violoniste et qui, à huit ans, découvre qu’elle a raté sa vie». Poser cette question est aussi méconnaître l’univers théâtral hors normes et sensible de cette artiste-performeuse. Ce solo met à l’honneur la musique et la chanson, et tout individu ou chose en marge de l’existence. Ce n’est sans doute pas un hasard, si un souffle dionysiaque traverse le spectacle.
Cette bio-fiction révèle d’autres possibles, à explorer sans hésitation. En silence, les spectateurs entrent en conversation avec le personnage. À plusieurs moments, la jeune femme s’adresse à eux, avec complicité et humour mais jamais par facilité théâtrale, ou pour installer une (fausse) relation d’empathie.
Nous sommes touchés par les thèmes évoqués dont certains nous sont, tristement ou gaiement, familiers ou plus graves, comme le jour de notre anniversaire, une chanson, l’exil, le souvenir, la famille, une disparition… Avec une énergie sans pareille, un esprit inventif pour lequel la chose la plus banale, comme une marche devant la sortie de secours, devient ici objet scénique, Louise Belmas nous émerveille. Le travail superbe de la lumière, la mobilité tout en souplesse de l’actrice, son regard malicieux, le timbre de la voix souvent posé, parfois ironique, mais jamais dans l’excès, la précision et fluidité des gestes offrent à la pièce, une dimension esthétique et dramatique d’une grande qualité. Le spectacle offre l’envie d’aller vers l’attention et la curiosité.
Une pépite théâtrale à découvrir !

