Festival Faits d’Hiver Forever ,chorégraphie de Tabea Martin

Festival Faits d’Hiver

Forever, chorégraphie de Tabea Martin

Vingt-trois spectacles, dix créations, dix-sept lieux en Ile-de-France pour ce vingt-sixième festival tous styles et générations confondues… En ouverture, une pièce suisse insolite évoquant la mort comme un jeu d’enfants. «L’éternité, c’est long, surtout vers la fin, a dit Woody Allen. » Ici, les interprètes s’amusent à mourir pendant une heure.
Sur une berceuse 
de boîte à musique, à répétition,  immobiles, torse nu et jupe immaculée sur le plateau jonché de ballons blancs, ils sont là depuis toujours et y resteront toujours, disent-ils. Tamara, Benjamin, Lindh, Emeric, Daniel et Miguel-chacun se présente par son prénom-essayent de mourir.

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Après quelques danses parodiques sur des musiques de Vivaldi rejouées ad libidum, chute après chute avec force jets d’hémoglobine, ils se relèvent encore et encore… Enfermés dans un éternel Présent. Un danseur reste enfin sur le carreau, comme mort, il ressuscitera après une simulacre de cérémonie funèbre où le public est convié.

Il y a plusieurs façons d’atteindre l’immortalité, dit Tabea Martin:  « fonder une famille, créer une œuvre d’art, participer à des actions politiques. Conscients de la finitude de la vie, nous essayons de créer quelque chose de significatif qui restera. »

Elle dédramatise la mort, avec un humour un peu potache qu’elle a puisé chez les enfants. : «J’aimerais comprendre la manière dont ils envisagent la mort. » La chorégraphe bâloise a conçu Forever à partir d’entretiens, jeux et ateliers avec des petits entre huit et douze ans. D’où les propos puérils, voire niais, tenus par les acteurs-danseurs et une gestuelle brouillonne.

L’univers immaculé conçu par Veronika Mutalova avec ballons blancs de toute taille, sera bientôt constellé de taches rouges, aussitôt essuyées. Et les costumes  en toile cirée de Mirjam Egl, ne seront jamais souillés. Dans cette blancheur éternelle, il y a, accrochés par des fils: boules, animal empaillé, jerrycans, bougies… En tirant dessus, les artistes produisent plusieurs sons: musique classique, jazz, sirène…

 Deuxième volet d’une trilogie, après This is my last dance (2018) consacrée à l’évanescence, Forever sera suivi de Nothing left avec pour thème : la mort de l’autre. Encore peu connue en France, Tabea Martin explore ici avec audace et par l’absurde de l’immortalité, cette question de la mort, traversant chacun depuis l’enfance. Forever joue sur un contraste entre une esthétique soignée et le tohu-bohu d’une cour de récréation. L’humour de cette performance entre théâtre et danse ravit une partie des spectateurs mais nous a laissé perplexe, malgré l’énergie joyeuse des artistes et de beaux moments.

 Mireille Davidovici

Spectacle vu le 15 janvier, au Théâtre de la Cité Internationale , 17 boulevard Jourdan, Paris (XIV ème). T. 01 85 53 53 85.

Faits d’Hiver continue jusqu’au 9 février.

 

 

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