Je suis Juliette Gréco de Mazarine Pingeot et Léonie Pingeot, mise en scène de Léonie Pingeot

Je suis Juliette Gréco de Mazarine et Léonie Pingeot, mise en scène de Léonie Pingeot

L’icône de la chanson française des années cinquante à Saint-Germain des Prés, la muse de l’existentialisme qui chanta Jacques Prévert, Boris Vian, Serge Gainsbourg, Raymond Queneau, Jean-Paul Sartre, Jacques Brel… est ici incarnée par deux actrices, interrogées par un présentateur style paillettes des show télévisés. « Je me suis demandé comment, avec une enfance aussi difficile, dans un contexte aussi violent que la seconde guerre mondiale, dit Léonie Pingeot, on devient Juliette Gréco?»  Pour y répondre, elle a fait appel à sa cousine Mazarine.

© Rodolphe Auestreate

© Rodolphe Auestreate


Elles ont imaginé un spectacle façon cabaret décalé, en partant de l’interview par Jacques Chancel de Juliette Gréco dans l’émission Radioscopie en 1973 et la pièce se présente comme un interrogatoire.

«Qui êtes-vous Juliette Gréco?»: cette question insistante de l’animateur ponctue le spectacle. Avec un jeu de cache-cache entre lui, et les deux Gréco: Elsa Canovas, frêle et aux grands yeux éberlués, est le vilain petit canard que sa mère dédaigna et que son père faillit noyer.

Geoffroy Rondeau, lui, s’affirme en diva sensuelle gainée de noir, à talons hauts.  Raphaël Bancou, omniprésent au piano, guitare électrique, basse et trompette, intervient en complicité.

Une petite scène centrale accueille quelques chansons émaillant le spectacle mais il ne faut pas s’attendre à un tour de chant car : l’essentiel se passe autour. Un jeu de tissu tendu avec portes, est propice aux dérobades de la star. Rien non plus d’un biopic dans cette pièce en forme de puzzle qui  révèle une femme multi-facettes, à la fois secrète et impertinente, voire impudique. On y rencontre sans ordre chronologique, l’enfant blessée, la militante, l’amie, l’amoureuse, l’artiste… Une femme en somme.
Gaël Stall est un maître de cérémonie tape-à-l’œil, agaçant de suffisance, parodie d’un Jacques Martin ou Nagui . Elsa Canovas ressemble à un petit chat écorché et Geoffroy Rondeau, très convaincant dans un mélange ambigu de féminité et virilité, incarne parfaitement cette femme aussi ténébreuse que fragile sous ses vêtements noirs et vamp à ses heures.

«Pourquoi évoquer aujourd’hui Juliette Gréco ? se demandent les autrices. (…) Elle nous parle d’elle et s’adresse à ce qui, en chacun de nous, est blessé. (…) Et c’est le courage qui l’emporte, parce qu’elle fait le choix d’une vie contre les préjugés; en guerrière discrète et amusée, elle ne lâche rien.  Elle devient une véritable profession de foi, un projet humaniste, notre guide, à la fois discrète et populaire.»

La mise en scène, un peu brouillonne, hésite entre cabaret et rêverie poétique avec masques et bulles de savon mais les spectateurs qui ne connaissent pas ou mal, Juliette Gréco, comme ses fans reconnaîtront dans ce portrait chinois, une grande dame qui a traversé le siècle et repartiront avec, en tête, les chansons qu’elle a popularisées.

 Mireille Davidovici

Jusqu’au 10 février Théâtre du rond point 2bis avenue Fraklin D Roosevelt Paris 8e T. 01 44 95 98 00

15 et 16 février Espace Bernard-Marie Koltès Metz

 

 

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