Un Conte d’automne, texte et mise en scène de Julien Fišera
Un Conte d’automne, texte et mise en scène de Julien Fišera
L’auteur et metteur en scène s’est inspiré des albums de Catharina Valckx, écrivaine de littérature jeunesse et illustratrice, née en France de parents néerlandais. Elle a ensuite été élève à l’académie d’art de Groningen et vit aujourd’hui à Amsterdam. Elle a notamment raconté la vie de Totoche, une petite souris…
Dans cette histoire d’apprentissage, Prune, une très jeune fille, a quitté le cocon familial qui commençait sans doute, à être étouffant… Elle arrive dans une forêt en comptant ses pas et en tirant une petite charrette orange à quatre roues. En short et baskets, elle a envie de découvrir un monde qu’elle ne connaît pas. Premier ennui, elle essaye de déplier sa tente Quechua mais en vain ! Ce qui la transforme en une sorte de petit monstre… Mais la nuit tombe:«Quelle fatigue aujourd’hui. Autour de nous, tout n’est que lassitude et épuisement. Les arbres se désintéressent de leurs feuilles et celles ci finissent par se laisser aller. La grande dégringolade. Plus goût à rien. »
Elle va alors rencontrer Maggi, une jeune fille plus âgée qu’elle et qui vit aussi dans une tente, une sorte de grand igloo en tissu. Elles ne se sont jamais vues, donc ne se connaissent pas et vont devoir s’apprivoiser. De cette rencontre, naîtra une belle amitié. C’est aussi l’occasion pour Prune d’affirmer son identité. Et voilà, stop ! C’en est fini.
Après cette scène initiale, l’auteur n’arrive en effet jamais à faire décoller sa pauvre histoire qui fait du surplace pendant une demi-heure, et l’éternité, c’est vraiment long, surtout vers la fin.
Quant à ce qui ressemble de loin à une mise en scène… Le décor qui se voudrait poétique, est assez laid, les lumières trop sombres et les actrices qui n’ont pas été dirigées, peinent à donner vie à ces minces dialogues sans aucun poids ni poésie…
Et quand Prune et Maggi sont dans la grande tente, on les voit mal et les actrices qui minaudent parfois, en font des tonnes pour essayer de rendre crédibles leurs personnages… surtout quand elles se chamaillent. Aucun véritable humour, aucune émotion !
Que sauver de cet échec programmé? Quelques belles images comme l’installation par Prune de sa tente qui devient comme une sculpture, puis une scène avec elle et Maggi, en ombres chinoises… Et des paysages de forêt projetés en vidéo. Cela ne fait quand même pas beaucoup pour cinquante-cinq minutes de spectacle, et l’ennui tombe, implacable!
Reste une question : pourquoi cet ovni sans aucun intérêt scénique est-il arrivé au Dunois et pourquoi ira-t-il ensuite se poser au Théâtre de la Ville? Qui l’a programmé? Il y a des limites à ne pas franchir et le théâtre pour enfants doit absolument appartenir au meilleur: texte, jeu, scénographie, costumes, son, lumières… Mais ici tout est d’une médiocrité absolue et ne mérite en aucun cas, le déplacement! Vous voilà avertis: au moins que cette matinée perdue serve à quelque chose… s’il est encore temps!
Philippe du Vignal
Jusqu’au 29 mars,Théâtre Dunois, 7 rue Louise Weiss, Paris (XIII ème). T. : 01 45 84 72 00.
Du 3 au 7 avril, Théâtre de la Ville, Paris ( IV ème). Les 23 et 24 avril, Les Ulis (Essonne).

