Le nécessaire Déséquilibre des choses, mise en scène de Brice Berthoud et Marie Girardin

 Le nécessaire déséquilibre des choses, mise en scène de Brice Berthoud et Marie Girardin

La compagnie Les Anges au plafond reprend ce spectacle créé il y a trois ans. C’est un « voyage dans un vrai corps humain», à la recherche des mécanismes du désir et du sentiment amoureux. Deux scientifiques propulsés par les voies respiratoires jusqu’au cœur, descendent dans les intestins et les organes reproducteurs. Inspiré des Fragments d’un discours amoureux de Roland Barthes, c’est le théâtre d’une bataille, d’un déséquilibre intérieur où le désir va se confronter au manque, aux pulsions et à la jalousie. Les sentiments contradictoires prenant la forme d’un minotaure perdu dans son labyrinthe, d’une meute de loups, d’une femme sans tête, ou encore d’un gros et inquiétant bonhomme, chasseur de rats…

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Cela rappelle L’Aventure intérieure (1987), un film de science-fiction de Joe Dante mais sans effets spéciaux, avec une esthétique «transparente» de cintres, poulies, voiles, ficelles et rideaux en mouvements. La scénographie rudimentaire et à vue-c’est un choix-réunit scène et salle. Autour de deux marionnettes en papier, métaphores de l’homme manipulé par des forces supérieures, les quatuors se toisent: l’un, avec les marionnettistes Camille Trouvé et Jonas Coutancier, une créatrice d’images et lettres en direct (Amélie Madeline-en alternance avec Vincent Croguennec) et un Homme-échelle qui est aussi comédien et régisseur-plateau (Philippe Desmulie).

Et l’autre quatuor avec Jean-Philippe Viret (contrebasse), Mathias Levy (violon), Maëlle Desbrosses (alto) et Bruno Ducret (violoncelle). La musique résonne au rythme du cœur, des pulsations intérieures et donne le tempo aux acteurs avec de subtiles variations. Il y a, dans ce chaos affectif, des moments fabuleux et de magnifiques images…  comme avec ces silhouettes humaines et animales, découpées au cutter sur dix-sept mètres de carton léger déroulé de jardin à cour, puis sonorisées (scénographie de Brice Berthoud et Adèle Romieu). Un geste magique et primitif,  sous une lumière orangée rappelant les couleurs d’œuvres pariétales, et d’où émergent les marionnettes, telles Adam et Eve…

Une fresque-dix mètres de longueur!- indique les étapes du récit à venir. Il y a un moment stupéfiant vers la fin, avec l’apparition en ombres chinoises d’un corps fragmenté, grâce aux éclairés par endroits des quatre acteurs… Monstrueuse, gigantesque et digne d’une fantasmagorie moderne. Ce récit d’aventures, empreint de philosophie, humour et passion, évite une certaine lourdeur possible. Les huit artistes s’y investissent entièrement et savent toucher les spectateurs dans leur intimité…au fond, universelle. Bravo.

Sébastien Bazou

 Spectacle vu le 11 avril, au Théâtre des Feuillants, 9 rue Condorcet, Dijon (Côte-d’Or). T. : 03 80 74 51 51.

 


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