Le Petit Chaperon rouge de Joël Pommerat, mise en scène de Nina Ballester et Nina Cruveiller

 Le Petit Chaperon rouge de Joël Pommerat, mise en scène de Nina Ballester et Nina Cruveiller

  »Il était une fois une petite fille qui n’avait pas le droit de sortir toute seule de chez elle ou alors à de très rares occasions donc elle s’ennuyait car elle n’avait ni frère ni sœur seulement sa maman qu’elle aimait beaucoup mais ce n’est pas suffisant » .(…) Parfois la petite fille cherchait par tous les moyens à se faire remarquer mais toujours la maman de la petite fille était tellement occupée qu’elle ne voyait même plus sa petite fille. La petite fille, elle, voyait sa maman, mais sa maman, elle, ne voyait pas sa petite fille. » C’était exactement comme si la petite fille était devenue oui invisible. » Mais la petite fille avait peur pour sa mère sa maman quand sa maman partait toute seule loin on ne sait où et qu’elle devait garder la maison à sa place se garder toute seule se garder elle-même en fait. S’il arrivait quelque chose à sa maman en route sa maman ne pourrait pas la prévenir et alors on ne sait pas ce qui arriverait. Non on ne le sait pas. On ne sait pas ce qui arriverait à sa maman et puis à elle finalement. Ainsi débute, avec cette réitération des mots: maman et petite fille,  le célèbre conte revu par ce grand auteur contemporain  qui introduit ainsi habilement une certaine angoisse dans ce conte.

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Le petit chaperon rouge voudrait aussi aller voir sa très vieille grand-mère  qui est malade et lui porter un flan qu’elle a fait selon une recette imposée par sa maman. Mais il faut qu’elle traverse un bois; elle y joue avec son Ombre mais sur son chemin, rencontre un loup. Il se parlent et elle lui propose de faire de faire la course par deux chemins différents pour aller jusqu’à la maison de la grand-mère. Mais la petite fille rencontre des fourmis et quand elle arrive enfin, c’est trop tard : le loup a dévoré sa grand-mère puis il la mangera, elle aussi.  Mais heureusement,  un homme qui passait par là tuera le loup, lui ouvrira le ventre et elles seront sauvées toutes les deux… Comme dans les contes de Charles Perrault, puis des frères Grimm, il y a, comme souvent dans les autres pièces de Joël Pommerat-et faite par L’Homme qui raconte- une présentation des personnages:  la Petite Fille, la Mère, la Grand-mère, l’Ombre et le Loup . Ce récitant interviendra jusqu’à la fin de cette courte pièce où il aura aussi clairement énoncé  une épreuve à assumer par la petite fille et un bois à traverser, la rencontre avec le loup, le moment où il dévore la grand-mère puis la petite fille. Mais ici,  la fin est heureuse et  la petite fille qui  n’a pas suivi le bon chemin, même mangée par le loup, sera sauvée. Comme sa grand-mère. Et l’auteur ne reprend pas la morale du conte traditionnel:  mettre en garde les jeunes filles face à des hommes qui ont envie de les séduire. 

Chez  lui, l’histoire qu’il assimile à « une histoire ou plutôt un récit, qui se donne comme authentique, réel et qui évidemment ne l’est pas, et qui se développe avec des termes relativement simples et épurés, des actions qui ne sont pas expliquées psychologiquement.»  Joël Pommerat dit aussi s’être inspiré du sa mère qui  devait faire dans la campagne déserte près de neuf kilomètres pour aller à l’école et indique avoir voulu garder «garder l’aspect narratif direct. »
Et pour lui, «cette histoire est d’abord racontée avant d’être incarnée. » Le récit d’origine biographique, est ici un élément essentiel, comme dans les autres pièces de Joël Pommerat. Mais il  dit bien aussi qu’il y a trois moments où le dialogue est absolument nécessaire : la rencontre de la petite fille et du loup, la rencontre du loup et de la grand-mère, et surtout la rencontre de la petite fille et du loup déguisé en grand-mère. Dans ces instants-là, la parole partagée est essentielle et donc, indispensable. »

 Avec ce conte-et il a de quoi fasciner des metteurs en scène ou des apprentis-acteurs dans une école- l’auteur dit quelque chose de très juste quant aux relations familiales. Avec ces trois femmes, » unies par un sentiment très fort, qui sont (ou seront) amenées à prendre la place de l’autre, dans un mélange de désir et de peur. Sans que cette question, ce problème, ne soit jamais abordé directement par les personnages.
Nina Ballester et Nina Cruveiller se sont emparées avec gourmandise de ce conte et le jouent aussi à deux, la vieille grand-mère étant en voix off. Cela ne commence pas bien avec le récit joué dans la salle par les actrices devant la scène vide?  Mais on les écoute volontiers mais c’est trop long! Enfin, elles jouent sur le plateau mais pas très bien , tous les personnages.  Mais les metteuses en scène n’évitent pas les stéréotypes actuels comme le jeu dans la salle, les criailleries, ou ces nuages de fumigène à gogo (les 33 èmes au compteur pour nous depuis la rentrée de janvier) Mais les Dieux savent pourquoi… Créer un « climax »? Produire un effet? Dessiner la brume dans la forêt. Dans tous les cas, c’est con, raté et inutile. On nous iréa que c’est inoffensif… mais allez savoir! En tout cas, on en prend plein les poumons et cela fait tousser!  Er pourquoi avoir ânonné syllabe par syllabe le texte de la grand-mère? Cela fait quand même beaucoup trop d’erreurs…   
Que sauver? Au moins, la scénographie, simple et bien faite: la belle porte en «bois » de la maison de la grand-mère, une fois rabattue, fera office de lit pour la grand-mère. Mais cette réalisation manque d’empathie et sur les plans dramaturgique et scénique, faire un le modèle réduit de cette belle pièce a été une erreur. Bref, vous pouvez épargner ce court mais pas intéressant spectacle à vos enfants. A Paris comme en Avignon. Ils méritent mieux (et vous aussi).   D’autant que les places sont loin d’être données (30 € pour les adultes et 10 € pour les enfants!)
 
Philippe du Vignal
 
Jusqu’au 27 avril, Studio Hébertot, 78 bis Boulevard des Batignolles,  Paris (XVII ème).T. : 01 . 42 . 93 . 13 . 04. Et au festival d’Avignon à partir du 29 juin.
 


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