Le Rêve de l’Ionie, à travers Les Journaux intimes des soldats de la campagne d’Asie mineure d’Antonis Kyriakakis, adaptation d’Haris Valassopoulos, mise en scène d’Antonis Kyriakakis et Giorgos Paterakis

Le Rêve de l’Ionie, à travers Les Journaux intimes des soldats de la campagne d’Asie mineure d’Antonis Kyriakakis adaptation d’Haris Valassopoulos, mise en scène d’Antonis Kyriakakis et Giorgos Paterakis

Ce texte est fondé sur les journaux intimes des soldats pendant la campagne d’Asie mineure, un événement historique qui, dans la conscience historique, est resté presque invisible à côté de la , phase ultime de la deuxième guerre gréco-turque, avec le massacre ou l’expulsion des populations chrétiennes d’Asie Mineure. En Grèce même, elle provoqua d’importants bouleversements politiques (coup d’État de 1922, Procès des Six, etc.) et aboutit finalement à la chute de la monarchie en 1924. C’est  la plus grande tragédie de l’hellénisme au XX ème siècle.

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Mais cet événement montre comment cette catastrophe s’est produite. Le soutien des grandes puissances étrangères à Elefthérios Venizélos, les conquêtes de l’armée grecque en Asie mineure, le traité de Sèvres, la tentative d’assassinat d’Elefthérios Venizélos, les élections de 1920 et le changement de direction politique et militaire en Grèce qui suivit, la décision de poursuivre la campagne, le changement d’équilibre diplomatique, la stagnation et la retraite de l’armée grecque ont été des événements interconnectés d’une grande importance, au niveau national et international. Ces Journaux intimes sont donc une source d’une valeur unique: ils reflètent directement la manière dont les soldats ont vécu ces faits historiques.

Les metteurs en scène utilisent tout un matériel dramaturgique pour créer une représentation fluide qui attire l’attention du public sur les discours anti-guerre et souligne la relation volatile entre la victime et l’auteur du crime. Commençant en sourdine puis  allant  crescendo, ce spectacle montre toute la gamme des abus subis par les humains pendant la guerre, tout en s’élevant  contre la violence de genre (un clin d’œil aux féminicides!).
Tassos Tziviskos (Nikitas), Vassilis Kalfakis (Nikolas), Kostas Koutroubis (Miltiades) et Markos Gettos (Anastasis) racontent ces histoires et interprètent aussi avec une riche palette d’émotions, leurs personnages: celle de gens ordinaires confrontés à la brutalité de la guerre et à la division d’un pays  qui s’est trouvé dans une impasse économique et politique absolue. Lena Bozaki (Kori) représente  avec une gestuelle précise, ces femmes dominées par les hommes et dit ainsi toute l’humiliation subie par leur corps.

Anthi Founda a choisi comme seuls élément scénographiques, des bottes de paille pour suggérer tranchées et guérilla. Leur déplacement constant au cours de la narration marque les changements d’espace et de temps. L’accumulation et la chute brutale de ces bottes symbolise aussi le nombre sans cesse croissant de soldats et civils tombés au combat… La musique d’Alexandra Katerinopoulou et les éclairages de Katerina-Maria Saltaoura suggèrent l’horreur des actes atroces que tout peuple a subi et Efthymis Christou- c’est ici important- a dirigé le mouvement des comédiens. Un spectacle à ne pas manquer !

 Nektarios-Georgios Konstantinidis

 Théâtre Choros, 6-8 rue Praviou, Athènes, T. : 0030 2103426736.

 

 


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