Théâtre en mai à Dijon (suite et fin) On ne fait pas de pacte avec les bêtes conception et mise en scène de Justine Berthillot et Mosi Espinoza

Théâtre en mai à Dijon (suite et fin)

On ne fait pas de pacte avec les bêtes, conception et mise en scène de Justine Berthillot et Mosi Espinoza

Cela se passe à la salle Jacques Fornier* avec l’évocation d’une jungle où il y a une sorte de colline en matière synthétique, mais aussi en fond de scène, des rideaux de couleur, des affiches et ujn peu partout des tubes fluo verticaux bleu ou rouge, c’est selon. Justine Berthillot et Mosi Espinosa sont des circassiens qui sont allés en Amazonie  péruvienne  (lui-même est péruvien). Et c’est à une sorte d’évocation de cette jungle et de sa survie, qu’ils nous invitent.
« On ne fait pas de pacte avec les bêtes propose une très (très) libre réécriture au du film Fitzcarraldo de Werner Herzog. Le terrain d’action et principal thème de cette création, disent leurs auteurs, est la Forêt, en ce qu’elle nous apparaît aujourd’hui comme un théâtre du monde où se concentrent les principales luttes poétiques, érotiques, culturelles et écologiques. (…) Jouer de ce réel devenu fou d’une férocité impatiente et menaçante, d’une bestialité déguisée, mettre en scène l’absurde de nos sociétés avides de dominations avec décalage, drôlerie et tragique afin de faire tomber le rideau de velours. C’est un cirque de la mascarade, de l’absurde, fait de brutalité et de beauté qui implique nos capacités physiques et circassiennes dans une perspective sociale, une lutte de bêtes contre notre propre bêtise ». 

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Soit, mais il y a loin des intentions, au résultat…. Sur le plateau, de nombreux accessoires et  des colonisateurs en chemise blanche, avec de beaux masques représentant un visage et côté jardin, une grande  statue: des jambes sur un socle sur lequel Justine Berthillot arrivera à placer un petit réfrigérateur descendu des cintres, puis une  petite pirogue blanche où où elle se maintiendra en équilibre. Chapeau…  Et côté cour,  Mosi Espinosa  lui, montera et descendra  souvent de cette colline. Il imitera  aussi une bête féroce. Il y a parfois de belles images mais nous avons eu du mal à être sensible à cette remise en cause de la colonisation européenne à la fois sur les hommes et les animaux  avec, à la base, des souvenirs de voyage et du film de Werner Herzog. La pièce est bien rodée mais part dans tous les sens et la dramaturgie manque de cohérence et ce spectacle oscille entre  théâtre, danse, et performances acrobatiques, sans  être jamais vraiment convaincant  et  accumule les poncifs comme, à la fin, ces épais nuages de fumigène qui envahissent le plateau et la salle. Et malgré les numéros des circassiens,  l’ensemble  manque de force et d’unité et tourne à vide. Le public dijonnais pas très jeune a applaudi poliment le travail mais ne semblait pas convaincu…

Anima, conception et réalisation de Maëlle Poésy et Noémie Goudal, musique de Chloé Thévenin

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Cela se passe dans le grand et beau parc de l’Arquebuse où  la directrice du Centre Dramatique National de Dijon reprend cette performance conçue et réalisée avec Noémie Goudal et dont nous vous avions parlée ( voir Théâtre du Blog). Elle avait été créée en 2022 à la fondation Lambert pour le festival d’Avignon.
Dans une scénographie d’Hélène Jourdan,  il y a des images filmées et projetés sur trois grands écrans sur lesquels on voit des palmiers qui s’embrasent avec des techniciens qui œuvrent. Puis des images de rochers imprimées sur des bandes et carrés de papiers qui tombent en se déchirent pour laisser apparaître d’autres rochers en bord de mer. Mais il y aussi aussi le grand écran à gauche, un même système de déchirement/dévoilement mais cette fois, avec un rideau d’eau bien réelle qui coule et décolle les bandes de papier collé. Sans doute le fort et le plus réussi de cette performance.  Illusion/vérité comme es avec ces palmiers embrasés qui s’écrasent au sol.. Même si, les trucages sont parfois évidents, nous sommes fascinés par ces images, fortes et de toute beauté. Là, Maëlle Poésy réussit parfaitement son coup. 
Enfin, de l’acrobate Chloé Moglia, une sorte de chorégraphie de mouvements en suspension sur les barres de l’installation, ici interprétée par Mathilde Van Volsem.  Sans véritable lien avec le reste, et trop répétitif mais impressionnant de virtuosité.  
Dans ce grand parc aux merveilleux arbres centenaires, le volet gauche de ce dispositif spectacle/performance était sans doute mieux intégré à la Nature et nous a semblé plus  juste et plus fort, que dans la cour, pourtant très belle, de la fondation Lambert à Avignon.

Philippe du Vignal

*Jacques Fornier (1926-1920) que nous avions connu, était un bon metteur en scène et comédien. Pionnier de ce que l’on avait appelé la « décentralisation », il avait fondé le théâtre de Bourgogne, qu’il dirigea quinze ans. Il avait aussi été directeur du Théâtre National de Strasbourg.

Spectacles vus le 19 mai à Dijon (Côte-d’Or).

 


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