Place de la République texte et mise en scène de Clément Hervieu-Léger

Place de la République, texte et mise en scène de Clément Hervieu-Léger

 

Sur l’affiche est écrit: Chacun a ses Fantômes. Vivants ou Morts. Une bonne manière de résumer cette rencontre d’une femme et d’un homme. Ces êtres solitaires vont dialoguer et se découvrir et peut-être se perdre ou  mieux se retrouver un jour ! Le théâtre du Lucernaire est lui-même empli de fantômes : le metteur en scène Laurent Terzieff et sa compagne l’actrice Pascale de Boysson, fidèles au lieu mais aussi Pascale Bordet, morte l’an passé et créatrice de costumes dont on peut voir les  dessins originaux dans l’escalier menant à la petite salle du Paradis. Toutes les étoiles s’y sont rejointes pour accueillir Juliette Léger et Daniel San Pedro, ces excellents interprètes qui nous emportent dans les histoires intimes de leur passé.

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© Juliette Parisot

« Le théâtre est le seul lieu sans doute où l’on peut, par-delà l’espace et le temps, par-delà la mort également, retrouver aux yeux de tous ceux qui sont sortis de nos vies, dit Clément Hervieu-Léger. Place de la République mêle fiction et réalité. J’ai souhaité, en effet, écrire à partir de souvenirs, d’expériences vécues. Mais notre mémoire est parfois trompeuse et le récit reconstruit finit par l’emporter sur la véracité des faits.»
Les personnages sont orphelins de personnes «évaporées », comme on dit au Japon, ou simplement disparues. « On en veut toujours à ceux qui nous quittent.», dit l’homme qui ne comprend pas pourquoi Tegato, un ami éthiopien qu’il avait rencontré dans son pays et venu en France sur les traces d’Arthur Rimbaud, a disparu ! La femme, elle, vit encore très mal le suicide d’Anne, son amie d’enfance.

Ces chats solitaires se séduisent pendant une heure cinq pour mieux nous emporter dans leur mémoire. Ils ont un point commun : la manifestation, place de la République pour dire non à l’attentat contre Charlie Hebdo, en 2015. Nous garderons la belle image de ces personnages dansant ensemble mais à distance, sur Veridis Quo de Daft Punk, le générique de l’émission de France-Inter, L’Heure bleue dont le titre est maintenant  Le Grand Canal d‘Eva Bester. Merci à l’auteur et aux acteurs de nous avoir transmis, avec une belle sensibilité, ce moment de communion nationale, un peu oublié aujourd’hui…

 Jean Couturier.

Jusqu’au 30 juin, Théâtre du Lucernaire, 53 rue Notre-Dame-des-Champs, Paris (VI ème). T. : 01 45 44 57 34.

 

 

 


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