Sauvez vos projets (et peut-être le monde) avec la méthode itérative, de et par Antoine Defoort

Sauvez vos projets (et peut-être le monde) avec la méthode itérative, de et par Antoine Defoort

Nous avions rencontré ce «futurologue artisanal» avec Germinal, Feu de tout bois (voir Théâtre du Blog). Dans ce solo d’une heure en forme de conférence, il est question de design. Antoine Defoort revient à la racine de ce mot anglais, hérité du français et signifiant à la fois : dessein et dessin, issu du latin designare : « marquer d’un signe, indiquer , choisir ». Mais aussi donner une forme à une fonction. Usant de métaphores triviales comme faire une tartine au petit déjeuner, il nous entraîne dans un raisonnement vertigineux : au quotidien, nous sommes tous  «engagés dans un processus de design».

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©Antoine Defoort ,Kévin Matagne et Robot

Et il analyse ce processus, ou plutôt l’élaboration d’une communication entre un concepteur et sa cible : ici le théâtre mais aussi la publicité, la fabrication d’objets, etc. «Je suis tout à fait passionné, dit Antoine Defoort, par la vie des idées et les relations que nous entretenons avec elles.» Il se focalise sur leur mise en forme et, selon lui, pour concrétiser nos idées, il nous faut trouver le véhicule pour les transporter et faire passer nos messages d’une personne à l’autre, au travers d’un « espace inter-cérébral».
Avec exemples farfelus et graphiques à l’appui, il file la métaphore d’un vaisseau spatial chargé de ces communications et énumère les pièges ignominieux qui peuvent surgir dans le long couloir «morose» qui mène de la naissance des idées, à leur matérialisation par le langage. Elles peuvent aussi y rester coincées, ou revenir estropiées au bureau d’études où elles ont été élaborées. Comme les projets difficiles que sont les spectacles, dans leur interaction avec le public.

D’où la nécessité de se remettre sans cesse à l’ouvrage et de revoir sa copie, selon le principe de l’itération. Ainsi est né le «design itératif», un ajustement par allers et retours entre conception et fabrication… Cette épopée des idées nous est relatée avec une feinte maladresse et de bonnes blagues, plus ou moins potaches. Elle s’inscrit dans l’esprit des performances de l’Amicale, coopérative lilloise cofondée par Antoine Defoort qui invente des formes loufoques… Récemment : Amis, il faut faire une pause et La Sexualité des orchidées (voir Théâtre du blog). Ici, la fantaisie est une fois de plus à l’œuvre pour le grand plaisir des spectateurs.

Mireille Davidovici

Spectacle vu le 5 juin au Cent-Quatre, 5 rue Curial, Paris (XIX ème).

 Du 3 au 21 juillet, Festival d’Avignon off,  Théâtre du Train Bleu, 40 rue Paul Saïn, Avignon ( Vaucluse).

A l’automne, Le Maillon, Strasbourg (Bas-Rhin). 

En février, Cabaret de Curiosités, Le Phénix, Lille (Nord).

En avril,  La Rose des Vents, Villeneuve-d’Ascq (Nord)  et Théâtre Saint-Gervais, Genève (Suisse).

 

 


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