Rêveries , texte et mise en scène de Juliet O’Brien

Rêveries, texte et mise en scène de Juliet O’Brien

 «A quoi les gens  rêvent-ils?» La metteuse en scène néo-zélandaise, formée à l’École Jacques Lecoq, a enquêté, dans le sillon du collectif La Jacquerie qui crée un théâtre issu de la parole des gens ordinaires. Dans tes rêves et Je rêve pour toi traitent, le premier, des paroles de jeunes et le deuxième, de celles de leurs parents et professeurs. Avec Rêveries, troisième volet de sa recherche, elle porte à la scène des témoignages de personnes âgées, pour la plupart issues de milieux modestes.

©Yann Gaillot

©Yann Gaillot

L’autrice leur a demandé: «Quand vous étiez jeunes, à quoi rêviez-vous ? Vos rêves se sont-ils réalisés ? Quel regard portez-vous sur la jeunesse aujourd’hui ?» A partir de leurs réponses, elle a composé une pièce en forme de ronde, un peu à la manière d’Arthur Schnitzler, où femmes et hommes, seuls ou en famille, viennent à tour de rôle évoquer leur jeunesse, leur vie de labeur, l’emprise de la religion, la soumission des femmes, la résignation des hommes, puis les changements progressifs de la société française… De brefs pans de vie se succèdent, petits tableaux juxtaposés à la va-vite.
Seul décor: quatre porte-manteaux sur pied servent de vestiaire pour de véloces changements de costumes. Un chapeau, une veste, un tablier et un balai suffisent à caractériser les multiples personnages que se partagent Isabelle Labrousse, Marion Träger, Alexandre Delawarde et Kamel Abdelli. La lumière et la musique déterminent les différents lieux et époques de cette traversée des Trente Glorieuses, de la deuxième Guerre mondiale, jusqu’aux années quatre-vingt.

Les comédiens incarnent avec vigueur ces gens -bretons pour la plupart- de trois générations successives. Les plus anciens n’ont guère eu le temps de rêver et ont travaillé dur, quitté leur village pour les villes, vécu la guerre d’Algérie… Mais le bon sens populaire leur a permis de s’attacher à la vie, si modeste fût-elle. Chez les plus jeunes, mai 68 et les années soixante-dix ont bouleversé les mentalités et apporté l’émancipation des femmes. Mais depuis, l’ascenseur social qui a permis aux plus humbles d’évoluer, s’est bloqué… Cette fresque populaire, bien huilée, donne la parole à nos aînés. Il fait bon les entendre, à l’aune de notre présent.

 Mireille Davidovici

 Spectacle vu le 11 juin, en avant-première, Théâtre Romain Rolland, 18, rue Eugène Varlin, Villejuif (Val-de-Marne).

 Festival Off, Avignon (Vaucluse) du 29 juin au 21 juillet, Présence Pasteur, 13 rue Pont Trouca. T. : 04 32 74 18 54.

 

 


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