Démissionner ou collaborer ? Un danger imminent guette la Culture

Démissionner ou collaborer ? Un  danger imminent guette  la Culture
 
 Les militants de gauche nous avaient reproché à Hervée de Lafond et à moi-même, Jacques Livchine d’avoir dirigé pendant neuf ans, la Scène Nationale de Montbéliard, alors que la Mairie était de droite. Certes, il y a eu des frictions mais on finissait toujours par s’arranger. Louis Souvet ( R.P.R. puis U.M.P)  était capable de voir le bien que nous faisions à sa ville et avait entendu un habitant lui dire: si je reste à Montbéliard, c’est pour le Théâtre de l’Unité.  Louis Souvet n’était pas notre pote mais quand nous avons été directeurs de la Scène Nationale, nous avions convenu d’un accord: nous ne voterions jamais pour lui et en échange, nous devions nous abstenir d’appartenir aux Partis Communiste et Socialiste pendant la durée de notre mandat.
 

©x La Nuit unique un des récents spectacles du Théâtre de l'Unité

©x La Nuit unique, un des récents spectacles du Théâtre de l’Unité

Maintenant, que va-t-il se passer? Les coupes budgétaires ont déjà commencé en Région Auvergne-Rhônes Alpes: Laurent Wauquiez a frappé au porte-monnaie de nombreuses compagnies qui ne semblaient pas être dans sa ligne.
Rachida Dati,  ministre de la Culture, elle, a beaucoup diminué les budgets de la Comédie-Française et de l’Opéra, au nom des économies  imposées par Bruno Lemaire.
Et, si nous héritions de Marion Maréchal au ministère de la Culture, le régime dont bénéficient les intermittents du spectacle risquerait d’être gravement atteint. Ariane Mnouchkine, directrice du Théâtre du Soleil, est radicale et se refusera à négocier avec les  porteurs de la flamme R.N.

 Méfions-nous! Ce n’est pas leur argent mais celui des impôts du Peuple.  Le R.N. ne peut pas nous en priver et mettre à mort la Culture subventionnée. “Le combat spirituel, disait Arthur Rimbaud, est aussi brutal que la bataille d’hommes.” Oui, cela va être dur, mais je ne  ferai jamais le cadeau au R.N., de mettre fin au Théâtre de l’Unité et nous entrerons alors dans une furieuse résistance. Nos lieux doivent devenir des bastilles imprenables.
 Le bon théâtre n’est pas de gauche ou de droite, et pas non plus, un outil de propagande!  Mais plutôt un lieu de dialogue, réflexion et oxygénation. Depuis vingt ans, Audincourt où nous sommes implantés, a un maire P. S.  qui nous soutient et qui fait même du Théâtre de l’Unité, une figure de proue de l’image de la ville.  D’une loyauté exemplaire, il nous prête une grande maison, un lieu dont nous avons fait un dépôt de costumes et accessoires, un studio de deux-cent cinquante  places où nous présentons note  kapouchnik, un cabaret mensuel. Nous n’avons pas de  subvention municipale mais le coût estimé de ces avantages est de 70.000 €, que nous rendons sous forme de spectacles.
Savoir si nous aurons encore ou pas, la subvention du ministère de la Culture nous donne des sueurs froides.  Et si l’agglomération L.R .nous privait de notre « château » de treize chambres, là, nous serions en grand danger. Le ciel est parsemé de nuages très noirs et les 30 juin et 7 juillet prochains seront cruciaux.
Jacques Livchine, codirecteur avec Hervée de Lafond, du Théâtre de l’Unité à Audincourt ( Doubs).
 


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